La chute libre : à 15% de popularité, François Hollande est-il encore loin du seuil de la paralysie totale ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Aucun président n'était tombé aussi bas dans les sondages.
Aucun président n'était tombé aussi bas dans les sondages.
©Reuters

Rien ne va plus

La chute libre : à 15% de popularité, François Hollande est-il encore loin du seuil de la paralysie totale ?

Les éditorialistes français conseillent au président "d'assumer son impopularité". Selon eux, un remaniement voire un changement de premier ministre ne pourront pas améliorer sa situation.

Nouveau sondage catastrophique pour François Hollande. Selon une enquête YouGov pour l'Huffington Post et i>Télé, la popularité du chef de l'Etat s'établit désormais à 15%. Ils ne sont plus que 3% à se dire "très favorable" à l'action de François Hollande en tant que président de la République. Du jamais vu pour un chef de l'Etat français qui établit à chaque sondage un nouveau record d'impopularité.

Et pour beaucoup d'éditorialistes la crise que traverse François Hollande est grave. Très grave. En quoi ce nouveau sondage très bas constitue-t-il un tournant dans le quinquennat du socialiste ? Pourquoi ce chiffre de 15% induit un changement de nature ? La réponse s'il n'y en a qu'une seule tient en une idée majeure : le président de la République risque de ne plus pouvoir gouverner.

Yves-Marie Cann, de l'institut CSA estime que la menace de ne plus pouvoir gouverner est bien réelle pour le chef de l'Etat. "Depuis le début du quinquennat, le niveau de défiance concernant François Hollande auprès des sympathisants de droite étaient élevé. Le socle des opinions positives dont il bénéficiait reposait donc sur les sympathisants de gauche. Ce qui est inquiétant est le fait de se retrouver à gouverner alors qu’il est impopulaire dans son propre camp. Cela peut être un facteur de paralysie. Ce faible niveau de confiance pose la question de la gouvernance et démontre qu’il devient aujourd’hui important de retourner la tendance actuelle. Faire accepter les réformes, les actions engagées, tient à la capacité du pouvoir en place de se prévaloir du soutien de sa famille politique".

A court terme, comment François Hollande peut-il s'en sortir? "L’enjeu pour François Hollande est donc de susciter à nouveau de la confiance auprès de sa famille politique et auprès de ceux qui ont contribué à sa victoire en votant pour lui. Différentes hypothèses peuvent être engagées. Dans le contexte actuel, les préoccupations des Français se cristallisent autour des problèmes économiques et sociaux.  Il lui faut engendrer une dynamique positive en termes d’emploi, de retour de la croissance économique et redistribuer les fruits de la croissance. Il s’agit là, d’enjeux concrets" analyse Yves-Marie Cann. "Ensuite, il y a l’enjeu de gouvernance. François Hollande et Jean-Marc Ayrault doivent réaffirmer leur leadership. Car l’électorat de gauche doute de la capacité de l’exécutif à diriger le paysL’arrivée de poids lourds politiques comme M. Aubry ou Ségolène Royal permettrait de répondre aux critiques et de rassurer une partie de l’électorat de gauche" explique-t-il. 

Albert Zennou est d'accord avec Yves-Marie Cann. Le rédacteur en chef adjoint du service politique du Figaro estime qu'il "devient difficile de diriger le pays". Même son de cloche chez Charlotte Chaffanjon, du Point. Selon elle, c'est désormais la personne de François Hollande qui est visée. "On l'a vu avec son jugement de Salomon dans l'affaire Leonarda. Il a aussi du mal à garder un cap. Il louvoie. Il recule, explique-t-elle sur France Inter. Voyez avec l'écotaxe ou la fiscalité de l'épargne. Mais jusque-là, le président pensait que sa courbe de popularité était indexée sur la courbe du chômage. Or, s'il continue comme ça, la courbe du chômage pourra s'inverser, il sera trop tard pour sauver son image".

Changer de Premier ministre, jadis fusible de la Vème République, ne constituerait même pas une solution envisageable selon certaines plumes. "A quoi servirait-il de changer celui qui, dans le cadre du quinquennat apparaît comme un "collaborateur", pour reprendre le mot de l’ancien président", s'interroge Thomas Legrand de France Inter. Selon lui, la nature même du quinquennat rend totalement inutile cette manœuvre dont ont usé en leur temps François Mitterrand et Jacques Chirac.

Michel Urvoy, éditorialiste à Ouest-France égraine également les solutions dont dispose le président. 


Hollande popularité par OuestFranceFR

Comment faire alors pour continuer à gouverner ? Une seule solution, pour Olivier Duhamel, éditorialiste du Lab d'Europe 1 : "Assumer l'impopularité (...) Aucune mesure ne pourrait retourner d’un coup un tel rejet. Et, par ailleurs, un changement de gouvernement s’avère très difficile avant les municipales, les fortes personnalités politiques du genre Martine Aubry, Gérard Collomb, François Rebsamen… étant pris par la campagne dans leur ville".

Une analyse partagée par Charlotte Chaffanjon : "Il doit assumer ses choix jusqu'au bout, dans tous les domaines, en expliquant pourquoi ils sont justes (...) Il ne doit pas avoir peur de trancher. Il ne doit pas laisser Manuel Valls être un chef bis. Il ne doit plus laisser les Verts lui mener la vie dure. Il ne doit pas se laisser imposer le moindre calendrier par des impatients (...) En clair : il ne doit pas répondre aux injonctions de ceux qui réclament un changement de Premier ministre ou une dissolution, avant les municipales et les européennes. Bref, il doit être le président !"

 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !