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11 septembre 2011 :
top départ de la présidentielle US
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EDITORIAL

11 septembre 2011 : top départ de la présidentielle US

10 ans après le 11 septembre 2001, l’heure est celle de la commémoration et du souvenir. Mais ce pourrait être aussi pour Obama l’occasion d’un appel au réveil de l’Amérique, après une décennie de remise en cause.

Alain Renaudin

Alain Renaudin

Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.

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En 2001 l’Amérique était pour la première fois attaquée sur son sol, une attaque absolument inouïe par sa barbarie, son procédé et son impact, mais aussi insultante, humiliante et insolente. En 2008 c’est l’économie américaine et dans son sillage celle du monde entier qui vacille, de façon une fois encore incroyablement violente. Là aussi, des bastions supposés inébranlables sont remis en cause. En 2011, cette fois-ci, c’est la solvabilité de la nation dont il est question avec une Amérique au bord du défaut de paiement.

Le tout-puissant, le leader, le numéro 1, déclassé, insulté. 2011, c’est aussi la politique étrangère et la toute puissante armée qui subit en dommage collatéral le succès de la guerre éclair des européens en Libye, quand la grande armée US reste enlisée depuis tant d’années en Afghanistan ou en Irak. Cette décennie aura également été celle de la perte du leadership mondial au profit de la Chine. 2011, c’est aujourd’hui une économie atone, qui plafonne, qui ne crée plus ni emplois ni croissance.

Au-delà du « 9/11 » lui-même, c’est toute une décennie 2001-2011 au cours de laquelle jamais comme avant les États-Unis n’auront été autant bousculés sur leurs bases, dans leurs certitudes. Remises en cause économique, financière, politique, militaire, l’Amérique toujours sûre d’elle-même, souvent critiquée pour son hégémonie et son unilatéralisme, est aujourd’hui en proie au doute, un doute qu’elle n’a jamais connu.

La commémoration du 11 septembre doit être pour Obama l’occasion d’un appel au rebond. Obama doit appeler au souvenir certes, il doit surtout appeler à l’avenir, il doit sortir un discours de vestiaire pour invectiver une équipe au bord du K.O. au sortir de sa première décennie du XXIème siècle. En 2001, Rudolph Giuliani était le Maire de New-York. Très vite après l’émotion, il appelait à la reconstruction, exhortait New-York et l’Amérique tout entière à faire face, à être plus forte que jamais, et certainement plus forte que le terrorisme. 6 semaines après les attaques Giuliani était crédité de 79% de bonne opinion auprès des New-yorkais, deux fois plus qu’un an avant où il était approuvé à hauteur de 36%. Défini et perçu comme the « America’s Mayor », Giuliani était également « Person of the Year » pour Time magazine en décembre 2001.

La campagne présidentielle américaine commencera le 11 septembre 2011

Ben Laden est mort, justice a été rendue (d’une certaine manière certes), Obama doit désormais appeler les Américains à regarder l’avenir, à passer à autre chose. La campagne présidentielle américaine commencera le 11 septembre 2011, avec un Président qui doit faire passer l’Amérique de la vengeance à l’espérance. Sur la seule personne d’Obama, cette espérance a été énorme en 2008, puis déçue. Aujourd’hui Obama doit la fonder non sur lui seul mais sur le peuple américain tout entier pour le remobiliser, le souder et tirer cette force exceptionnelle que l’Amérique a toujours été capable de trouver en elle-même. L’enjeu est celui d’éviter de passer d’une peur à l’autre, de la peur du terrorisme à la peur de la récession.

Cette décennie a aussi été celle du dernier vol de la navette spatiale, le 21 juillet 2011. C’est aussi une page qui se tourne. 50 ans après le lancement de la conquête spatiale américaine par Kennedy en 1961, Obama doit trouver un nouveau programme Apollo pour l’Amérique.

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