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"Nos patriotes" : pour l'homme et le modèle formidable qu'il  constitue
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"Nos patriotes" : pour l'homme et le modèle formidable qu'il constitue

Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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CINEMA

« NOS PATRIOTES » 

DE GABRIEL LE BOMIN 

AVEC MARC ZINGA, ALEXANDRA LAMY, PIERRE DELADONCHAMPS, LOUANE EMERA, ETC…

RECOMMANDATION

BON

THEME

Tiré du livre de Tierno Monémembo, Le Terroriste Noir, lui même inspiré de l’histoire vraie d’Addi Bâ Mamadou, Nos Patriotes retrace le parcours de ce guinéen, qui mourut pour la France, fusillé par les allemands pour ne pas avoir dénoncé les camarades de son réseau de résistance, et ce, malgré d’interminables séances de tortures.

Le film commence quand Addi Bâ (Marc Zinga), né en décembre 1916 à Bomboli en Guinée, engagé en 194O dans les tirailleurs sénégalais, est arrêté par les allemands avec d’autres soldats de son bataillon. On va le voir s’échapper, s’intégrer à la vie d’un village vosgien grâce à la complicité d’une courageuse institutrice (Alexandra Lamy), obtenir des faux papiers,  puis fonder un réseau de résistance avec un camarade (Pierre  Deladonchamps), jusqu’au jour où…

POINTS FORTS

 - L’intérêt  majeur de ce film est de nous faire redécouvrir une des toutes premières figures de ce qu’on n’appelait pas encore la Résistance, mais le Patriotisme, un homme au cran exemplaire, mais qui trouvait, lui, son courage « ordinaire », n’en avait peut-être même pas conscience tant il lui paraissait naturel de ne pas laisser son pays d’adoption se faire écraser par un occupant.

- Un autre point fort de Nos Patriotes est de nous faire revivre, à travers le portrait de cet homme, cette période si trouble et troublée de la Résistance : comment s’organisèrent les premiers réseaux, au prix de quel courage et aussi, de quelle inconscience. Le particulier, pour en arriver au général… le procédé est connu, mais il prouve encore une fois son efficacité.

- Un acteur porte ce film. Il s’appelle Marc Zinga. Dans le rôle, d’Addi Bâ, il est  impeccable de sobriété, de sensualité et de violence, pas toujours rentrées.  

A ses côtés, Pierre Delalonchamps, formidable, lui aussi, de calme et de détermination. Alexandra Lamy  déploie le charme solaire et le sang froid  à toute épreuve que devaient avoir les passeuses, ces indispensables « femmes de l’ombre ». Dans son rôle de postière membre de la Croix Rouge, Louane Emera, qu’on n’avait plus vue au cinéma depuis La Famille Bélier, est ,elle aussi, d’une grande justesse.

POINTS FAIBLES

L’académisme du film, qui rend sa « lecture » moins passionnante qu’elle aurait dû l’être. On regarde Nos Patriotes avec un intérêt qui ne faiblit pas, mais on aurait aimé qu’il nous transporte grâce à un peu plus de surprises formelles et/ou narratives.

EN DEUX MOTS

Porter, pour la première fois au cinéma, l’histoire d’un des grands héros noirs de la Résistance… Gabriel Le Bomin  avait déniché un sujet en or. Surtout pour lui, documentariste passionné par l’histoire des guerres du XXème siècle. Le cinéaste a-t-il été impressionné par la personnalité de son héros ? En tous cas,  il est resté un peu trop près de lui et son film en  souffre, qui au final, manque de souffle. Cela ne signifie pas qu’il faille  bouder Nos Patriotes, car la facture en est honnête, et l’histoire, belle et édifiante. Aller le voir est aussi une façon de rendre hommage à un homme qui aima la France, au point de lui offrir sa vie,pour qu’elle revive, un jour librement.

UN EXTRAIT

 «  On n’avait encore jamais raconté l’histoire d’un noir résistant. Après avoir fait un thriller, j’ai éprouvé l’envie de revenir à un sujet historique. Et dans cette période rebattue de l’Histoire, je recherchais une singularité. Je l’ai trouvée à travers ce personnage » (Gabriel Le Bomin).

LE REALISATEUR

Né en 1968 à Bastia, Gabriel Le Bomin commence sa formation, au début des années 1990, dans  une école de cinéma italienne créée et dirigée par Ermanno Olmi. Il y apprend notamment la technique du documentaire et le néoréalisme.

Il intègre ensuite le service cinématographique des armées où il se passionne pour les archives et l’Histoire des guerres.

Après Le Puits, un court métrage qui sera primé dans de nombreux festivals, il se lance, en 2006, dans le long avec Les Fragments d’Antonin. Ce film, qui traite des blessés  de la première guerre mondiale vaut à son réalisateur une reconnaissance de la profession.

En 2009, c’est Insoupçonnable, un thriller psychologique contemporain. Et en 2014, Mon cher petit village, un téléfilm pour Arte.

Avec Nos Patriotes, son troisième long métrage pour le grand écran, le cinéaste  revient à ses  passions premières, l’Histoire  et la guerre.

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