2019 : la France subit ses politiques ultra-turbo-néo-libérales | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
2019 : la France subit ses politiques ultra-turbo-néo-libérales
©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Libéral, vraiment ?

2019 : la France subit ses politiques ultra-turbo-néo-libérales

Les Gilets Jaunes, la France Insoumise, le Parti Socialiste, les syndicats et la totalité ou presque de tous les politiciens du pays sont formels : la France subit depuis des années une véritable tempête de turbolibéralisme.

Hash H16

Hash H16

H16 tient le blog Hashtable.

Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

Voir la bio »

Dans cette France ultralibérale l’austérité a frappé de plein fouet tous les citoyens à commencer par les plus pauvres pendant que les riches ont reçu cadeaux sur cadeaux.

C’est intolérable. Dans un pays qui se voudrait égalitaire, dont la fine fleur intellectuelle se bat tous les jours pour que les inégalités se réduisent, il semble vraiment inconcevable que toutes les politiques mises en oeuvre par tous les gouvernements successifs se résument à une abominable casse des services publics, des diminutions de personnel partout sans arrêt et des coupes claires dans les administrations de tous niveaux qui se traduisent par une véritable désertion de l’État dans tous les domaines.

C’est bien simple : on ne trouve plus personne derrière les guichets. Les contribuables, les citoyens ou les assujettis qui se pointent dans l’une ou l’autre administration d’État ou des collectivités territoriales dont ils dépendent se retrouvent bien souvent devant des bureaux et des chaises vides, des couloirs où règnent un silence sépulcral voire des machines à café désertées.

La situation est intenable et n’est due, à l’évidence, qu’à la réduction permanente des moyens dont l’État dispose et qu’il se refuse de plus en plus à mettre à disposition de ses administrations maintenant exsangues. Ainsi, les dépenses publiques ont fondu comme neige au soleil au point que le maigre budget dont dispose l’État ne parvient plus à couvrir les besoins essentiels de la Nation.


Cette diminution ahurissante des dépenses publiques atteint des records qui n’ont pas cessé de provoquer les cris de toute une presse attentive à la bonne santé de l’État ; seuls certains ultra-libéraux, ne reculant devant aucun mensonge, osent prétendre que la France est championne du monde toutes catégories des dépenses publiques, alors même que plus personne ne peut nier l’évidence d’une véritable disparition, que dis-je, d’un génocide administratif dans le pays où le rond-de-cuir et le pousse-cerfa sont devenus des espèces bien plus menacées encore que l’ours polaire (qui étaient plus de 5.000 en 1950 et seraient à peine 20.000 à présent).

Il faut l’admettre : tout ceci était inévitable.

Eh oui : à force de réductions drastiques d’impôts, de cadeaux somptueux aux riches, les finances publiques vinrent à manquer rapidement et, depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs n’ont eu d’autre choix que de couper dans tous les postes possibles avec les effets catastrophiques qu’on peut observer : partout, dans les bureaux douillets de nos fières administrations, le papier des photocopieuses, les agrafes et les attaches-trombones viennent à manquer !

Pourtant, il était facile de ne pas tomber dans ces pièges ultralibéraux ! Grâce à un impôt progressif soigneusement appliqué, on redistribue mieux les revenus de toute cette faune française riche et opulente vers les pauvres électeurs des classes laborieuses et défavorisées, permettant par le jeu d’une redistribution efficace, de réduire le rapport de revenus entre le décile le plus riche et le décile le plus pauvre de plus de 23 (i.e. le décile le plus riche gagne 23 fois plus que le décile le plus pauvre avant impôts) à 6 après impôts.

Forcément, avec une telle redistribution, le nombre de pauvres en France n’a pas arrêté de baisser, preuve que cette progressivité sauvageétudiée de l’impôt a particulièrement bien rempli son but. Comme quoi, on peut être l’un des pays les plus égalitaires du monde et baigner dans le plein emploi et l’absence de classe défavorisée. C’est supayr.


Malheureusement, les cadeaux aux riches n’ont, eux, pas cessé de s’empiler les uns sur les autres.

C’est ainsi qu’entre 2010 et 2017, les impôts directs se sont véritablement effondrés puisqu’en sept ans, le premier décile a vu sa contribution fiscale passer de 1,6 à 3,2 milliards d’euros, pendant que le dernier passait d’un peu plus de 77 milliards d’euros à un misérable petit 102 milliards.

Et tout indique que la situation des plus riches va encore s’améliorer copieusement puisque le gouvernement multiplie actuellement les idéestoutes aussi surprenantes les unes que les autres pour faire venir les riches en France, pour les dorloter, pour favoriser leur implantation. Pourtant, tout le monde sait qu’attirer ainsi les personnes fortunées n’entraîne qu’un accroissement des inégalités et, par voie de conséquence, la pauvreté dans le pays (ce qui explique pourquoi les pays comme la Suisse ou tant d’autres font absolument tout pour bouter les familles aisées en dehors de leur territoire).

Si l’on y ajoute les véritables paradis fiscaux qui se mettent en place en France dans l’immobilier, on comprend que la tempête ultra-néolibérale, le capitalisme débridé et l’esclavagisme des classes laborieuses ont encore de beaux jours dans le pays.

C’est vraiment lamentable : à cause de ces libéralités honteuses offertes à ceux qui possèdent toujours plus, on se retrouve dans la situation scandaleuse où les 10% des foyers fiscaux les plus riches ne paient QUE 70% de l’impôt total (!), alors que tout le monde sait, depuis les syndicalistes jusqu’aux politiciens en passant par les journalistes, les Gilets Jaunes et les philosophes-experts-chroniqueurs, que la vraie égalité fiscale, c’est lorsque 100% de l’impôt est payé exclusivement par les riches, voire LE riche, qui mérite alors amplement son sort de vache à lait.

Et du reste, qui d’autre que LE riche pourra abonder aux plus de 1000 milliards de prélèvements sociaux que l’État, ses administrations et ses institutions sociales prélèvent chaque année pour s’assurer que nous disposons tous d’une assurance santé, chômage et vieillesse absolument fantastiques ?

Non, décidément, cette tempête de libéralisme en France doit cesser. Trop d’inégalités, trop peu d’impôts payés par les riches et beaucoup trop payés par les pauvres, des coupes claires impitoyables dans les services publics, une baisse effarante des moyens et des personnels, tout indique que ce pays doit absolument prendre un vrai virage social !

Il faut en finir avec tout ce libéralisme !

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !