36% des français souhaiteraient que DSK devienne ministre : les électeurs de droite semblent lui avoir davantage "pardonné" que ceux de gauche | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
36% des français souhaiteraient que DSK devienne ministre : les électeurs de droite semblent lui avoir davantage "pardonné" que ceux de gauche
©Reuters

Sondage exclusif IFOP pour Atlantico

36% des français souhaiteraient que DSK devienne ministre : les électeurs de droite semblent lui avoir davantage "pardonné" que ceux de gauche

"Sur la cote de popularité de DSK, sondage réalisé après le jugement favorable dans l’affaire Carlton de Lille, on constate qu’à quelques points près sa cote de popularité n’a pas franchement évolué depuis la dernière mesure de décembre 2011, après l’annonce des premières révélations".

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

Voir la bio »

Atlantico : Quel est l'état de la cote de popularité de DSK au sein de l'opinion française ?

Jérôme Fourquet :Sur la cote de popularité de DSK, sondage réalisé après le jugement favorable dans l’affaire Carlton de Lille, on constate qu’à quelques points près sa cote de popularité n’a pas franchement évolué depuis la dernière mesure de décembre 2011, après l’annonce des premières révélations. 32% des Français avaient une bonne opinion de lui, on est à 36% aujourd’hui. En quasiment 4 ans, après une issue favorable de ce procès, pour autant la cote de DSK qui avait énormément pâti de tous ces scandales à répétition depuis le mois de mai 2011 et en dépit du temps passé et des décisions rendues, souffre encore de ces événements. Le travail de reconquête de l’opinion ne s’est pas produit. Il s’agit en quelque sorte d’un divorce entre les Français et DSK.

Entre l'affaire du Sofitel et sa récente relaxe dans le cadre du Calton de Lille, comment ce divorce a-t-il eu lieu ?

Au mois de mai 2011, quelques jours avant l’affaire du Sofitel de New York, DSK qui se prépare vraisemblablement à la primaire socialiste afin de devenir candidat PS à la présidentielle, bénéficie d’une cote impressionnante : 71% des Français ont une bonne image de DSK, et 15% même une excellente opinion de cette personnalité. Un mois après à la mi-juin, la perspective est radicalement différente puisque 39% des Français ont une bonne opinion de lui et quasiment 60 , 59% précisément, une mauvaise opinion. A la suite de sa libération sur parole au début de l’été 2011, cette cote de popularité augmente un peu. Mais ce phénomène est de courte durée, puisque au début du mois de septembre, il est pris dans l’affaire Tristane Banon et on observe une baisse de popularité. Nouveau coup dur en novembre 2011, on est au plus bas avec les révélations du Carlton de Lille. On touche le fond avec 25% de bon opinion contre 74% qui ont une mauvaise opinion. En 6 mois le crédit a été lapidé. Ensuite petite remontée à 32% mais depuis les choses n’ont quasiment pas bougé. 

Les choses sont-elles figées en matière de popularité pour l'ancien président du FMI ?

On peut mesurer que son image reste très dégradée dans l’opinion et n’a pas évolué depuis Carlton. Le niveau est faible, plus faible qu’avant 2011. En revenant sur cette expression « Jack is back », si d’aventure il souhaite refaire parler de lui et reprendre rôle sur scène publique et politique française, en préalable un travail de reconstruction de popularité reste à mener. 

La sympathie est, certes, plus forte au PS, 51 points que chez les Républicains à 39 points. Mais quasiment 4 électeurs de droite sur 10 ont une bonne opinion de lui, ce qui n’était pas forcément attendu.

La clé d’entrée ne va pas forcément être politique (tableau politique). Les 12 points d’écart entre sympathisants PS et ex-UMP ne sont pas énormes. D’autres éléments entrent en ligne de compte dans le regard que chacun peut porter. La grille de lecture partisane ne va pas s’imposer, d’autres critères entrent en compte pour DSK contrairement à bien d’autres personnalités.
C’est le cas du différentiel homme-femme. 43% des hommes ont une bonne opinion de lui contre 31% des femmes seulement. Cela fonctionne aussi bien que le clivage politique.

Toutes ces affaires renvoient à la morale sexuelle, aux rapports hommes-femmes... Ainsi, dans leur généralité, les hommes apparaissent plus cléments à son égard. De la même façon un écart très marqué existe entre professions libérales et cadres sup qui sont 31% à l’apprécier et les CSP- employés ou ouvriers à 43%. On peut penser dans les catégories populaires peut-être qu’il a été victime d’un acharnement, voire d’un complot, et qu’il ne méritait pas la sévérité avec laquelle il a été attaqué.

Si au PS DSK bénéficie encore de soutiens parmi les électeurs, près d’un sympathisants PS sur 2 à une mauvaise image de lui.

Méthodologie 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !