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Allergique ? Ce que Wikileaks nous apprend sur la très grande difficulté d'Hillary Clinton à s'excuser
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THE DAILY BEAST

Allergique ? Ce que Wikileaks nous apprend sur la très grande difficulté d'Hillary Clinton à s'excuser

Des emails piratés révèlent la longue route suivie par la candidate démocrate pour finir par dire "Je suis désolée".

Betsy Woodruff

Betsy Woodruff

Betsy Woodruff est journaliste pour The Daily Beast.

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The Daily Beast, par Betsy Woodruff

Etre candidate à la présidence, c’est ne jamais avoir à dire que vous êtes désolée, ou du moins, c’est ce qu’Hillary Clinton espérait. En effet, les excuses ne sont pas son fort, et son équipe le savait.

Les échanges de courriels, publiés par WikiLeaks, entre John Podesta, patron de la campagne de Clinton et d'autres responsables de l’équipe - qui remontent à 2015 - montrent une profonde inquiétude puis du soulagement quand Clinton a été contrainte de présenter ses excuses pour l'utilisation d'un serveur informatique personnel au lieu du serveur officiel du Département d'Etat. Ces e-mails pourraient bien avoir été obtenus par des pirates informatiques russes qui ont ciblé Podesta avant d'être publiés.

Les e-mails fournissent une occasion rare de voir comment l'équipe Clinton a géré l’une des controverses les plus sensibles de sa campagne pour la présidence : son choix d'utiliser un serveur de messagerie et un compte de messagerie privés alors qu'elle était Secrétaire d'Etat. L'équipe de Clinton a laissé traîner la réponse pendant des mois, refusant d'admettre qu'elle avait fait quelque chose d’étrange et essayant même de traiter à la légère le scandale que cela avait provoqué.

La pression a augmenté le 10 mars 2015, lorsqu’Hillary Clinton a déclaré aux journalistes lors d'une conférence de presse à l'ONU qu'elle avait utilisé une adresse de courriel personnelle pour son travail du département d'Etat.

La conférence de presse a été un désastre. Elle était fuyante et sur la défensive, elle a refusé d'admettre qu'elle avait fait une erreur, et la polémique a grandi. Le 18 août, à Las Vegas, elle a tenu une autre conférence de presse sur la question, elle a plaisanté avec désinvolture, et c’est très mal passé.

Quand il est devenu très clair que son approche ne fonctionnait pas, son équipe a fini par accepter ce qui était évident depuis longtemps : reconnaître qu'elle était désolée.

C’était une perspective qui rendait nerveuse toute l’équipe. Dans une série de courriels, son staff et ses soutiens ont déploré, tout en restant optimistes, une interview donnée par Clinton à Andrea Mitchell le 4 septembre 2015. Hillary y disait qu'elle regrettait que son serveur d’email ait provoqué une telle controverse, sans reconnaître qu'elle avait fait quelque chose de mal.

"Elle a été formidable" écrit Neera Tanden, un proche conseiller d’Hillary dans le titre d'un e-mail adressé à Podesta et à la directrice de la communication de la campagne Jennifer Palmieri. "Et tout devrait être plus facile désormais".

Jennifer Palmieri partageait ce sentiment. "En fait, j’aurais presque pleuré de soulagement" écrit-elle.

Mais ils savaient qu'ils n’étaient pas sortis du bois, et ils ont conclu qu'elle aurait besoin d'avoir un certain nombre d'autres entrevues avec les médias pour tenter d’en finir avec cette controverse.

"Elle finit par prendre le rythme quand il y a beaucoup d'interviews" écrit Tanden. "Mais je recommande vivement qu’elle frappe dans un punching ball (ou un membre du personnel, mais c’est plus désagréable) avant de continuer. Elle a vraiment besoin d'exorciser toute cette injustice".

Podesta semblait aussi considérer que Clinton était une victime.

"La presse pleurniche parce qu’elle n’a pas fait d’excuses au peuple américain, mais je commence à penser que Trump y est pour quelque chose."

Neera Tanden a fini par concéder que Clinton avait besoin d’en faire un peu plus.

"Tout le monde veut qu'elle présente des excuses. Et elle devrait le faire" écrit-elle. "Les excuses sont son talon d'Achille. Mais elle ne semblait pas malhonnête dans l'interview. Et elle a dit le mot ‘désolée’. Elle finira par faire des excuses complètes dans quelques interviews". Et c’est ce qu'elle a fait. 

Le 7 septembre, elle a refusé d'admettre avoir fait quoi que ce soit de répréhensible lors d’une déclaration à l’agence AP.

"Ce que je faisais était autorisé" a-t-elle dit à AP pendant la campagne dans l’Etat de l’Iowa.

Le 8 septembre cependant, elle a finalement admis dans une interview avec David Muir sur la chaîne ABC qu'elle avait fait une erreur en utilisant un email privé pour  évoquer les affaires du département d'Etat.

"Quand je regarde en arrière maintenant, même si c’était autorisé, j’aurais dû utiliser deux comptes. C'était une erreur. Je suis désolée. J’en assume toute la responsabilité."

L'histoire lui colle encore à la peau, cependant, et ses excuses tardives ont alimenté les critiques qui considèrent qu'elle ne se soucie que des sondages. Lors du premier débat électoral, elle a finalement donné une réponse qui semblait  satisfaire tout le monde.

"Je ne vais pas faire des excuses" a-t-elle dit (après avoir mis près d'un an à le faire). "C'était une erreur."

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