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Les femmes font autant de rêves érotiques que les hommes.
Les femmes font autant de rêves érotiques que les hommes.
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Au bonheur des dames

5 idées reçues sur le sexe que vous risquez de lire dans les magazines de l’été

Comme chaque année, les magazines de l'été regorgeront de conseils ou de reportages "sexo". Michelle Boiron et Atlantico vous prépare à la lecture de ces sujets sur la polygamie, les effets des aphrodisiaques, les rêves érotiques chez les femmes, et tout le reste.

Michelle  Boiron

Michelle Boiron

Michelle Boiron est psychologue clinicienne, thérapeute de couples , sexologue diplomée du DU Sexologie de l’hôpital Necker à Paris, et membre de l’AIUS (Association interuniversitaire de sexologie). Elle est l'auteur de différents articles notamment sur le vaginisme, le rapport entre gourmandise et  sexualité, le XXIème sexe, l’addiction sexuelle, la fragilité masculine, etc. Michelle Boiron est aussi rédactrice invitée du magazine Sexualités Humaines

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La polygamie est bonne pour la santé sexuelle des hommes, moins pour celle des femmes.

En réalité, ce qui est bon pour la santé sexuelle dépend de chaque homme et chaque femme.

Si l’on reprend la définition de l’OMS de 2002 : "La santé sexuelle est un état de bien être physique, émotionnel, mental et social associé à la sexualité" ou encore : "Approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations et la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui apportent du plaisir en toute sécurité sans contrainte, discrimination ou violence".

On peut aisément comprendre que le bien-être sexuel est multifactoriel et dépend du biologique, de l’environnement socioculturel, ou sociopolitique (affaire Hollande/Gayet), de la culture propre à chacun, de l’éthique et des croyances religieuses. Cette harmonie-là garantira à chacun de nous une bonne santé sexuelle. Quand à la polygamie pour les hommes, si elle est en harmonie avec leur culture, elle leur sera sans nul doute bénéfique. A ma connaissance, ces mêmes sociétés n’ont pas encore promu la polygamie pour les femmes, ou alors nous n’avons pas été informées!

Notons -et c’est important- que la polygamie acceptée, donc non transgressive, n’a aucun rapport avec l’adultère. Si l’on en croit les nouveaux sites de rencontres, tel que celui représenté par la "pomme", nous pouvons penser que les mœurs sexuelles évoluent et que la "santé sexuelle", nouveau concept eu égard à l’origine du monde, n’a pas fini de nous interroger !

Les hommes atteignent leur maturité sexuelle tôt et les femmes tard.

L’âge de la maturité sexuelle des hommes et des femmes est très variable et le facteur temps ne leur est pas opposable. En revanche, ce qui les différencie c’est le mode de leur sexualité. Les femmes doivent s’abandonner, lâcher prise, alors que l’homme doit contrôler. La sexualité qui semble pour certains innée est acquise pour d’autres. Il faut du temps pour y parvenir, du savoir faire, une certaine expérience, de la générosité, de l’altruisme et de l’amour. Cette évolution vers la maturité sexuelle pour les hommes comme pour les femmes se fera en fonction de leurs expériences, de leurs différents partenaires, de leur vécu respectif.

La sexualité est avant tout une relation, un échange à partir de la connaissance de soi et de son corps.

On ne peut dire que l’homme atteindra plus tôt la maturité sexuelle que la femme, sauf à penser qu’il sait plus tôt qui il est et qu’il accepte facilement l’autre dans sa différence. Prendre conscience de son corps et de qui on est demande quelques années. On ne fait pas l’amour à 20 ans comme à 40 ans. C’est une véritable symphonie quand la maturité sexuelle est atteinte pour les deux sexes. Cela prend du temps, se construit et s’invente ! Si l’on garde la métaphore de la symphonie, alors il faut répéter souvent !

Les femmes ne font jamais de rêves érotiques.

C’est faux. Les femmes font autant de rêves érotiques que les hommes, et ce, de tout temps. Peut-être la différence est-elle aujourd’hui qu’elles osent en parler. Des études révèlent que 8% du contenu de leur rêve est érotique pur. Si l’on ajoute les rêves déguisés (objets phalliques) comme les traduit la psychanalyse, le pourcentage augmente fortement et de tels rêves reviennent fréquemment.

On peut noter que les femmes rêvent souvent d’hommes célèbres, artistes, hommes politiques, stars du show biz, alors que les hommes rêvent de scènes sexuelles, connues ou fantasmées.

Au cours de la nuit, il peut se produire une vasodilatation des zones génitales et une lubrification en coïncidence avec un rêve érotique, ce qui peut générer un orgasme.

L’idée reçue selon laquelle les femmes ne font pas de rêves érotiques puise peut-être son origine dans les fameuses "cartes de France" que dessinaient sur leurs draps les jeunes garçons qui signaient pour les parents, (ceux qui vérifiaient), le bon fonctionnement sexuel de leur fils !

Les chaussettes tuent l’excitation

Un homme nu en chaussettes est un "tue l’amour" et ce, à  l’unanimité des femmes interrogées.

Cela a été très bien illustré dans cette célèbre blague : "Suzy offrait régulièrement en cadeau des chaussettes à son mari. Elle le surprend un jour à poil devant la glace de la salle de bains en train de parler à son pénis : tu as vu les chaussettes que Suzy m’a offertes ?  Son mari souffrant de problèmes érectiles, elle est allée, dès le lendemain lui acheter une cravate !"

On peut imaginer qu’il y quelque chose d’incongru qui fait chuter, en quelques secondes, l’adrénaline de l’excitation. Cela en dit long sur la subtilité du désir et de l’excitation. C’est d’autant plus surprenant que la femme n’est pas habituellement visuelle, contrairement à l’homme, pour trouver son excitation.

Notons que si les chaussettes remportent la palme du "tue l’amour", les odeurs et la pilosité ne sont pas en reste…

Les aphrodisiaques reboostent la libido.

La croyance populaire a toujours et depuis la nuit des temps donné une large part au philtre d’amour et autres aphrodisiaques, divers et variés. Ils sont censés accroître le pouvoir de séduction et aussi la performance sexuelle.

C’est une pensée magique qui fonctionne, en partie parce qu’elle mobilise l’imaginaire, met en condition et prépare ainsi à l’acte sexuel. Le désir et l’excitation ne nous sautent pas forcément dessus. Il faut se préparer, se mettre en condition. Depuis le gingembre, les huîtres, le chocolat et autres produits ingérés, la croyance fait que le produit agit souvent et c’est ce qu’on lui demande. Quand cela fonctionne, c’est que l’on s’approprie l’effet prévu. C’est l’équivalent de la notice pour les médicaments : on avale la notice en plus du médicament ! On peut citer l’exemple des antidépresseurs qui agissent au bout de 20 jours : le vingtième jour (pas le 19ème ; pas le 21ème). Pour les plus respectueux, leurs angoisses vont disparaitre ! C’est écrit sur la notice!

Effet placébo ou réalité, si cela fonctionne, nous pouvons en user et en abuser. Ce n’est pas nocif et souvent naturel !

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