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Alexandre Malsch, cofondateur et directeur général de Melty
Alexandre Malsch, cofondateur et directeur général de Melty
©Melty

L'interview Atlantico Business

Alexandre Malsch - Melty : "J'ai cette image cool mais cela ne m’empêche pas de faire respecter nos objectifs"

A 29 ans, Alexandre Malsch rassemble une vingtaine de millions de lecteurs à travers ses sites destinés aux 15-30 ans. Avec 85 salariés et 4,5 millions de CA en 2013, l'entreprise veut désormais apparaitre comme un label permettant de financer des évènements. Le but, se diversifier afin de rentabiliser la marque dont la monétisation online n'est pas suffisante. Les projets de développement sur le web reste néanmoins importants avec l’ouverture de nouveaux pays et, le lancement depuis quelques jours, d'un nouveau site thématique baptisé "Discovery".

Atlantico Business : Quel bilan faites-vous de ces derniers mois ?

Alexandre Malsch : Nous avons fait une bonne année 2013. Nous avons concentré nos efforts sur le développement des sites français. Nous avons lancé des cellules d’expertises : Melty Social, Melty Prod et Melty Metrics. Cela va nous permettre d’accompagner nos clients partenaires, produire plus de contenu et de se servir de Melty comme d’un observatoire de la jeunesse pour être plus proche de leurs attentes. Et, d’autre part, nous avons lancé Melty dans plusieurs nouveaux pays dont l’Italie et l’Espagne. Pays sur lesquels nous avons déjà une très forte croissance : 3 millions de jeunes, dans chacun des pays, lisent le site.

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Le business model des médias en ligne est difficile, en témoigne les nombreuses fermetures récentes de médias online. Quelle est votre stratégie ?

Nous avons une régie publicitaire et nous nous autofinançons avec la France, qui dégage un bénéfice intéressant, ensuite réinvesti dans l’international, 93% de croissance chaque année en termes de chiffre d’affaires. Cela nous permet d’investir et d’avancer vite. Ceci étant, nous sommes également en train de partir sur une logique de diversification. Nous avons créé Melty Entertainment qui va nous permettre de faire venir des artistes, des sportifs pour créer des évènements. Par exemple, nous allons organiser à la rentrée une ligue de basket étudiante que l’on va monétiser et médiatiser avec nos services. Ce type d’initiative va créer de belles opportunités financières.  En parallèle, nous avons Melty Metrics qui est un service d’analyse de données. On le destine à des clients qui nous sollicitent pour des sondages, des études permettant de mieux comprendre les jeunes.

Vos objectifs, c’est aussi de développer Melty à l’international, comment s’adapter aux différents marchés ?

Sur nos nouveaux marchés, il y a en effet des différences mais grâce à nos technologies nous sommes capables de les anticiper et de les adapter. Notre volonté c’est de créer un "village culturel" mondial en faisant en sorte que les rédacteurs étrangers viennent créer des Melty internationaux ici. Actuellement, notre plus gros problème, c’est plutôt de convaincre les autorités de l’immigration française qu’il n’y a pas de meilleurs rédacteurs en chef qu’un natif pour parler des sujets du pays en question. On peut perdre jusqu’à deux mois sur un processus de recrutement. Sur 2014, nous allons lancer une dizaine de pays comme la Roumanie, le Mexique, la Pologne, la Turquie tout cela depuis la France. Nous avons signé un partenariat avec des acteurs locaux, des régies, des annonceurs, ce qui nous permet de monétiser. Quand ces pays seront aussi bien monétisés que la France, cela fera une manne financière non négligeable.

On a de vous, cette image cool, détendue… Être manager de 80 salariés c’est plus que ça non ?

Évidemment mais cela n’empêche pas de faire respecter nos objectifs, car c’est avant tout une entreprise. Je suis ingénieur, donc j’ai ce côté raisonnable et pragmatique, assez binaire. Je peux être dur mais toujours raisonné pour que ça continue d’être cool. Sur Melty, je me vois plus comme un entraineur. Mon travail, c’est d’être à côté du terrain et d’entrainer les joueurs dans ce qu’ils savent faire, de les aider stratégiquement ou de régler les conflits qui peuvent générer une synergie pour avancer ensemble.

Quelles sont vos ambitions à terme ?

On veut être le plus gros groupe media pour les jeunes sur internet, une sorte de croisement entre un Disney Chanel et un MTV. Si tout va bien, en 2016, Melty sera le plus gros groupe média pour les jeunes en Europe et dans une bonne partie du monde. Nous aurons des outils technologiques suffisamment aboutis pour alpaguer des stars et des sportifs  pour créer des évènements et les promouvoir. Personnellement, je continuerai à être directeur général tant que je pense que ce que je fais est une bonne chose et tant que mes actionnaires seront d’accord avec cela. Si un jour je me rends compte que je n’ai plus le niveau ou que ma vision n’est pas la bonne, je passerai la main à quelqu’un qui sera plus à même que moi de travailler sur les problèmes.

Beaucoup de chefs d’entreprise dénoncent la lourdeur du système fiscal français. C’est votre avis ?

Le vrai problème ce n’est pas la fiscalité ou les taux d’imposition. Je crois surtout qu’il y a deux vrais problèmes. Le premier, c’est la stabilité fiscale. Mon travail, c’est de prévoir à quoi va ressembler Melty en 2016. Sauf que le gouvernement change souvent les règles du jeu. Moins les règles changent, mieux on peut anticiper. Le second problème, c’est qu’il faut la même règle pour tout le monde. Avec internet, il y a peu de frontières et les règles ne s’appliquent à tout le monde de la même manière. Peu importe la règle, il faut qu’elle s’applique à tous de la même manière.  Je pense que l’on peut faire de belles choses en France, les jeunes ont une énergie incroyable. Melty est, modestement, un exemple de ce que les jeunes peuvent faire.

Propos recueillis par Julien Gagliardi

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