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Arrêts maladie : les médecins imaginaires
©BERTRAND GUAY / AFP

Médecins imaginaires ?

Arrêts maladie : les médecins imaginaires

Cette grève qui n'en finit pas a des conséquences qui vont au-delà des enjeux dits "légitimes".

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Le droit de grève comme tous les droits à des contreparties et des devoirs inhérents à ces droits; on ne reviendra pas sur les actions coups de poing qui ressemblent plus à des échauffourées politiques inadmissibles, sur la pression sur les non grévistes toute aussi inadmissible, sur la désorganisation totale ,les places annulés, les trains vides ...et pas de trains quand même ,etc. La prise en otage de la Région parisienne en particulier, qui transforme en esclaves de la RATP des centaines de milliers de parisiens épuisés, les mettant physiquement  en danger et nuisant considérablement à leurs entreprises et donc à leurs emplois, tout cela semble-il sans contre pouvoirs et sans réactions du pouvoir. 

Les Francais interrogés par les sondages seraient encore favorables à la grève ? Mais comme dans tous les sondages il y a des croisements permettant d'analyser les catégories interrogées, il serait intéressant que l'on fasse  le tri avec ceux qui habitent en région parisienne, on serait certainement étonné de voir que cela ne coïncide pas avec les opinions plus ou moins solidaires de la France profonde...et puis, le soutien à quelle grève? De quelle catégorie socioprofessionnelle ?

Mais bien plus grave encore est le constat du nombre d'arrêts maladie qui affectent la RATP et la SNCF, jusqu'à des centaines de fois supérieures à une période normale . Il ne s'agit pas de s'indigner ou même de s'étonner de ceux qui en bénéficient, le scandale car c'en est ,c'est bien celui de la responsabilité des médecins prescripteurs.

Le conseil de l'ordre ne semble pas s'émouvoir  de ce qui s'assimile à des abus caractérisés ,voire à des faux.Et pourtant l'article 28 du code de déontologie précise que " la prescription d'un arrêt de  travail doit strictement être lié à des prescriptions d'ordre médical " et que "la délivrance d'un rapport tendancieux ou d'un certificat de complaisance est interdite". Comment le conseil de l'ordre ne s'exprime-t-il pas sur le sujet? Qui peut croire qu'il ne s'agit pas de complaisance? C'est l'honneur de la profession qui est en jeu, pourtant personne ne semble ne s'en émouvoir ni réagir . Par ailleurs c'est un très mauvais exemple pour tous les salariés Francais ...A moins que le fait de faire grève ne  soit infiniment plus fatiguant que de travailler à la RATP ou à la SNCF et mérite du repos ? !

Les contrôles des arrêts maladie, fort judicieusement nommés "congés maladie" ce qui veut tout dire, sont rares pour les salariés et encore plus  rares pour les médecins . Sachant que la SNCF parmi tous les avantages dont jouissent les agents et les cheminots, offre un service médical gratuit permanent ,on peut donc se demander alors  si ces arrêts sont offerts par les médecins affiliés? "En temps normal" Agnès Buzin affirme que 15% des arrêts sont "inappropriés" ( qu'en termes galants ces choses là sont dites ) et ajoute -t-elle :"il y a quelqu'un qui paie pour tout le monde, c'est  la Sécurité Sociale ", mais suffit-il de constater?

On sait que la CNAM évoque des "période d'accompagnement des médecins" qui visent à corriger les excès de praticiens... les généralistes interrogés parlent plutôt" d'une mise sous objectifs ". Soyons clairs , tout chef d'entreprise sait parfaitement que contrarier un salarié peut aboutir le lendemain matin à un arrêt de travail, et que dire quand le même Médecin  arrête 8 salariés le même jour dans la même entreprise, comme ce fut le cas dans la mienne?

On a la sensation que l'impunité règne partout : on peut paralyser le pays, bloquer des raffineries, empêcher ceux qui le veulent de travailler, se livrer à toutes les exactions ( de toutes façons c'est la faute des forces de l'ordre) couper l'électricité dans les cliniques et s'en réjouir quand on est chef des insoumis en sous entendant que la fin justifie les moyens. Quand on est incapable de faire preuve d'autorité, la contagion s'étend...même aux médecins ,quant à la justice  il faut juste s'inquiéter de ne pas figurer sur un quelconque mur des cons.

Le Français moyen, le brave homme, serait-il le seul auquel on ne passe rien?  et auquel on met un PV à Paris un jour de grève sans transports en commun ? (Sic). "Il faut savoir finir une grève" comme le disait Maurice Thorez , mais il faut aussi savoir reprendre un pays en mains !

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