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"Rien ne sera plus jamais comme avant" : les Gilets jaunes ont-ils été les idiots utiles du système ?
©ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Bonnes feuilles

"Rien ne sera plus jamais comme avant" : les Gilets jaunes ont-ils été les idiots utiles du système ?

Didier Maïsto publie "Passager clandestin" aux éditions Au Diable Vauvert. Ce témoignage est d’abord l’histoire d’une prise de conscience politique. C’est surtout un document brûlant, courageux et passionné, riche de révélations édifiantes sur des dossiers et scandales d’actualité. Extrait 1/2.

Didier Maïsto

Didier Maïsto

Didier Maïsto est le président de Fiducial Médias et de Sud Radio.

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Rien ne sera plus comme avant, et cela grâce aux Gilets jaunes. Il n’y a pas de Français de seconde zone, il n’y a que des Français. Les différentes – différentes, vraiment ? – majorités qui se sont succédées depuis trente ans ont légiféré sur des gadgets, par clientélisme et par lâcheté. Pourtant, il suffit de relire l’article Premier de notre Constitution :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » 

Tout ce qu’on ajoute après « Liberté-Égalité-Fraternité » nous affaiblit. 

En légiférant sur tout – et surtout sur n’importe quoi – on a méthodiquement dissout la cohésion nationale et fait le jeu de tous les communautarismes, quels qu’ils soient, religieux, ethniques, sexuels. 

De « minorité visible » en « minorité visible », de lobby en lobby, on a méprisé la majorité invisible et silencieuse, qui vient de faire irruption avec éclat dans le débat public. 

Elle aspire seulement à vivre de son travail, dans un pays qui la respecte, et a de plus en plus de mal à s’en sortir, c’est un euphémisme. 

Non, rien ne sera plus comme avant. 

J’ai été invité hier sur CNews, dans l’émission de Pascal Praud, suite à ma tribune sur les Gilets jaunes. J’ai été insulté, vilipendé, injurié pendant plus d’une heure. Mais j’ai de la ressource et cela ne m’atteint en rien, parce que je ne vis pas du regard que portent les (sempiternels mêmes) commentateurs sur ma personne. Je ne leur en veux pas du tout, c’est en fait leur monde de certitudes qui s’écroule avec eux, leur belle « social-démocratie » triomphante qui a produit la catastrophe dans laquelle nous nous débattons. 

Il ne faut pas perdre de temps avec ces gens-là, ils sont effrayés, car ils savent que le peuple pourrait leur demander des comptes. Il faut choisir la Fraternité pour eux, je ne suis pas certain qu’ils n’entendent rien à ce qui est en train de se produire dans notre pays, seulement ils ne se sont jamais trompés que sur l’essentiel et donc, oui, désormais ils ont peur et deviennent forcément agressifs. 

Si les Gilets jaunes font une liste, ils sont morts. C’est bien sûr ce qu’attend le système politique et vous verrez les éléments de langage qui vont fleurir sur les plateaux, mis en exergue par des journalistes serviles. 

Dans ce cas, les Gilets jaunes auront été « les idiots utiles » dudit système. Mais je ne suis pas leur conseiller et je ne fais pas de politique, du moins au premier degré. Au fond ce n’est pas très grave, car ce n’est pas la crête des vagues que l’on observe, mais une véritable lame de fond. 

Car si les Gilets jaunes s’essoufflent ou si le système politique les récupère, puisque la politique est devenue, dixit un ancien président de la République, « un métier » (le métier de ceux qui n’en ont pas, avais-je écrit un jour), d’autres citoyens prendront le relais, via les réseaux sociaux qui restent, quoi qu’on dise, un espace de liberté. Appelons cela la démocratie participative en temps réel. 

Comme promis, je m’efforcerai de répondre à chacun, je ne pourrai pas le faire aussi vite qu’espéré, mais je le ferai !

Didier Maïsto a publié « Passager clandestin » aux éditions Au Diable Vauvert 

Lien vers la boutique : ICI et ICI

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