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Xavier Bertrans et Nicolas Sarkozy.
Xavier Bertrans et Nicolas Sarkozy.
©Reuters

Avec la droite au moins on rigole...

"Nicolas, je veux être président" : dialogue (presque pas) imaginaire

Déjeunant avec l’ex-chef d’État, Xavier Bertrand lui a dévoilé sans ambages ses ambitions. Une belle et virile franchise.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Nicolas Sarkozy regarda sa montre : son ancien ministre était un peu en retard. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre du restaurant. Et il vit s’arrêter une personne casquée qui chevauchait un scooter flambant neuf. L’homme enleva son casque et Sarkozy reconnut le doux visage de Xavier Bertrand. Surpris – on le serait à moins –, l’ancien président apostropha son ex-ministre. « Mais qu’est-ce qui t’arrive, Xavier ? T’as cassé ta bagnole ? »

« Mais non, pauvre tache ! » rétorqua Bertrand. « Tu ne sais pas que le scooter c’est tendance, très tendance, mode et tout et tout ? » Et il entreprit de montrer à Sarkozy sa nouvelle acquisition. « Regarde la bête. Un bijou ! Une Piaggio X10350. 8 000 euros avec les accessoires ! » Sarkozy, intéressé, examina la bête et la trouva très bling-bling, ce qui provoqua chez lui une subite montée d’adrénaline. « C’est vraiment un amour d’engin », s’écria-t-il. « Et même un engin d’amour », renchérit Bertrand. Les deux hommes échangèrent alors des sourires égrillards et complices.

Puis ils passèrent à table. Et là, stimulés par force apéritifs, ils se livrèrent à de savantes considérations sur les mérites supposés des volcaniques Valérie et Julie. Laquelle était peut-être meilleure au... Laquelle faisait le mieux... Et tout ça en des termes très crus et passablement vulgaires. Car à l’UMP on est comme ça. Des hommes. Des vrais. Pas comme les couilles molles du PS.

Ensuite on aborda les choses sérieuses. « Tu as demandé à me voir, Xavier » « Oui, Nicolas. » « Et pourquoi ? » « Parce que je tenais à te dire que je veux être président. » Nicolas Sarkozy faillit tomber de sa chaise. « Quoi, comment ? J’ai mal entendu ? » « Tu as très bien entendu, Nicolas », rétorqua Xavier Bertrand. Confronté à cette invraisemblable et stupéfiante prétention, l’ancien président essaya de temporiser. Il ne voulait pas faire de Xavier Bertrand un nouvel ennemi car il en avait déjà beaucoup.

« Mais Xavier, je te promets que tu seras ministre. Et – pourquoi pas – Premier ministre », déclara Sarkozy avec un regard mielleux. Bertrand prit son air buté. « Non. Je ne veux pas être ton ministre ni même ton Premier ministre, je veux être président. Na ! » Sarkozy trouva une porte de sortie. « Il faut que j’appelle Carla. Tu sais que je ne décide jamais rien sans la consulter. » Et il alla s’isoler avec son portable.

« Allô, Carlita, c’est moi. » « Oui, mon Nico chéri, ça va ? » « Non. » Légitimement inquiète, l’épouse de l’ancien président s’enquit des malheurs qui s’étaient abattus sur l’homme qu'elle aimait. « Écoute, Carlita, je déjeune actuellement avec Xavier Bertrand. » « Et qui c’est, celui-là ? » « Essaie de t’en souvenir. Il a été mon ministre. » « Ah oui, le blondinet du genre un peu épais ? » « Oui. » « Et alors ? » Et Nicolas Sarkozy confia à son épouse que Xavier Bertrand lui avait fait part de sa volonté d’être président.

Le rire strident de Carla Bruni fit exploser quelques verres en cristal qui se trouvaient dans la demeure du couple Sarkozy. « Ah ah ah ! C’est la meilleure de l’année. Eh bien, tu l’envoies paître. Qu’il aille jouer dans la cour des petits avec ces connards de Fillon et de Copé. » Nicolas Sarkozy lui fit remarquer qu’il ne pouvait pas se permettre de dresser Bertrand contre lui. Carla étouffa sagement son rire compulsif. « Bon. Dis-lui qu’il sera président. Il est assez bon pour être président d’un comice agricole, président du comité des fêtes de son bled pourri, président d’un club de boules. Mais tu ne rentres pas dans ces détails. Tu lui dis seulement “président”. »

De retour à table, Sarkozy regarda Bertrand avec le sourire soumis de la femme qui s’offre à son vainqueur. « Tu seras président ! » Xavier Bertrand, au comble de la félicité, se jeta dans les bras de Nicolas Sarkozy. Et deux larmes de reconnaissance coulèrent sur ses joues de bébé. Comme ivre, ne sachant pas vraiment où il habitait, Bertrand bondit sur son scooter. Et en zigzaguant dangereusement, il l'arrêta devant le 20, rue du Cirque. Puis, subitement dégrisé, il se rendit compte que ce n’était pas lui qui avait la clé...

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

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