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 (Seuls?) 55% des Français ont encore/toujours peur de Marine Le Pen
©Reuters

Front National

(Seuls?) 55% des Français ont encore/toujours peur de Marine Le Pen

Toujours une majorité absolue de Français estime que Marine Le Pen est une source d'inquiétude, selon un sondage Ifop pour Atlantico. De quoi freiner le Front national au deuxième tour de la présidentielle, dans ce qui s'apparente à un véritable "plafond de verre".

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Cette enquête démontre une grande stabilité de l'image de Marine Le Pen dans l'opinion. A la fois avec ses qualités mais aussi ses faiblesses ou fragilitsé. Une grande stabilité en dépit d'une forte exposition médiatique et d'un changement dans la stratégie de communication et pour autant à quelques points près l'image reste très figée.

Cette image quelle est-elle ? On a toujours des items négatifs très largement partagés par les concitoyens, les 2/3 d'être eux pensent qu'elle est sectaire, cette tendance va en s'accentuant sur la période à quelques points près. Autre élément nouveau que l'on a introduit : l'inquiétude qu'elle génère. 55% de nos concitoyens pensent qu'elle fait peur (au Front National on se rassurera en pensant que 45% pensent le contraire) donc il y a toujours cette majorité absolue pour qui Marine Le Pen est une source d'inquiétude. C'est un élément à intégrer sur la réflexion du plafond de verre en cas de deuxième tour. Autre élément qui va dans ce sens, 60% estiment également qu'elle n'est pas attachée aux valeurs démocratiques. Pas loin de six Français sur dix pour les deux cas. On remarque que c'est aussi le score dont sont crédités Emmanuel Macron ou François Fillon s'ils sont placés face à elle au deuxième tour. Ce n'est donc pas tant l'adhésion à l'une de ces deux personnalités que le rejet ou l'inquiétude que Marine Le Pen génère qui engendrerait ce rapport de force de 60/40.

Tout n'est pas si négatif si l'on prend la dimension de proximité. Sur la question "Elle comprend les problèmes des gens comme vous" elle est à 39% de "oui". Sur celle "Elle a l'étoffe d'un président de la République",  34% des sondés répondent par l'affirmative. A la question "A-t-elle les solutions pour sortir le pays de la crise", elle est à 33%.

Selon la nature des items, vous avez un rapport de force à peu près constant qui se dessine. On a 1/3 des Français qui apprécie Marine Le Pen et qui lui attribue des qualificatifs positifs et 2/3 qui lui reconnaissent des qualificatifs négatifs ou anxiogènes.

C'est cela qui nous permet de lire les intentions de vote du second tour mais aussi du premier tour puisque aujourd'hui à 26/27% d'intentions de vote, on peut considérer qu'elle n'a pas exprimé la totalité de son potentiel puisque l'on voit jusqu'à 30/40% de Français qui estiment qu'elle a "l'étoffe d'un président".

On se rapproche du haut de la fourchette avec 26% sur un potentiel d'image à 35%. En revanche ce potentiel d'image il se retrouve au deuxième tour où c'est le rapport de force qui met Marine Le Pen aux alentours de 40% voir un peu en dessous.

Evidemment ceux qui ont une mauvaise image de Marine Le Pen constituent un verrou assez efficace pour lui barrer la route au second tour. A partir de ce constat on peut dire que l'enjeu pour le Front National se retrouve à deux niveaux.

Le premier niveau c'est de faire en sorte que tous ceux qui ne vous détestent pas et disent que vous n'êtes pas sectaires se mettent à voter pour vous. Le but du FN c'est de faire en sorte que le socle électorat corresponde le plus possible au capital de sympathie qui est plus large que ce socle. C'est déjà une réussite puisqu'en 2012 ils étaient à 18% et se retrouvent à 26% aujourd'hui alors que son image n'a pas progressé.

Cela n'est pas contradictoire, mais veut simplement dire que ceux qui avaient une bonne image d'elle avant, de plus en plus se mettent à voter pour elle.

Le deuxième défi c'est de faire changer l'image en profondeur et justement qu'il n'y ait plus 68% de Français qui considèrent le Front National comme sectaire ou 55% qui pensent que le Front National fasse peur mais de ramener ces chiffres en dessous de la barre des 50%. Ce qui n'est pas une mince affaire au vu des résultats du sondage.

Si on synthétise au fur et à mesure qu'elle a pris de l'audience dans l'opinion il y a plus de gens qui considèrent qu'elle est une menace puisque la perspective de sa victoire devient réelle et en même temps une partie de ceux qui ne votaient pas pour elle se retrouvent au final à voter pour elle. Au total, il y a toujours une majorité absolue de Français qui ont une mauvaise image du Front National. Ce n'est donc pas parce que la dynamique est bonne que le FN a renversé la table.

Autre point intéressant à observer : 41% des électeurs des Républicains pensent qu'elle "comprend les problèmes des gens comme eux",  30% qui considèrent qu'elle a "l'étoffe d'un président de la République" et un quart qui pensent qu'elle "a des solutions pour sortir  le pays de la crise". Là, il y a un potentiel et on comprend mieux pourquoi Marine Le Pen a "droitisé" sa campagne. Elle se dit qu'avec les difficultés d'image de Fillon, il y a moyen de draguer une partie de ses électeurs. C'est là la marge de progression la plus intéressante et la frontière est poreuse.

Est-ce que les choses ont fondamentalement changé ? Selon un sondage de mai 2015 qui posait aussi la question "Comprend-elle les problèmes des gens comme vous", 41% des sympathisants de l'UMP étaient d'accord. Les chiffres n'ont pas changé sur cette question mais sur celle "A-t-elle les moyens pour sortir le pays de la crise" on est passé de 17% à 26% aujourd'hui. Ellepolarise et laisse de moins en moins indifférent l'électorat de droite

 

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