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Les particuliers sont en retard de 3 milliards sur les prévisions pour les versements d’impôts.
Les particuliers sont en retard de 3 milliards sur les prévisions pour les versements d’impôts.
©Reuters

Éditorial

Alors que les recettes fiscales se réduisent sous l'effet des politiques du gouvernement, l'Etat continue de dépenser sans compter

Les dérapages s'amplifient dans le domaine des interventions publiques alors que les recettes de l’Etat progressent beaucoup moins vite que prévu.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Elle court, elle court la dépense, toujours, incontrôlée.

Le collectif budgétaire qui vient d’être envoyé à l’assemblée prévoit l’ouverture de trois milliards d’euros de crédits supplémentaires. Logiquement, le gouvernement aurait dû annoncer un montant comparable d’économies. Mais il  s’est borné à indiquer que des mesures seraient prises en temps voulu, en cours d’exercice pour éviter tout dérapage. Un engagement verbal qui ressemble à une litote et ne convainc plus personne depuis longtemps en laissant les parlementaires résignés. Car chacun connaît l’incapacité de la France à maîtriser la dépense d’un Etat dont la prodigalité est sans limite, de sorte que la dette publique poursuit son ascension imperturbablement et pourrait bien dans quelque temps franchir le cap de cent pour cent du produit intérieur brut.

Car la situation se complique avec l’apparition d’un phénomène nouveau : les recettes de l’Etat progressent beaucoup moins vite que prévu. Le rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée, Gilles Carrez, lance un cri d’alarme : il y a un manque à gagner de onze milliards dans les rentrées fiscales, conséquence des excès commis en matière d’impôts. Les contribuables se dérobent, en réduisant leur consommation ou leur activité pour payer moins, ou encore en organisant leur délocalisation, leur départ pour des cieux plus cléments, ou enfin en recourant au travail noir. Les particuliers sont ainsi en retard de 3 milliards sur les prévisions pour les versements d’impôts.

Et ce n’est sans doute qu’un début, car l’économie est à l’arrêt. Tous les voyants sont au rouge : la consommation des particuliers est en panne, l’investissement recule et l’exportation est en berne.  Une fois de plus la France fait bande à part dans le concert européen, où nos voisins connaissent la reprise alors que la croissance rechute chez nous. Les propos rassurants du ministre de l’Economie ne rencontrent plus d’écho tant ils sont aux antipodes du réel. L’autisme reste le trait dominant d’un gouvernement qui continue de dépenser sans compter et qui justifie les cris d’alarme de Gilles Carrez ou encore de Didier Migaud, le président de la Cour des Comptes. Tous deux dénoncent l’amplification des dérapages dans le domaine des interventions publiques, en matière sociale avec les allocations logements, les aides médicales d’Etat, les centres d’hébergement, etc. ou en matière d’éducation où les résultats sont de plus en plus médiocres, malgré l’importance des sommes engagées. On laisse filer la dette sociale en la  finançant de plus en plus par des emprunts à court terme, alors qu’il existe d’énormes gisements d’économies, identifiés par une multitude de rapports, mais auxquels on se garde bien de toucher.

Tout cela est bien connu, mais ne débouche sur rien. La paralysie du politique est totale. La chute de popularité du chef de l’Etat provoque une sorte de glaciation de l’action publique. Devant cette vacuité du pouvoir, le mécontentement se développe : la  colère enfle au plus profond de la population et les réseaux sociaux prennent peu à peu le relais des mécanismes officiels de représentation du peuple qui ne  jouent plus leur rôle. Ils génèrent une sorte de révolte diffuse, assortie d’une grande inquiétude, qui pourrait déboucher sur une forme d’anarchie. François Hollande avait prétendu rassembler le pays : il ne  fait que multiplier les foyers de contestation pour arriver aujourd’hui à une sorte de chaos larvé lourd de menaces.

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