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2015, l’année qui aura vu l’humanité acter qu’elle doit prendre soin d’elle
©Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Prise de conscience

2015, l’année qui aura vu l’humanité acter qu’elle doit prendre soin d’elle

2015 restera dans l’Histoire comme l'année qui aura vu l’humanité acter qu’elle doit davantage prendre soin d’elle-même. La COP21 a finalement abouti à un accord. Mais cette prise de conscience des responsables politiques a été auparavant préparée par "l'Appel des consciences" dont la dimension associative a été largement médiatisée, au détriment de sa spiritualité intrinsèque qui n’a bénéficié d’aucun écho.

Jean-Guilhem Xerri

Jean-Guilhem Xerri

Psychanalyste et biologiste médical. Son dernier livre « A quoi sert un chrétien ? » (Le Cerf) a reçu le prix de l’humanisme chrétien 2015.

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Après le cuisant échec en 2009 de la conférence de Copenhague sur le climat, la COP21 organisée par la France sous l’égide de l’ONU a permis en 2015 d’arriver à un accord. Si sur le plan opérationnel climatologique, il montre des limites évidentes, il est incontestablement un succès diplomatique. Cette réussite s’explique par l’avènement d’une prise de conscience globale sur les enjeux posés par la préservation de l’environnement. Evidemment, les records de pollution ont décidé la Chine et l’Inde, les risques de voir les migrants climatiques grossir les rangs des réfugiés politiques et économiques ont convaincu l’Europe et l’augmentation des phénomènes naturels extrêmes en fréquence et en intensité est venue à bout des résistances américaines. 

Mais ces éléments n’expliquent pas tout.  En effet, si prise de conscience des responsables politiques il y a eu, c’est parce qu’elle a été auparavant suscitée par un sommet dont la dimension associative a été d’une part, largement médiatisée au détriment de sa spiritualité intrinsèque qui n’a bénéficié d’aucun écho. 

Fin juillet, donc six mois avant que commence la COP21 et afin de la préparer spirituellement, s’est tenu à Paris un événement considérable qui a réuni l’ensemble des leaders religieux et spirituels du monde entier.  Catholiques, protestants, orthodoxes, représentants de l’Islam, dont des confréries soufistes, bouddhistes, animistes, shintoïstes, taoîstes, et d’autres encore ont « fait humanité » et appelé les politiques ainsi que les citoyens du monde entier à s'interroger en leur âme et conscience sur leur implication quant au réchauffement du climat. L’accent a été beaucoup plus marqué que lors de la COP sur la responsabilité personnelle de chacun dans ses modes de vie. L’enjeu était d’aller chercher à la source de la spiritualité ce qui peut inspirer les être humains à s’engager et à faire humanité ensemble. L’Appel des Consciences qu’ils ont signé lors du Sommet a été envoyé à chaque chef d’État quelques jours avant l’ouverture de la Cop21 à Paris. 

Ce « sommet des consciences » était au climat, ce que le rassemblement inter-religieux d’Assise initié par Jean-Paul II était à la paix.

Le silence qui a entouré cet événement unique en dit long sur la valeur accordé par les médias à la spiritualité. En résonance, l’année 2015 aura aussi été celle de l’encyclique « Laudato si », publiée en juin par le pape François. Il y est question du soin à prendre de la planète mais pas seulement. Il explique surtout qu’il ne peut pas y avoir de progrès écologique et donc de préservation de la Création, s’il n’y a pas davantage de justice entre les hommes. Et pour bien nous aider à entrer dans ce souci conjoint de l’autre et de l’environnement, le souverain pontife a lancé le 8 décembre l’année de la miséricorde, c’est-à-dire une période où nous sommes tous invités à être, de façon renouvelée, des veilleurs, des gardiens de la vie de ceux et celles qui nous entourent.

Malgré les affirmations consternantes qui voudraient que « les religions sont responsables de tous les maux du monde », notre spectacle national est la parfaite illustration que toute action politique ou sociale nécessite une inspiration forte. Ce souffle doit s’inscrire dans une histoire, être ancré dans une tradition, s’écrire dans une culture, se soucier du Bien commun, être désintéressé. C’est parce qu’il porte tout ça, que le pape François est aussi apprécié ! 

Souhaitons que 2016 voit émerger des hommes et des femmes inspirés et inspirants dans l’action publique en France et en Europe.

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