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5 propositions concrètes 
pour que le pouvoir politique 
reprenne la main sur la finance
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Hiver financier

5 propositions concrètes pour que le pouvoir politique reprenne la main sur la finance

Le pouvoir politique n'est pas voué à être dominé par le pouvoir financier. Quelques pistes pour inverser la tendance.

Franck Margain

Franck Margain

Franck Margain est vice-Président du Parti Chrétien Démocrate et conseiller régional UMP en Ile-de-France.

Après des études en finances, il est devenu cadre dans une grande banque internationale.

 

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Cet article fait suite à l'article de Franck Margain publié hier : 
Le grand renoncement : comment le pouvoir politique s’est livré au monde de la finance 

1. Élargir le mandat de la BCE

Des négociations européennes doivent prendre place après les élections présidentielles afin de travailler sur l’élargissement du mandat de la BCE et lui assigner selon les difficultés conjoncturelles : un mandat temporaire de stimulation économique ou/et  de politique de change. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’indépendance d’action mais il faut donner au politique de outils supplémentaires de gestion et ne pas être condamner par une doctrine rigide de gestion monétaire... Le "long term refinancing operation" (LTRO) du mois de janvier a démontré clairement qu’un engagement de la BCE dans la stimulation économique est possible, dommage que nous ayons du frôler la faillite générale du système bancaire Européen et de l’Euro pour avancer d’un pas.


2. Réaménager la gouvernance européenne

Il est évident que seule une gouvernance européenne réaménagée pourrait avoir la capacité politique d’attribuer des mandats complémentaires et temporaires à la BCE. Il s’agit alors de bien comprendre que l’Europe avancerait vers plus d’intégration et éloignerait de fait les écoles politiques souverainistes.

3. Atténuer la dépendance de l'économie vis-à-vis du système bancaire

La dépendance de l’économie vis-à-vis du système bancaire privé est aujourd’hui totale. Les entreprises, les ménages comme les collectivités sont endettés massivement. Les chiffres publiés par le Crédit Agricole cette semaine sont éloquents, l’établissement concourt pour 500 milliards de crédit à l’économie, plusieurs points de PIB dans une seule banque … Le politique « gestionnaire de la cité » doit donc s’allier avec le banquier. Hors cette alliance doit être équilibrée, contrairement à ces temps d’actualité.  

Une première piste se trouve  dans le retour des circuits de financement du trésor français par les particuliers. Depuis plus de 20 ans l’accès aux obligations d’état se fait par l’intermédiaire de Fonds ou SICAV ou de produits d’assurance vie, la mécanique de détention en directe a été gelée par le système bancaire.  Le trésor ne serait plus dépendant uniquement des banques et pourrait diversifier ses sources de financement. N’oublions pas que l’épargne des Français peut couvrir largement les besoins d’endettement de l’Etat.

4. Augmenter les fonds propres des banques du monde entier

La régulation des établissements bancaire entamée par les accords de Bâle doit s’appliquer à l’ensemble des établissements dans le monde, l’Europe devrait refuser l’activité des banques dans la communauté qui ne veulent pas se soumettre aux régulations européens ; il s’agit d’une concurrence inacceptable.

Le modèle de société développé à l’issue de la Seconde guerre mondiale repose sur un accès au crédit toujours plus grand, plus simple, plus rapide.  Les banques sont donc aujourd’hui le cœur de l’économie … Les sociétés occidentales percluses de dettes, Etats comme ménages, doivent progressivement sortir de ce système en diminuant bien sur leurs dépenses publiques et en continuant d’augmenter les fonds propres des établissements bancaires tel que Bâle III l’a initié.

5. Inventer un nouveau modèle

Il est probable que nous n’échapperons pas à la nécessité d’inventer un nouveau modèle. La société de consommation à outrance porte en elle-même sa condamnation, c’est alors une réflexion plus philosophique qu’il faut entreprendre ; plébiscitons l’importance de l’être sur l’avoir ; prônons les vertus de l’engagement sur le court terme. Soyons inactuels. 

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