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Kate Moss vient de fêter ses 25 ans à défiler sur les podiums.
Kate Moss vient de fêter ses 25 ans à défiler sur les podiums.
©DR

Phototappée

25 ans de carrière et toujours au top: comment Kate Moss est devenue la plus grande escroquerie de l’industrie de la mode

Après deux décennies de drogue, de soleil et de cigarettes, Kate Moss semble être plus fraîche que jamais. Du moins sur les photos...

Talia Soghomonian

Talia Soghomonian

Talia Soghomonian est une journaliste américaine basée à Paris, ex-Metro et New-York Times, aujourd'hui freelance. Elle écrit sur le cinéma, la mode et la musique, et a été publiée dans Rolling Stone, InStyle, Marie Claire.

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Bon, j’avoue, je suis un peu fan de Kate Moss. Pas dans le sens où je suis ses boires (ça coule à flot) et déboires, mais en bonne fashionista, je guette ses tenues. Lorsque son mari Jamie Hince a dédié une chanson à sa chérie, présente dans la salle lors du concert des Kills à L’Olympia en novembre 2011, je me suis demandée ce qu’elle portait. Aujourd’hui, c’est en voyant sa pub dénudée pour la marque d’autobronzant St. Tropez que je me pose d’autres questions.

 

D’abord, est-ce vraiment elle ?

 

Elle vient de fêter ses 25 ans à défiler sur les podiums et elle ne semble pas avoir pris une seule ride. Du moins pas dans les magazines.

L’ambassadrice de la marque St. Tropez n’aurait donc aucune imperfection sur son corps nu, selon la photo. Pourtant il y a un sacré contraste avec les photos d’elle prises par les paparazzis à la plage où elle affiche un petit bidon, une peau flasque et de la cellulite, loin de sa maigreur d’adolescente, qui lui a valu le surnom de "La Brindille". Mais oublions son poids ; ça n’a pas d’importance et c’est une femme de 39 ans. Le problème, ce sont les marques dont elle est l’égérie qui vendent l’image de Kate Moss d’il y a 20 ans grâce à Photoshop.

Il faut rappeler que peu importe le mannequin ou son âge, toutes les photos sont retouchées. Mais il y a bien une différence entre rendre une image plus lisse et faire un lifting virtuel au mannequin. Heureusement que Photoshop existe, mais au lieu de masquer des imperfections, il sert désormais à parfaire, à défier la nature et surtout à créer une fausse image que les femmes de tous les âges vont envier et, dans certains cas, tenter de copier. C’est peut-être cela que les marques souhaitent finalement communiquer : une image inaccessible, qu’on peut tenter d’atteindre grâce à un produit : utilisez-le et vous serez comme Kate même si vous fumez, buvez, sniffez et ne dormez pas. Voilà le message.

Non, le tabac, l’alcool et la coke ne sont pas des antirides ; Photoshop, si.

On a annoncé la fin de sa carrière en 2005 lorsqu’un tabloïd a publié des photos de Kate en train de sniffer de la coke. Les rumeurs circulaient alors sur la rupture de ses contrats avec les grandes marques, sur la fin de sa carrière de mannequin, et autres annonces apocalyptiques du genre. Mais quelques jours plus tard, le monde de la mode et du luxe a eu pitié d’elle, sous prétexte que ce n’était pas le seul mannequin à prendre de la coke. Oui, mais c’était la plus connue. Les marques l’ont rehaussée au rang de pauvre petite victime des médias avant de faire pleuvoir des contrats sur sa jolie tête (son salaire annuel aurait doublé après le scandale). En réalité, tout le monde y a vu une possibilité unique de marketing : on va capitaliser sur son image de bad girl. Et ça a marché. Car Kate vend : elle porte des bottes Hunter au festival de Glastonbury – les ventes explosent. Elle crée une collection pour Top Shop – c’est le must des fashionistas qui souhaitent être "comme Kate ".

Kate Moss est devenue encore plus top, plus connue et plus riche. Et maintenant plus jeune.

Elle a débuté dans le mannequinat à 14 ans. C’est surtout son visage à l’ovale parfait qui affolait les photographes. Maquillée et photoshoppée, on nous laisse croire qu’elle est restée inchangée un quart de siècle plus tard. Pourtant, dans les dernières photos des paparazzis, alors qu’elle sortait d’un club avec son mari, ses yeux affichent de la fatigue, ses traits sont visiblement marqués malgré le Botox qui tire son front. Ça casse tout de suite le mythe.

A presque 40 ans, Kate Moss paraît en réalité plus vieille que ses camarades plus âgées comme Naomi Campbell ou Helena Christensen. Abus des fêtes, de l’alcool, des substances illicites et du soleil sont en cause. Peu importe si son corps a changé – c’est un processus normal – mais qu’on essaye de nous vendre une image complètement lisse d’elle alors que dans les photos à vif des paparazzis, on voit bien les dégâts que son train de vie a eu sur son physique. La gamine au visage d’ange qu’on a découverte dans la fameuse pub de Calvin Klein aux côtés de Mark Wahlberg (qui se faisait appeler Marky Mark à l’époque), a perdu cette fraîcheur qui lui valait le surnom de "English Rose".

Kate, c’est celle que toutes les filles (de ma génération, du moins) voulaient être, celle dont la penderie fait envie, celle qui vit à 100 à l’heure pendue au bras d’un rocker et qui est "cool ". Pourquoi ? Parce qu’elle perpétue le mythe du sex, drugs and rock ‘n’ roll, cette idée que son comportement n’a qu’une conséquence : plus d’opportunités fabuleuses et une jeunesse éternelle. Nous vivons désormais dans un monde qui nous dit que pour bien tirer des leçons de nos erreurs, il faut d’abord nous récompenser pour nos conneries. Pour ses 35 ans, elle avait organisé une fête de trois nuits, au grand dam de ses voisins. On se demande à quoi va ressembler la fiesta pour ses 40 ans, qu’elle fêtera le 16 janvier prochain. Peut-être qu’une grande marque louera une île en son honneur. J’exagère, même si Kate est un produit, malgré elle. Mais les consommateurs ne sont plus dupes…

 

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