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"Little foot" est aujourd'hui l'australopithèque le plus complet jamais découvert. Tombé dans un puits voici quelques millions d'années, il a été découvert au fond de la grotte de Silberberg à Sterkfontein.
"Little foot" est aujourd'hui l'australopithèque le plus complet jamais découvert. Tombé dans un puits voici quelques millions d'années, il a été découvert au fond de la grotte de Silberberg à Sterkfontein.
©Reuters

Sous les pavés...

2015, un très grand cru pour l’archéologie française : petit guide de nos plus belles découvertes

L'année 2015 a été très fructueuse pour les découvertes archéologiques. Chacune d'entre elles pose de nombreuses questions qui permettent de mieux comprendre l'histoire de l'humanité. Les équipes françaises se sont illustrées et ont été à l'origine de découvertes dans des lieux improbables comme le sous-sol d'un magasin ou en plein coeur d'une zone d'aménagement concerté.

Vincent Charpentier

Vincent Charpentier

Vincent Charpentier travaille à l'Inrap.

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La datation d'un australopithèque plus ancien que Lucy en Afrique du Sud par Ron Clarke

Il se dénomme « Little foot » et est aujourd’hui l'australopithèque le plus complet jamais découvert. Tombé dans un puits voici quelques millions d'années, il a été découvert au fond de la grotte de Silberberg à Sterkfontein. Sa fouille a nécessité treize longues années de dégagement. Sa datation était l’objet de nombreuses controverses au sein de la communauté des paléoanthropologues. Avec 2 millions d'années il ne pouvait être à l'origine de l'Homme. Avec 3,5 millions d'années - comme le pensait Ron Clarke - ce petit australopithèque était dans la course de nos origines. Parue dans la revue Nature, une datation confirme son ancienneté : 3 600 000 ans environs, soit bien plus vieux que la célèbre Lucy, découverte en Afrique Orientale. Une très belle découverte pour l'anthropologie, l'archéologie et l’histoire de nos origines.

Lac Turkana : les plus vieux outils du monde par Sonia Armand et son équipe CNRS Inrap

Ils ont piètre allure mais constituent pourtant à eux seuls un moment capital de l’histoire de l’Homme. La découverte est de taille : les plus anciens outils de pierre de l’humanité viennent d’être exhumés, sur les rives du lac Turkana au Kenya. Encore plus surprenant, cette industrie de 3,3 millions d'années n’est pas liée aux premiers hommes du Genre Homo, mais à des individus bien plus anciens. Qui pourraient-ils bien être ? Cette découverte nous montre un instant-clé de notre humanité, celui de l’invention, d’une des toutes premières innovations de notre histoire. Il y a 3,3 millions d’années, afin de résoudre un problème, une idée germe sous le crâne d’un hominoïde …

Découverte d'une tombe princière à Lavau de la période de Hallstatt (5 siècle avant notre ère) par l'Inrap

Cela faisait 60 ans que nous l'attendions, le recherchions ! Les archéologues de l’Inrap l’on trouvé dans une ZAC, près de Troyes, lors d’une fouille préventive, à Lavau. Il est allongé sur son char, porte un torque d’or, ce collier rigide celte, lourd de 580 grammes… depuis la découverte de la princesse de Vix en Bourgogne, jamais une telle découverte n’avait été faite en France. Il faut se rendre à l’évidence, nous voici devant la sépulture d’un prince, paré de bracelets d’or, inhumé avec son service à vin, un chaudron d’origine étrusque d’un mètre de diamètre, d’un vase grec produit à Athènes, et d'une "figure noire" représentant Dionysos allongé sous une vigne faisant face à un personnage féminin. Ce potentat local contrôlait probablement quelque importante voie commerciale Sud-Nord dont celle du vin de Méditerranée, objet de prestige et d’ostentation et peut-être de beuverie…

La fausse commune en plein cœur de Paris appartenant à un cimetière d'hôpital par une équipe de l'Inrap

Que peut-il y avoir au deuxième sous-sol des caves de l’ancien Félix Potin à Paris, à l’angle de la rue Réaumur et du boulevard Sébastopol ? Sous le rayon « savons et shampoings », surprise, des squelettes ! L’actuel supermarché se devait d'agrandir ses caves, leur aménagement a ainsi mis au jour 150 squelettes alignés sur le sable fin… Une équipe d’anthropologues de l'Inrap a patiemment dégagé 8 fosses communes et leurs individus déposés « tête-bêche » appartenant à l’ancien cimetière de la Trinité. Cette macabre découverte est-elle le témoin d’un terrible fléau, de quelques foudroyantes épidémies ? Peste, typhus, variole ou choléra, nous voici devant les preuves d’un tragique évènement depuis longtemps oublié. L’enquête est en cours.

Maison du Ier siècle avant notre ère dégagée en Arles, par le musée départemental Arles antique et l'Inrap

Le passé antique d’Arles n’est plus à reconnaitre : sous le bitume, la ville antique sommeille. Dans les eaux du Rhône quantité d’épaves attendent leur heure… N’est-ce pas là, en Arles, que fut récemment exhumée une tête de marbre de l’auguste César, vainqueur d’une Gaule toute prête à rentrer dans l’histoire ? Aujourd’hui, au cœur d’une vaste demeure, a été mis au jour un rarissime décor peint daté entre 70 et 20 av. J.-C. Ces peintures, aux couleurs d’une incroyable fraîcheur, laissent entrevoir, dans une probable chambre à coucher le fameux cubiculum. Dans la pièce voisine, sur un fond uni d’un précieux rouge vermillon, sont représentés divers personnages. Nous voici devant le style pompéien, unique en France… Aujourd’hui Arles rivalise avec Pompéi et sa fameuse « villa des mystères »…

Sépulture de Louise de Quengo à Rennes par l'Inrap

Elle a vécu au cœur de la Bretagne du XVIIème siècle, fut inhumée, parmi de nombreux religieux, dans le couvent des Jacobins de Rennes. Louise de Quengo, dame de Brefeillac, fut mise en terre en 1649. Dans l’au-delà, l’accompagne le reliquaire du cœur de son mari, Toussaint de Perrien, chevalier de Brefeillac décédé sept ans plus tôt. Son cercueil de plomb a conservé la défunte dans un exceptionnel état. Louise porte l’habit de religieuse : cape, chasuble, robe de bure, chemise en toile… son corps est surtout l’objet d’une autopsie, d’études microbiologiques et génétiques… qui révèlent que son cœur a été lui aussi prélevé, probablement afin d’être inhumé dans un lieu encore inconnu. Louise de Quengo repose aujourd’hui au cœur du cimetière de sa descendance.

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