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"Qu’on est bien dans les bras d’une personne du sexe opposé" : on n’a plus le droit de chanter ça !
©AFP

Il faut que tout change pour que tout change

"Qu’on est bien dans les bras d’une personne du sexe opposé" : on n’a plus le droit de chanter ça !

C’est certainement offensant pour les minorités LGBT. Emmanuelle Béart s’en est avisée.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Guy Béart était chanteur. Il était aussi un lamentable hétérosexuel. En vertu de quoi, il a fabriqué une fille : Emmanuelle Béart. Pas sûr qu’elle lui en soit reconnaissante.

On connaît sa chanson la plus célèbre : « Qu’on est bien dans les bras  d’une personne du sexe opposé ». Il fut un temps où elle ne posait pas de problème. Un homme avait le droit d’aimer une femme. Et une femme pouvait prendre un homme dans ses bras.

Cette triste et scandaleuse époque est révolue. Emmanuelle Béart est de son temps. Elle vient de sortir un album en modifiant les paroles de la chanson de son père. Et ça donne : « Qu’on est bien dans les bras d’un genre qui vous va ». Et aussi : « qu’on est bien dans les bras d’un genre désiré ». Ca a une autre gueule que de vanter les tristes étreintes entre un homme et une femme.

Sur cette voie progressiste il y a encore du chemin à faire. Le misérable Brassens chantait « quand je pense à Fernande je bande ». Fernande sera remplacée par Fernand qui fera bander encore plus. Et Pénélope la salope « qui se vautrait nue sous le premier venu » sera, elle, interdite.

D’autres possibilités s’offrent également à nous. Nombre d’œuvres littéraires étant désormais dans le domaine public on aura toute liberté pour les changer.

La belle Desdémone deviendra le beau Desdémon. La Juliette de Roméo disparaîtra au bénéfice d’un charmant Julien. La Loreleï d’Apollinaire cèdera la place à un Le Loreleï qui attirera les hommes encore plus. Au lieu d’être amoureux de Mathilde de La Mole, Julien Sorel tombera sous le charme de Thibault de La Mole.

Dans un souci œcuménique, j’ai sélectionné deux chansons qui plairont à tout le monde et auront sans doute l’imprimatur d’Emmanuelle Béart. « Mon petit cul » d’Anne Léonard : c’est ouvert à tous. « Par devant, par derrière » de Marie Josée Neuville : tous les goûts sont respectés. 

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