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Après les bombes, l’Europe menacée par le "diable d'Alep" : cette maladie née de la catastrophe sanitaire créée par l’Etat islamique en Syrie qui défigure ses victimes
©Reuters

Epidémie

Après les bombes, l’Europe menacée par le "diable d'Alep" : cette maladie née de la catastrophe sanitaire créée par l’Etat islamique en Syrie qui défigure ses victimes

La leishmaniose, une maladie de peau transmise par des piqûres de phlébotomes, des moustiques, se propage en Syrie où les infrastructures sanitaires sont anéanties. Sans traitement, elle peut provoquer la mort.

Cette maladie possède plusieurs surnoms : le diable d’Alep, l'ulcère d’Alep ou encore le furoncle d’Alep. La leishmaniose cutanée est une maladie parasitaire transmise par les piqûres de phlébotomes, des moustiques qui prospèrent en zone de guerre, prolifèrent en Syrie, profitant de l’absence de structures sanitaires et de la défaillance des soins dans le pays. Elle provoque des lésions cutanées, des problèmes respiratoires et des saignements de nez. Sans traitement, elle peut provoquer la mort.

Des centaines de milliers de personnes affectées dans les camps de réfugiés

Longtemps contenue en Syrie, elle se répand maintenant au Moyen-Orient en profitant de la crise des réfugiés qui pousse à l'exode des millions de personnes dans cette région déchirée par la guerre. Avec le manque chronique d'eau, les corps en décomposition dans les rues et les bâtiments bombardés, cela a créé un terrain fertile pour ces moustiques et a permis à la maladie de se développer. Une étude publiée fin mai dans la revue scientifique Plos explique que la maladie touche désormais des centaines de milliers de personnes vivant dans des camps de réfugiés ou pris au piège dans les zones de conflit. Environ 4,2 millions de Syriens ont été déplacés dans les pays voisins, en Turquie, au Liban et en Jordanie. Entre 2000 et 2012, il n'y avait que six cas déclarés au Liban, précise le Daily Mail.

La leishmaniose cutanée pourrait contaminer l'Europe

Mais en 2013, le ministère de la Santé libanais comptabilisait déjà 1033 cas, dont 93 % parmi les réfugiés syriens déplacés. La Turquie, la Jordanie, la Libye et le Yémen ont également rapporté des centaines de cas. Avec l'arrivée de réfugiés yéménites en Arabie Saoudite, la maladie pourrait également se propager dans ce pays. Et pourrait même... contaminer l'Europe. Selon le docteur Waleed Al-Salem, l'un des auteurs de la recherche, "la maladie s'est propagée de façon spectaculaire en Syrie, mais aussi dans des pays comme l'Irak, le Liban, la Turquie et même en Europe du Sud avec l'afflux de réfugiés. Il y a des milliers de cas répertoriés mais ce chiffre est encore sous-estimé parce que personne ne peut compter le nombre exact de personnes touchées, dit-il. Quand les gens sont piqués par ce minuscule moustique, cela peut prendre entre deux à six mois pour que cette infection se déclare et soit diagnostiquée". Et ce médecin d'ajouter : " Une personne qui l'aurait contractée en Syrie pourrait très bien avoir trouvé refuge en Europe".

Un traitement précoce pour enrayer l'épidémie

Avant le début de la guerre il y avait un bon contrôle de cette infection mais lorsque le conflit a commencé plus personne ne s'en est soucié. Le système de santé est tombé en panne, ce qui a créé un environnement idéal pour l'éclosion de cette maladie. La leishmaniose cutanée est l'une des 17 maladies tropicales classées comme "négligée", selon l'OMS. Les chercheurs à l'origine du rapport, souligne The Independent, appellent les cliniciens et les médecins dans les pays d'accueil de réfugiés à se former convenablement pour diagnostiquer la leishmaniose cutanée. Pour arrêter sa propagation et l'endiguer, l'OMS appelle à un traitement précoce de la population infectée et à l'amélioration des conditions sanitaires dans les camps de réfugiés. Ce qui pourrait permettre, à terme, d'enrayer l'épidémie.

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