30 ans du Top 50 : quand le 120ème de l’époque vendait autant que le 1er d’aujourd’hui | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Culture
En octobre 1974, la 120ème place du hit-parade - l'ancêtre du top 50 - était prise avec l'album de Sylvie Vartan "Da dou ron ron".
En octobre 1974, la 120ème place du hit-parade - l'ancêtre du top 50 - était prise avec l'album de Sylvie Vartan "Da dou ron ron".
©http://www.cdandlp.com

Flashback

30 ans du Top 50 : quand le 120ème de l’époque vendait autant que le 1er d’aujourd’hui

En octobre 1974, la 120ème place du hit-parade - l'ancêtre du top 50 - était prise avec l'album de Sylvie Vartan "Da dou ron ron" qui avait vendu autant d'exemplaires que Calogero qui se hissait au mois d'août 2014 en première marche du podium du top 50 avec 51 500 exemplaires vendus.

Pascal Comas

Pascal Comas

Pascal Comas est trader pour son propre compte. Passionné de musique, il collabora avec de grandes maisons de disques à la sortie des albums d'IAM, Massive Attack... Auteur d'un pamphlet intitulé Pensées à Rebrousse-Poil, il fut également co-directeur d'une grosse start-up suédoise.

Voir la bio »

Atlantico : Alors que nous sommes aujourd'hui à deux mois de la fin de l'année 2014, aucun album sorti n'a été acheté à plus d'un million d'exemplaires aux Etats-Unis, rendant impossible l'attribution d'un disque de platine au sens conventionnel. Quelle valeur peut-on toujours accorder au classement des ventes de disques ?

Pascal Comas : Cette tendance reflète la dématérialisation inévitable du support musical chez les jeunes générations et le fait qu'en effet le format album est de moins en moins favorisé. Mais les causes sont multiples : les stratégies marketing sans cesse orientées vers les singles, le manque de consistance artistique faisant que peu d'albums pop arrivent à proposer plus de 2 ou 3 titres suffisamment attractifs, le budget des jeunes générations est éclaté entre beaucoup plus de postes de dépenses (téléphone, jeux videos…) qu'auparavant qui les conduit à limiter leur achat à quelques titres au lieu de l'album entier, peut être aussi un plus grand éclectisme les conduisant à acheter plutôt 1 ou 2 titres de différents artistes que l'album entier d'un seul…

Les classements des ventes de disques, s'ils sont uniquement basés sur le format album, présentent donc l'inconvénient de favoriser les artistes arrivant encore à écouler ce format au détriment de pas mal d'autres. 

Cette diminution généralisée concerne-t-elle tous les genres musicaux ? Qu'en est-il des disques destinés aux générations nées avant le numérique et la dématérialisation ?

Il est évident que les anciennes générations, dont je fais partie, ont tendance à favoriser le format album. Pour des raisons légitimes. C'est un format qui permet un champ d'expression à l'artiste que ne permettent pas des formats plus court, même si d'autres formats (EP, maxi ou 12" de 2 à 4 titres) ont aussi leurs raisons d'être. Clairement, certains genres musicaux (Rock, Soul, World…) sont moins menacés par cette tendance que d'autres genres comme les musiques électroniques et certains genres underground. Cela dit, on observe que même des artistes extrêmement avant-gardistes comme Flying Lotus tiennent à publier sous le format album, et avec des sorties vinyles et CD. 

Qu'est-ce que l'arrivée du numérique n'explique pas ?

J'ai mentionné les problèmes de budget favorisant les singles au détriment des albums. Et en effet le prix des tickets de concert cannibalise sérieusement le budget disque. On peut toujours se procurer sans payer un morceau, alors que pour le live on ne peut pas s'introduire par effraction dans les concerts. Je pense aussi que pour la génération zapping, l'investissement en temps, en concentration et en attention que demande un album est tout simplement hors d'atteinte. 

Sur quoi peut-on se fonder alors pour juger de la popularité des artistes ? Un nombre de vues important sur les plateformes de partage vidéo est-il vraiment pertinent, notamment sur le rapport vue/achat ?

C'est un critère parmi d'autres. Les ventes restent un critère aussi, et heureusement. Mais il y en beaucoup d'autres : les vues Youtube, les billetteries de concerts, le nombre de followers sur les réseaux sociaux...

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !