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Apprentissage de la lecture : méthode globale, syllabique, ou mixte, comment trier le vrai du faux dans l’opposition entre Jean-Michel Blanquer et les syndicats ?

Le ministre de l'Éducation a préconisé le retour à la méthode "syllabique", déclenchant une vive polémique parmi les syndicats et les enseignants.

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli est professeur agrégé de lettres, enseignant et essayiste français.

 Il est l'auteur ou le co-auteur d'un grand nombre d'ouvrages parus chez différents éditeurs, notamment  La Fabrique du crétin (Jean-Claude Gawsewitch, 2005) et La société pornographique (Bourin, 2012)

Il possède également un blog : bonnet d'âne

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Dans une interview donnée à L'Obs le 23 août, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education a remis à l'ordre du jour l'opposition entre méthodes d'apprentissage de la lecture, globale ou syllabique. Une opposition jugée inutile par les syndicats au motif que la méthode globale, décriée par le ministre, a été peu appliquée en France et n'existerait pas aujourd’hui. Dès lors, comment comprendre une telle polémique ? En quoi la méthode actuelle, dite "mixte" est elle, ou non, adaptée aux élèves ? 

Il n'y a à peu près jamais de méthode purement globale - inventée à l'origine pour les sourd-muet. Les méthodes utilisées depuis 40 ans sont semi-globales, ou à départ global : en fait, idéo-visuelles. A une image correspond un mot, lui-même traité comme une image. S'y oppose la méthode alpha-syllabique, qui part des éléments premiers du code et les combine, et apprend conjointement le Lire et l'Ecrire. Longtemps traitée de "bourgeoise", accusée de ne pas remplir le "sac de mots" de l'enfant, on a amplement prouvé aujourd'hui que c'est la méthode la plus efficace, surtout avec des élèves culturellement défavorisées. 

Quelles sont les méthodes d'apprentissage de la lecture les plus efficaces ? Une seule et unique méthode peut elle réellement convenir à l'ensemble des élèves ? 

On enseigne à une classe. Il faut donc choisir la méthode qui conviendra au plus grand nombre. L'alpha-syllabique permet de comprendre la structure du mot - et savoir par exemple que le s s'ajoute au pluriel à un mot composé d'éléments premiers. ‎Qu'il a un sens - et non qu'il est un ornement superfétatoire d'une image brute.

Quel regard porter sur les propositions faites par Jean-Michel Blanquer à ce titre ? Comment anticiper les résultats ?

Dédoubler les classes problématiques, fort bien. Mais cela sera sans effet significatif si l'on n'impose pas une méthode d'apprentissage qui ne nous oblige plus à constater que 20% des élèves de Sixième, pratiquement, ne savent pas lire. Des manuels remarquables existent - ceux du GRIP entre autres, ou Lire avec Leo et Léa. Generalisons-les, et incitons tous les maîtres à travailler ‎dans l'intérêt de leurs élèves et non pour faire plaisir à Roland Goigoux ou Evelyne Charmeux, deux des "assassins de l'école ciblés par Carole Barjon, et gourous des méthodes qui ont amené tant d'élèves à la dysorthographie et à la dyslexie - et au handicap permanent.

 

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