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Agriculteur : un métier d'avenir ?
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Sécheresse

Agriculteur : un métier d'avenir ?

Face à une sécheresse jugée "comparable à celle de 1976", le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé le 31 mai une série de mesures d'aides aux agriculteurs. Jean-Michel Schaeffer, président des Jeunes Agriculteurs en profite pour remettre le thème de l'eau au cœur du débat et clamer son optimisme.

Jean-Michel Schaeffer

Jean-Michel Schaeffer

Jean-Michel Schaeffer est président du Syndicat des jeunes agriculteurs.

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Atlantico : Pensez-vous que votre métier d'exploitant agricole est mort ?

Jean-Michel Schaeffer :Ah non ! Sur le plan conjoncturel, naturellement, on a des problèmes de sécheresse. Mais notre métier n'a jamais été autant un métier d'avenir ! On le voit avec les prix qui s'envolent partout dans le monde. Et là, ca n'est pas de la spéculation. Le stock mondial de céréales est normalement de quatre mois. Il n'est plus que d'un mois ! Les Chinois prévoient une mauvaise récolte et c'est pareil en France et en Allemagne. Le prix de la viande a doublé au Brésil... Généralement, on attaque la spéculation en demandant que les États légifèrent contre la spéculation. Mais là, la demande est réelle. On doit préparer l'avenir. L'agriculture doit être considéré comme un secteur stratégique. C'est d'ailleurs pourquoi nous réunissons mi-juin un « G120 », qui rassemblera 120 organisations, pour emboiter le pas du G8 afin de voter pour une déclaration commune sur ce que nous voulons que soit l'agriculture demain.

Etes-vous inquiet à plus court terme sur cet été et la sécheresse annoncée ?

Oui. Mais nous avons une vraie solidarité sur les pailles. 700 000 tonnes de paille ont été contractualisées. Tout n'est pas réglé car il va falloir la répartir et l’acheminer par camion aux éleveurs qui en ont le plus besoin. Nous envisageons également de planter des « cultures dérobées », des céréales que l'on peut planter dès maintenant et récolter prématurément. Nous aurons trois ou quatre mois à tenir jusqu'au plan d'aide en septembre. Mais vous savez, les prêts n'arrangent pas tout. Dans notre profession, les prêts s’éditionnent hélas à d'autres prêts chez certains d'entre nous... Ce n'est pas trop la solution.

Cette sécheresse donne de l'eau à votre moulin...

Notre réflexion en tant que paysan et pour la France est d'avoir une politique de l'eau. Sans eau, aucune plante ne pousse. J'étais hier dans l'Aveyron, l'exploitant qui me recevait m'a confié avoir 50% de production en moins. Et encore m'a-t-il dit : « Je survis grâce au bassin collinaire creusé par mon grand-père ». Cette politique de l'eau est crucial pour tous car, in fine, c'est le seul moyen de contrôler ce que nous aurons dans nos assiettes.

Mais l'eau est une denrée trop précieuse pour la confier aux agriculteurs...

Pourquoi pas ? L’hiver il pleut. Est-ce que ce n’est pas du bon sens que se réserver un peu de cette eau en vue des périodes où les plantes en ont le plus besoin ? Pas de mauvais procès : ce n’est pas parce que l’on stocke l’eau que l’on fera forcément n’importe quoi avec ! Nous sommes des acteurs responsables, nous pensons aux prochaines générations d’agriculteurs et à tous les autres usagers - qui connaîtront sûrement hélas d’autres sécheresses...

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