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Les soldes d’hiver ont commencé hier mercredi.
Les soldes d’hiver ont commencé hier mercredi.
©Reuters

Au rabais !

Soldes : 5 bonnes raisons de résister

Les soldes d’hiver ont commencé hier mercredi pour une durée de 5 semaines. Voilà toutes les raisons pour lesquelles il est inutile de poser un jour de RTT pour aller les faire...

Danielle Rapoport

Danielle Rapoport

Danielle Rapoport est psychosociologue et dirige le Cabinet d’études DRC, spécialisé dans l’évolution des modes de vie et de la consommation, via une approche ethno-qualitative, auprès des consommateurs et d’équipes managériales en entreprises.

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Après une année de restriction du pouvoir d’achat, doit-on se laisser choper, comme de bonnes shoppeuses consuméristes, par les sirènes des soldes ? Et pourquoi se poser cette question, nous qui avons reporté par excès de rigueur nos envies de craquage pour ce rituel bi-annuel

Tout d’abord parce que ce que nous achetons parce que le prix en vaut la chandelle n’en vaut pas toujours le coût ! Quelques arguments…

1/ Les ventes privées, les multiples promotions tout au long de l’année, les coups et les bonnes affaires, les échanges entre copines et les vide-placards, ont déjà rempli les nôtres de prix déflatés. Nous sommes assaillis de promotions en tout genre tout au long de l'année, entre les "soldes flottants", les ventes privées et les promotions de saison. Les soldes n'ont plus de raison d'être. Pourquoi, d'ailleurs, se précipiter aujourd’hui alors que nous avons nos trucs et nos astuces pour être « différentes » et branchée

2/ Tous les vêtements soldés sont rarement de dernière fraîcheur...Les commerçants n'hésitent plus - et ce même dans les grands magasins parisiens - à ressortir les invendus de trois voire quatre saisons en arrière ! Ainsi, on se croit habillée avec la collection en cours alors qu'il s'agit de fin de série! Les invendus sont-ils dans la « tendance » ? Et le seront-ils surtout l’hiver prochain, quand nous voudrons mettre ce pull ou de manteau acheté sur un coup de tête ? Oui si nous sommes obtuses à la mode, non si elle nous révèle l’année prochaine une envie de changement, et cela, on ne peut pas le prévo

3/ Ne risque-t-on pas, dans notre précipitation centrée sur un désir hypnotique de possession, de nous tromper de taille, de couleur, de modèle, de vouloir à tout prix trouver chaussure à son pied ? Surtout que, pendant les soldes, il est très rare de pouvoir trouver sa taille - à moins de faire du 41 en chaussures par exemple. Ainsi, on prend trop petit - "oui, je mettrais cette jupe quand j'aurais maigri" ou trop grand "je ferai reprendre ce pantalon". Non, c'est trop compliqu

4/Il peut nous prendre d’avoir des envies comme tout le monde… Et mimétisme aidant, nous « devons » acheter, parfois n’importe quoi, parce que tout le monde fait les soldes, au risque d’être en marge. Sommes-nous donc des machines à pulsions, guidées par la magie d’un « coup de cœur » qui se révèlera hors d’usage ?

Notre « vouloir d’achat » se conjugue, par notre savoir consommer, à nos arbitrages obligés, notre pouvoir d’achat et surtout notre désir d’être valorisé par un acte de consommation intelligent. « Faire les soldes » est souvent l’antinomie de ces nouvelles exigences…

5/ Et pourquoi ne pas faire « la révolution du prix » ? Quel stress que de voir le même article acheté un mois avant et vendu aujourd’hui trois fois moins cher ! On pourrait se dire qu’on s’est fait avoir, ou que le prix n’est plus ce qu’il était, mais surtout perdre totalement confiance dans la valeur des choses, des objets, de ceux qui les fabriquent et qui les vendent … Idem pour promotions permanentes.

N’est–il pas grave d’avoir oublié la valeur du prix ? Vendre trop ou pas assez cher réfère aux mêmes manquements, et cela, est-ce tenable dans notre soucis de « juste prix » et de « transparence » absolue ? Ce qui voudrait dire reconnaissance du travail, du temps, de la recherche et de l’innovation, inclus dans les produits, à condition que ce soit affirmé par l’offre et confirmé par la demande…

Néanmoins, il existe une population qui ne peut acheter qu’à bas prix, soldes compris. Qui ne sont ni branchées ni « réseautées ». D’autre part, les commerçants, crise et météo aidant, ont en effet des invendus, et compenseront par cette période de soldes un chiffre d’affaires déficitaire. Gageons qu’une consommation de plaisir maîtrisé – se fixer un budget par avance, faire de vrais choix… – soldera cette période, soumise inévitablement aux aléas du contexte. 

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