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Alain Madelin : "Ce que l'on a acheté, c'est du temps"
Alain Madelin : "Ce que l'on a acheté, c'est du temps"
©Reuters

Crise européenne

Alain Madelin : "Le feu couve toujours dans la zone euro"

Réunis à Bruxelles jeudi, les membres de l'Eurogroupe sont parvenus à un accord pour sauver la Grèce de la faillite. Pour l'ancien ministre de l'Économie et des Finances Alain Madelin, la zone euro s'est achetée un sursis, mais la crise n'est pas réglée. Selon lui, ce plan de sauvetage ne sera pas le dernier.

Alain Madelin

Alain Madelin

Alain Madelin a été député, Ministre de l'Economie et des Finances et président du Parti Républicain, devenu Démocratie Libérale, avant d'intégrer l'UMP.

Il est l'auteur de Faut-il supprimer la carte scolaire ? (avec Gérard Aschieri, Magnard, 2009).

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Les pompiers sont arrivés à temps, mais le feu couve toujours. Avec l'accord européen, voici donc la sixième solution définitive de la crise de la zone euro en six mois. C'est sûrement mieux qu'une absence totale de solution, mais il ne faut pas se tromper. Soulagement le vendredi, confusion le lundi.

Car, assurément, l'accord intervenu, s'il était nécessaire, n'est pas suffisant pour rendre la dette de la Grèce soutenable. En plus, dorénavant, bien des questions vont se poser : si l'on allège la dette de la Grèce, pourquoi pas celle de l'Irlande ou du Portugal ? Comment va-t-on distribuer les pertes entre le privé et le public ? A l'intérieur du privé lui-même ? Après le soulagement, voici le temps des interrogations, car les choses ne sont pas encore claires.

Dans ces conditions, comment une banque ou un assureur pourrait-il par exemple arrêter ses comptes ? Dans ces conditions, la détente des taux est bien entendu incertaine : la méfiance vis-à-vis des obligations européennes et des actifs financiers européens n'est pas prête de se dissiper. Ce que l'on a acheté, c'est du temps. Ce qui a été décidé, c'est de compléter dans le courant de l'été l'accord entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy par une gouvernance économique de l'Europe - entendez, une police économique pour faire respecter la discipline budgétaire.

La zone euro a aidé la Grèce de la même façon que la France organise des transferts massifs vers la Martinique et la Guadeloupe : c'était nécessaire, mais un tel système de solidarité ne saurait s'étendre, et restera pas nature limité, n'en déplaise à ceux qui souhaiteraient faire de la crise une opportunité pour un bond en avant vers une Europe fédérale.

Une chose est certaine : ce sixième plan de sauvetage de la crise de l'euro en appellera sûrement un autre. En attendant, le pire a été évité.

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