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21 millions d'euros de provisions pour la retraite chapeau de Philippe Varin, vous trouvez ça choquant ? Pour celle de Jean-Marc Ayrault, ça coûterait... 12 millions à l'Etat (s'il avait les mêmes contraintes que PSA)
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Qui dit mieux ?

21 millions d'euros de provisions pour la retraite chapeau de Philippe Varin, vous trouvez ça choquant ? Pour celle de Jean-Marc Ayrault, ça coûterait... 12 millions à l'Etat (s'il avait les mêmes contraintes que PSA)

Si l'on prend en compte la carrière politique moyenne d'un Premier ministre français (député, maire, président de Conseil général ou régional) on obtient un montant de retraite cumulée sur 20 ans plus important que pour un patron du CAC 40.

Alors que la retraite chapeau de Philippe Varin, qui aurait été provisionnée  à hauteur de 21M€ dans les comptes de Peugeot, a fait la Une de tous les médias, il est intéressant de se pencher sur les retraites dont va bénéficier Jean Marc Ayrault, Premier ministre.

>>> Lire également : Grands patrons : pourquoi le scandale n’est pas tant dans le montant de leurs rémunérations que dans l’opacité de leur fixation (et pourquoi ça n’a rien à voir avec le libéralisme)

1. Calcul des retraites de Jean-Marc Ayrault

Étant donné le manque de transparence en la matière, les chiffres ci-après sont une estimation de la retraite moyenne touchée par les anciens Premiers ministres français.

Charles Gave : Selon les calculs que l’on peut faire, Monsieur Ayrault percevra au minimum 2 000 euros par mois au titre d'ancien maire de Saint-Herblain et de Nantes, et à peu près autant comme ancien président du district de l'agglomération nantaise, puis de la communauté urbaine, soit, pour commencer, 4 000 euros...

Mais n'oublions pas l'essentiel ! Le plus gros morceau, c'est bien sûr sa retraite d'ancien député : une pension "plein pot" de 6 630 euros par mois (en 2012).

Nous n'avons pas pu réussir à obtenir le montant officiel de sa retraite de conseiller général mais on peut estimer que Jean-Marc Ayrault a déjà cumulé, à ce stade, au moins 13 000 euros de pension retraite. Et, même s'il n'a enseigné que quelques années, on lit sur sa biographie officielle (publiée par les services du Premier ministre) qu'il est "professeur d'allemand, depuis 1973" ! Grâce à cette "carrière", pour le moins fictive, il peut donc prétendre à une pension de retraite d'enseignant : et voilà près de 1 800 euros par mois encore empochés...

Au total on arrive à 15 000 euros par mois.

Monsieur Ayrault touchera donc environ et au minimum 180 000 euro par an et ce pendant une vingtaine d'années au moins, compte tenu de l'espérance de vie que tout Français quand il a atteint l'âge du Premier ministre.

2. Quelle somme l'Etat devrait-il provisionner si le paiement des retraites de ses dirigeants étaient soumises aux mêmes règles qu'une entreprise privée ?

Charles Gave : Il est difficile de garantir  ces chiffres, mais dans l'esprit de transparence totale dont François Hollande le président  de la République nous a dit qu'il était essentiel, on peut essayer de calculer la valeur du patrimoine que devrait avoir un cadre du secteur privé pour bénéficier  d’une retraite équivalente à celle du Premier ministre. Les taux d'intérêts "longs" en France aujourd'hui sont aux alentours de 2 %. Pour que 2 % sur le capital donnent 180 000 euro par an, il  faut faire une petite règle de trois. Le résultat est le suivant : pour que toucher 180 000 euro par an, il faut que le capital soit de 9 millions d'euros (2% sur 9 millions d'euro = 180 000 euros).

Philippe Crevel : Si la retraite de Jean-Marc Ayrault était gérée en externe et non au fil de l’eau dans le cadre du budget, pour obtenir plus de 10 000 euros de retraite pas mois, il faut dans le secteur privé avoir recours à des compléments par capitalisation. Or les entreprises qui proposent des retraites supplémentaires qui complètent celles fournies par le régime de base et les régimes complémentaires sont lourdement taxées.
 
Ainsi, pour la constitution de la retraite d'Ayrault, l’entreprise aurait dû acquitter une contribution sociale spécifique qui s’applique soit sur les cotisations (primes) ou sur les rentes. En cas d’option" primes", le taux de la contribution est de 24 %, soit 2,16 millions sur une base de 9 millions d'euros provisionnés au départ. En cas d’option rente, la taux est de 32 % dès le premier euro sur les rentes versées aux bénéficiaires, soit  plus de 750 000 euros. Il a été, par ailleurs, créé une taxe additionnelle de 30 % à la charge de l’employeur pour les rentes dépassant huit fois le plafond annuel de la sécurité sociale dont le montant est au 1er janvier 2013 de 37 032 euros. A priori, le Premier ministre échapperait à cette contribution. Il faudrait donc que la compagnie d’assurances en charge de la pension du Premier ministre provisionne au minimum 12 millions d’euros pour fournir la retraite du Premier ministre sachant que les intérêts capitalisés devraient permettre de générer des revenus permettant de compenser l’inflation.

Charles Gave : Inutile de souligner que ce calcul vaut pour messieurs Fabius, Jospin, etc. et bien entendu pour messieurs Juppé et tous les dirigeants de l'ancienne majorité.

Dans l'esprit de transparence et de justice fiscale qui anime la majorité actuelle, on a envie de faire deux propositions, dont je ne doute pas une seconde qu'elles vont être retenues par des autorités aussi moralement indiscutables que celles qui nous gouvernent :

  1. - Inclure dans la déclaration de patrimoine la valeur actualisée de toutes les retraites payées par l’État  que tout le personnel politique va  toucher dans les années qui viennent.  Nos élites dirigeantes, qui profitent de ce système, devront payer l'ISF sur ces sommes, ce qui paraît le minimum.
  2. - Inclure dans la valeur du patrimoine retenue pour le calcul de  l'ISF la valeur actualisée de toutes les pensions et retraites qui seraient versées à  qui que ce soit et qui n'auraient pas donné lieu auparavant à des prélèvements sur le salaire, c'est à dire taxer ceux qui touchent des retraites sans avoir cotisé auparavant.
  3. On ne doute pas une seconde que les plus hautes autorités de l’État vont se pencher sur ces solutions pour arriver à l'égalité, si chère à notre président de la République.

L'impression diffuse qui se dégage de tout cela, est que les gens qui sont au pouvoir et qui contrôlent nos vies,  s'enrichissent de façon souterraine et que pour cacher leur turpitude, ils désignent en permanence à  la vindicte publique les "riches", alors qu'eux mêmes sont beaucoup, beaucoup plus "riches" mais non pas de l'argent qu'ils ont gagné, mais  de l'argent qu'ils  prennent à tous ceux qui paient l’impôt.

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