Après le Conseil national du numérique, l’Agence du numérique : mais au fait, aura-t-elle les moyens suffisants pour être vraiment utile et efficace ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
France
Après le Conseil national du numérique, l’Agence du numérique : mais au fait, aura-t-elle les moyens suffisants pour être vraiment utile et efficace ?
©Reuters

Les yeux plus gros que le ventre ?

Après le Conseil national du numérique, l’Agence du numérique : mais au fait, aura-t-elle les moyens suffisants pour être vraiment utile et efficace ?

Très haut débit, économie numérique, usages sur Internet... Les missions assignées à l'Agence du numérique, dont le lancement officiel est prévu le mardi 7 juin par Emmanuel Macron et Axelle Lemaire, seront fortement soumis aux budgets accordés.

Benoît Thieulin

Benoît Thieulin

Benoît Thieulin est le fondateur de l'agence La Netscouade et président du Conseil National du Numérique.

En 2006-2007, il a participé à la campagne Internet de Ségolène Royal, notamment à travers la création du site Désirs d'Avenir.

 

Voir la bio »

Atlantico : Mardi 7 juin, le secrétariat d'Etat chargé du numérique lance officiellement l'Agence du numérique. Trois missions lui sont assignées : le développement du très-haut débit sur le territoire, le développement de l'économie numérique, et la formation de la population aux nouvelles technologies. En quoi ces trois missions sont-elles aujourd'hui des enjeux ?

Benoit Thieulin : Ce sont effectivement des enjeux important, ces trois missions correspondent aux principaux leviers en matière de politiques de développement du numérique. 

Le premier concerne les infrastructures, et internet est en soi une infrastructure essentielle. Le très haut débit est sa courroie de transmission. Il y a 4 ans, François Hollande lançait le plan Très Haut Débit France d'un montant de 20 milliards d'euros qui était très ambitieux, du même niveau que ce que l'on a pu voir en Corée du Sud. Mais ce plan avait pris beaucoup de retard, il est donc nécessaire de l'accompagner. Il y a un enjeux d'égalité très fort.

La deuxième mission que vous évoquez consiste à poursuivre l'oeuvre engagée par Fleur Pellerin, rassembler et dynamiser la french tech. Et il est vrai que la France compte beaucoup d'innovateurs. On peut espérer que cette mission permettra l'éclosion d'innovations et d'initiative dans notre pays. Car depuis plusieurs années, le numérique est un levier essentiel et stratégique de l'économie et de l'innovation en France. 

La troisième mission émane d'un rapport publié il y a deux ans. Selon lui, la fracture du numérique a changé de visage : le problème n'est plus celui de l'accès à l'équipement -tout le monde aujourd'hui a un ordinateur, ou un smartphone qui propose des fonctionnalités similaires. Le vrai enjeu aujourd'hui est celui des usages. Et il est est beaucoup plus difficile de faire en sorte que les usages se diffusent. Or si vous ne savez pas utiliser les nouvelles technologies aujourd'hui, notamment internet, cela peut devenir problématique pour effectuer certaines tâches administratives ou pour recherche du travail. La vraie fracture du numérique se situe à ce niveau aujourd'hui. A l'école aussi, le "lire, écrire et compter" de l'alphabet numérique est un enjeu. 

Maintenant, il faut donner les moyens de la mise en oeuvre de ces trois actions.

Justement, entre le budget et les équipes, qu'est-ce qui déterminera selon vous l'efficacité de cette agence ?

Bien entendu les deux, et le niveau des budgets sera essentiel pour l'efficacité... Cette agence du numérique permettra de rassembler des leviers à la disposition du législateur qui étaient assez éclatés, mais il aurait été intéressant d'aller encore plus loin. Si on regarde ce qu'a fait Obama par exemple, il y a eu un vrai rassemblement, une centralisation des leviers pour avoir une action cohérente. Par ailleurs, l'administration américaine a une capacité de réflexion stratégique en amont de ces politiques du numérique, et bien sûr aussi en matière d'investissement depuis 50 ans, c'est peut-être ce qui manque à cette agence, mais le problème concerne la plupart des autres pays en Europe.

Par ailleurs, ce n'est pas la première fois que l'Etat s'intéresse aux questions liées au numérique. Au début des années 2000, il mettait en place par exemple les ENT (Espaces numériques de travail). Peut-on tirer des enseignements, faire un retour d'expérience des dernières politiques publiques en la matière ?

Je pense que ces différents plans ont contribué à développer une forme de résorption de la fracture du numérique. Après l'enthousiasme des années 1990, les plans numérique sont un peu retombés. Mais depuis que les Français sont équipés en termes de matériel informatique, la question des usages est aujourd'hui centrale.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !