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"Un beau jour, on m’a diagnostiqué une SEP. Une quoi ? Une sclérose en plaques. Mais cela reste un détail, car on m’a surtout diagnostiqué une Super Envie de Partir"
©MARC LE CHELARD / AFP

Bonnes feuilles

"Un beau jour, on m’a diagnostiqué une SEP. Une quoi ? Une sclérose en plaques. Mais cela reste un détail, car on m’a surtout diagnostiqué une Super Envie de Partir"

Etudiante en école de commerce, l'auteure apprend à 21 ans qu'elle est atteinte de sclérose en plaques (SEP). Après le choc du diagnostic et le choix du traitement, elle décide de faire un grand voyage afin de se réapproprier son corps et son esprit, dont l'équilibre est mis à mal par la maladie. Elle raconte sa découverte de la Nouvelle-Zélande, de la Birmanie et de la Mongolie (Extrait de Seper Hero, "Comment la maladie a donné du sens à ma vie" de Marine Barnerias publié chez Flammarion 2/2)

Un beau jour, on m’a diagnostiqué une SEP. Une quoi ? Une sclérose en plaques. Mais cela reste un détail, car on m’a surtout diagnostiqué une Super Envie de Partir. Tout est clair dans ma tête. SEP/Super Envie de Partir ? « What else ? » Merci George, je vais me concentrer sur un rêve, mon dessein et je vais l’appeler « Seper Hero » ; « pour donner envie aux autres d’aller plus haut… ».

Un voyage tout compris

Je commence à monter mon projet qui me donne des ailes et me permet de croire que tout reste possible face à la maladie. Je suis chez moi sur mon canapé, et je commence à tout mettre en place sur papier. Oui, cette fichue connexion se fera par un voyage.

Comment expliquer ce qui est si clair dans mes pensées, mais si difficile à verbaliser ? Je pars d’une réflexion simple : on a tous un CORPS pour bouger, un ESPRIT pour penser et une ÂME pour s’identifier. Je partirai huit mois à travers trois pays, pour m’aider à remettre en place ces trois piliers. Pourquoi partir ? J’en rêve depuis longtemps.

Un ordre bien établi

Cet ordre est bien précis, car commencer par son âme et finir par son corps n’a pas de sens. Que voyons-nous, lors du premier contact chez un individu ? Son corps. Je souhaite donc maîtriser la chose la plus physique au début. Comprendre d’abord celui-ci avant d’aller chercher le mécanisme des pensées. Gérer mes sensations, comprendre mes courbatures, ressentir mes fourmillements, tout simplement découvrir le fonctionnement de cette enveloppe. Réussir à dissocier une poussée d’une simple réaction physique ! Je veux pendant trois mois avancer juste avec le corps et mon sac à dos pour marcher et grimper en mettant mon cerveau sur pause et arrêter d’interpréter ou de penser. Après cette première étape, l’esprit interviendra pour réussir à maîtriser mes pensées. Je ne sais pas encore ce qui va se passer, mais tout ce que je peux planifier c’est un séjour dans un monastère bouddhiste pour m’aider à les canaliser. Je veux rencontrer ces pratiques et ces méthodes ancestrales qui ont déjà fait leurs preuves, pour ensuite essayer de toucher l’âme. Reste à expliquer cela à mes neurologues.

Partir loin

 La Nouvelle-Zélande est une évidence pour éprouver mon corps. Cette terre lointaine et insulaire m’offre un vrai retour aux sources. Vous n’ignorez pas combien ce pays est photogénique ni que les sports d’aventure y règnent en maîtres ? Je l’ai donc bien choisi pour la beauté de ses paysages et l’authenticité de ses terres, de sa population pas encore submergée par Homo touristicus. Je commencerai par là. Pays idéal pour marcher, grimper, camper et transpirer. Mais l’une des raisons principales est qu’on peut traverser le pays du Nord au Sud grâce à ses deux jambes. J’y expérimenterai donc mon corps. Ce corps que l’on pense connaître ou à qui on ne pense pas tout simplement. Qui le connaît réellement ? Ce corps en lien direct avec mon diagnostic. Comment réussir à lui faire confiance pour qu’il ne me trahisse pas avant l’heure ? Ce corps que l’on veut maîtriser, j’irai le ressentir et passer trois mois à son écoute. Une fois l’étape de la Nouvelle-Zélande passée (je l’espère sans complications de santé !), je serai probablement plus apte à comprendre et à écouter mes pensées. Pour l’esprit, c’est déjà inscrit dans ma tête : la Birmanie. Depuis très longtemps, c’est le seul pays d’Asie qui m’attire énormément, tant par son histoire politique et son icône féminine que par la force de cette population à la bonté naturelle sans calcul ni vice (c’est ce que j’imagine dans ma petite tête de Marine) ! Ce pays représente à mes yeux la pureté et l’innocence. Je choisis ce pays qui a dû apprendre à se débrouiller pour vivre sans liberté. Comment l’esprit peut-il nourrir et assouvir notre être, surtout lorsque votre corps est contraint, défendu, interdit de bouger, de sortir, d’être, d’exprimer ses pensées… ? Comment vit cette population complètement baignée dans la spiritualité ? Comment a-t‑elle pu supporter ces années de dictature sans perdre espoir ? La force de l’esprit… ? Rencontrer des héros du silence est une réelle source de motivation. Cette étape marquera une première pause dans ce périple. La quête du sens de l’existence dans un monde privé pendant des décennies de liberté et d’expression. Se recueillir est bon pour chacun de nous, je ferai donc une retraite dans un monastère bouddhiste pour découvrir la méditation et gérer les pensées que mon esprit n’arrive plus à trier. Je vais passer deux mois à le questionner et l’ouvrir aux autres ainsi qu’à moi-même.

Extrait de Seper Hero, "Comment la maladie a donné du sens à ma vie" de Marine Barnerias publié chez Flammarion

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