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"Nous sommes en guerre et il faut rouvrir les écoles". Une étrange déclaration d’un maire macroniste. Et dans cette guerre combien d’enfants doivent mourir ?
©IAN LANGSDON / POOL / AFP

Le 11 mai c’est bientôt

"Nous sommes en guerre et il faut rouvrir les écoles". Une étrange déclaration d’un maire macroniste. Et dans cette guerre combien d’enfants doivent mourir ?

L’élu est prêt à assumer tous les risques. Ceux des autres bien sûr…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il s’appelle Karl Olive. Il est journaliste sportif et maire de Poissy. Il a été élu à cette fonction avec le soutien des voix LREM après avoir démissionné des Républicains car « Laurent Wauquiez n’était pas ma tasse de thé ». C’est dire s’il pense bien. On l’invite souvent à la radio car ses paroles sont de celles qu’on aime entendre.

Il était hier sur Europe 1. Karl Olive se lança dans une rhétorique guerrière inspirée des accents mâles de son chef. « On est en temps de guerre. Et en temps de guerre il faut aller au front, se retrousser les manches. On est là pour servir l’Etat, nous sommes des sentinelles ». Et n’écoutant que son courage il envoya les enfants en première ligne…

Il a continué sur un ton de plus en plus guerrier. « S’il avait fallu encadrer, avoir des certifications, trouver des normes, nous serions encore en train de réfléchir ». Quelle idée en effet de réfléchir : à la guerre comme à la guerre. On a connu des chefs de guerre qui s’appelaient Clémenceau, Churchill, De Gaulle. Karl Olive a choisi Emmanuel Macron. Un chef à son niveau et à sa taille qui n’est pas grande.

Dans une envolée lyrique le maire de Poissy a indiqué que « le président n’a pas parlé avant-hier. Il a parlé le 13 avril en annonçant que le déconfinement démarrerait le 11 mai ». « Il vient prendre la température de ce qui fonctionne. Il va voir la réalité concrète ». Oui le chef arrive et Karl Olive se pâme de bonheur.

Pour prendre la vraie mesure de ces effluves sentimentales il faut se reporter aux louanges que recevait le Génie du Danube (Ceaușescu), le Grand Timonier (Mao) et le Père des peuples (Staline). Habituellement, en présence du chef, les soldats se mettent au garde à vous. Karl Olive, lui, tombe à genoux tellement il est ému.

Le chef est effectivement venu. Il a visité, prenant tous les risques, une école de Poissy : Macron sait choisir les maires qu’il va voir. Quand à Karl Olive il est sans doute heureux d’être à la tête de sa commune. Mais il se dit que ministre ce serait mieux.  

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