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"Marlène" - Une furieuse violence universelle: pitié !
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"Marlène" - Une furieuse violence universelle: pitié !

Philippe Djian est incontestablement un écrivain intéressant et qui compte. Mais lorsqu'il se met à se caricaturer lui-même, comme il le fait dans son dernier roman, "Marlène", où tout est violence, la tentation est forte de décrocher...

Christine Geliot-Lallour pour Culture-Tops

est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.

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Christine Geliot-Lallour est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Show.

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LIVRE

Marlène

de  Philippe Djian

Ed. Gallimard


RECOMMANDATION

A LA RIGUEUR

THEME

Dan et Richard, vétérans des forces françaises au Yemen, en Irak ou en Afghanistan
sont retraités de l’armée après de douloureux faits d’arme vécus ensemble, et vivent dans
une ville de garnison. Ils ont formé une sorte de famille composée de Richard, de sa femme
Nath, de leur fille Mona et de Dan. 

Le comportement de Mona et l’arrivée de la soeur de Nath, Marlène, vont perturber jusqu’à l’extrême l’équilibre précaire conquis par cette
famille. 

L’action dure deux mois, à peine le temps que commence à s’arrondir le ventre de Marlène.

POINTS FORTS

1) Cette ville de garnison, un univers clos, original et vaguement inquiétant.

2) Le modus vivendi de chacun : Dan travaille dans un bowling et, reliquat obsessionnel des
souffrances vécues, se lave les mains 25 fois par jour ; Nath mène courageusement son
cabinet de toilettage de chien ; Richard n’a pas retrouvé d’activité, il est régulièrement
envoyé sous les verrous pour des faits de violence ; Mona poursuit ses rêves d’adolescente:
aimer Dan sans y être sollicitée et rejeter ses parents mobilisent son énergie au détriment
de tout autre projet; Marlène, enceinte et abandonnée, vient chercher refuge auprès de sa
soeur perdue de vue depuis des années; elle se met au travail avec elle et cherche à trouver
sa place au sein de la « famille »

3) Les caractères sont bien campés, les sentiments aussi : glauques à souhait et témoignant
parfois d’un don de soi hallucinant. Dans l’amitié, par exemple, quand Dan remplace, au péril de sa vie, Richard dans une affaire louche et terriblement dangereuse à laquelle d’ailleurs le lecteur est invité à ne rien comprendre. 

Dans l’horrible gâchis qui conclut cette histoire, il semble que ce ne soit pas les protagonistes anciens combattants et psychologiquement
blessés qui portent la plus belle part, mais plutôt leurs femmes, celles qu’ils ont choisies, celles qu’ils ont engendrées.

4) Après une première partie d’un flou recherché, la conduite du récit est bien menée et le
lecteur est saisi par l’angoisse qui colle à cette histoire. C’est un drame qui pose question.

POINTS FAIBLES

1) Le flou du début. Le lecteur est invité à suivre sur des chemins inconnus des personnages
qui ne lui ont pas été présentés. Il faut beaucoup revenir en arrière pour comprendre qui est
qui, qui fait quoi, qui pense comment, où l’on va, de qui, de quoi l’on parle. Je ne vois pas
l’intérêt de noyer ainsi le lecteur, qui surnage grâce à la quatrième de couverture !

2) L’écriture de ce roman-ci se caractérise par une coquetterie de style omniprésente : une
orgie de points à la ligne qui peuvent vous amener de n’importe où à n’importe où : apporter tout simplement la suite de la phrase, passer du
coq à l’âne, remplacer les tirets en cas de dialogue ou de monologue, cadrer en dix mots
froids l’assassinat (totalement imprévisible) du personnage central et passer à autre chose.

EN DEUX MOTS

Ce livre m’a frappé par la violence qui s’en dégage.

Violence contenue des sentiments, violence des souvenirs, violence des situations : le bonheur, à portée de main, est rejeté,
tout simplement, sans raison.

Et puis violence de l’écriture, violence faite au lecteur.

Tout est violence. 

Je n’ai trouvé aucun plaisir à cette lecture mais je ne l’oublierai pas. Les fans de Djian se reconnaitront dans son univers pessimiste, animé donc d’une furieuse violence universelle.

UN EXTRAIT

« T’as rien à me dire espèce d’enculé, insistait Richard quand la porte donnant sur le jardin
faillit s’envoler de ses gonds sous l’irruption de deux énergumènes qui dans un même élan
s’élancèrent sur lui et le plaquèrent au sol tandis que Dan se levait en renversant sa chaise et
sautait dans la mêlée afin d’immobiliser Richard qui braillait et se débattait comme un beau
diable »

L’AUTEUR

Philippe Djian est  un "monument" de la littérature contemporaine française. Il a
écrit de nombreux romans dont un bon nombre ont été primés. Cinq de ses romans ont été
portés à l’écran, dont « 37, 2 le matin » et « Elle » qui furent de très grands succès. 

Il est également parolier pour la chanson, scénariste, traducteur, auteur de théâtre et de nouvelles.

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