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"Tout ce dont on rêvait" : une chronique  très vraie, et parfois très drôle d'une famille d'aujourd'hui
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"Tout ce dont on rêvait" : une chronique très vraie, et parfois très drôle d'une famille d'aujourd'hui

Marie De Benoist pour Culture Tops

Marie De Benoist est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

 

 

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LIVRE
Tout ce dont on rêvait
de François Roux
Ed. Albin Michel  
326 p.
 
L'AUTEUR
 
Né en 1957, François Roux, réalisateur de films publicitaires, de documentaires et de courts métrages, auteur de  pièces de théâtre, comme Petits meurtres en famille (2006) et La Faim du loup (2010), a connu un vrai succès en 2014 avec son roman Le Bonheur national brut.
 
THEME 
 
A vingt-cinq ans, Justine, déjà déçue par les hommes, aime pourtant faire la fête. Elle rencontre dans une boîte Alex, dont elle tombe immédiatement (trop vite ?) amoureuse. Elle n’en revient pas de l’éloignement tout aussi précipité de ce don juan et se console dans les bras de son frère Nicolas, beaucoup plus délicat, généreux et solide. 
Vingt ans après, on les retrouve mariés et parents de deux enfants, Adèle et Hector. 
Justine mène sa vie familiale et professionnelle avec une certaine distance ; elle cache difficilement une insatisfaction permanente, jusqu’au moment où Nicolas est brutalement licencié. Le couple résistera-t-il à l’horreur du chômage et au retour d’Alex, qui affiche avec insolence son aptitude au bonheur ?
 
POINTS FORTS 
 
• Le lecteur est frappé par la vérité profonde des personnages ancrés dans leur génération : depuis le grand-père soixante-huitard devenu « facho », en passant par Justine et Nicolas revenus de toutes leurs illusions politiques et sociales dans les années 90, jusqu’à Adèle, qui incarne la génération Y, en choisissant d’appartenir à des groupuscules de réflexion et de protestation contre les dérives de la mondialisation.
• Des thèmes connus, comme la vie d’une famille ou les ravages du chômage, mais ils sont renouvelés par la lucidité et la sensibilité du regard porté sur des situations ou des personnages, que nous connaissons tous.
• Des portraits justes et parfois d’une drôlerie irrésistible. L’outplacement est décrit avec une ironie cruelle, à travers ses conseillers aussi ridicules qu’inefficaces …
• Un arrière-plan sociologique et politique toujours intéressant en toile de fond.
• Une très belle fin !
 
POINTS FAIBLES 
 
Je n’en vois pas, sauf peut-être la violence caricaturale de certains moments de folie de Justine ou de Nicolas …
 
EN DEUX MOTS 
 
On retrouve avec bonheur le talent de François Roux, qui sait si bien raconter des drames humains, « où l’intime » prend « une résonance universelle », objectif revendiqué à la fin de son livre précédent. Celui-ci est certes moins ambitieux, mais il propose au lecteur le  récit passionnant des confrontations entre les générations, à travers la chronique très vivante, écrite avec alacrité, d’une famille d’aujourd’hui. Peut-on se libérer du poids des parents ? La solitude et la culpabilité sont-elles inévitables après un licenciement ? Quel rôle jouer dans la société ? Comment résister aux difficultés de la vie conjugale ? Toutes ces questions nous touchent.
 
UN EXTRAIT
 
« Comme la plupart des gens de sa génération - cette génération martyre, comme on la nommait-, elle avait vécu très tôt la douleur d’un monde désenchanté, précaire, malade, violemment exposé au divorce, au chômage, à la débrouille, à l’effondrement de ses valeurs fondamentales, à la montée en puissance de l’argent roi, à la haine de soi et surtout de l’autre. » p.44
 
RECOMMANDATION : EXCELLENT

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