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Après le mariage pour tous et la manif pour tous, la justice pour tous... mais surtout selon ses convictions
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Deux poids, deux mesures

Après le mariage pour tous et la manif pour tous, la justice pour tous... mais surtout selon ses convictions

Un étudiant de 23 ans est en prison pour avoir refusé de donner son ADN aux policiers. Un forgeron de 28 ans, poursuivi pour le même motif, a été acquitté. Ils ne sont pas du même bord…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Vous connaissez Charles Torrés ? Non. Et c’est dommage. Car il gagne à être connu. Impliqué (à tort ou à raison) selon la police dans l’affaire du groupe « anticapitaliste » de Tarnac, accusé (à tort ou à raison) d’avoir saboté des lignes de la SNCF, il a été jugé il y a 2 mois. Ce forgeron de 28 ans avait refusé de donner son ADN aux policiers. Le procureur a requis contre lui 1 mois de prison avec sursis. Et assorti son réquisitoire d’un commentaire tendre et flatteur : « Vos convictions sont respectables et honorables. » Et, en bonne logique, Charles Torrés a été acquitté.

Vous connaissez Nicolas Bernard-Buss ? Lui aussi gagne à être connu. Étudiant de 23 ans, et passé par la fac catholique d’Assas, il faisait partie des Veilleurs de Nuit qui contestaient la loi sur le mariage pour tous. Il a fui les policiers qui cherchaient à l’interpeller et, une fois appréhendé, a refusé le prélèvement ADN. Au tribunal, le procureur a réclamé contre lui 4 mois de prison. Aucun compte rendu d’audience n’a mentionné qu’il aurait dit à Nicolas Bernard-Buss : « Vos convictions sont honorables et respectables. » Et, en bonne logique, l’étudiant catholique été condamné à 2 mois de prison ferme. Nicolas Bernard-Buss est en prison.

On peut en déduire que d’avoir fréquenté les bancs de la Catho a pu être considéré comme une circonstance aggravante. Un fâcheux antécédent qui vaut le fameux « Connu des services de police ». On ne se privera pas non plus d’imaginer que d’être forgeron et de militer à l’extrême gauche est une circonstance très atténuante du genre « très honorablement connu ». Et c’est ainsi que le « selon que vous serez puissant ou misérable » a été remplacé par le « selon que vous serez de gauche ou de droite ».

Deux remarques encore. Deux mois de prison pour des convictions, c’est cher payé. Mais Nicolas Bernard-Buss s’en consolera. Car si on en juge par l’acquittement de Charles Torrés, il y a des convictions qui valent moins que les siennes… Les juges sont, nous répète-t-on, indépendants. C’est certainement vrai puisque inscrit dans la séparation des pouvoirs, fondement de notre République. Alors, va pour indépendants… Mais pas indépendants de leurs passions politiques.

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