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#LeGrandDébat : R.A.S hormis un Poutou clownesque et surtout une Le Pen qui montre durement ses limites
©AFP

Adieu veaux, vaches, cochons

#LeGrandDébat : R.A.S hormis un Poutou clownesque et surtout une Le Pen qui montre durement ses limites

Onze candidats en plateau avec un temps de parole égal pour chacun et vous obtenez un débat qui dure quatre heures au lieu de trois, dont les temps forts sont entrecoupés de tirades interminables des candidats qui accusent un retard "pour respecter l'égalité".

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Onze candidats en plateau  avec un  temps de parole égal pour chacun et vous obtenez un débat qui dure quatre heures au lieu de trois, dont les temps forts sont entrecoupés de tirades interminables des candidats qui accusent un retard "pour respecter l'égalité".

Ce chronomètre électoral est précieux pour les "petits" candidats qui trouvent là l'occasion d'exposer leur programme et leurs revendications,(- les deux allant souvent de pair),mais aussi pour en rajouter, à l'instar de Philippe Poutou, le candidat du NPA (nouveau parti anti capitaliste) qui vient débattre en tee shirt, refuse de poser avec les autres candidats  pour "la photo de famille", à l'inverse de la candidate de Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud avec qui il partage l'étroit créneau du trotskisme et le refus d'entrer dans le débat institutionnel français (" je me moque du numéro de la constitution" a déclaré la candidate de Lutte Ouvrière ). Mais Poutou, Arthaud, Cheminade, Mélenchon et Hamon, voire Asselineau ont des ennemis communs, l'Union Européenne pour les uns et la Finance Internationale, responsable de tous les maux de l'humanité à leurs yeux, à commencer par celui  de  la mondialisation. Ce sont les thèmes favoris de Marine Le Pen qui veut  s'en arroger le monopole et s'en voit ainsi privée. S' ajoutent  les attaques sans ménagement sur son refus de déférer à la convocation des juges, -"Quand on est convoqué par la police, on n'a pas d'immunité ouvrière", lui a lancé Philippe Poutou, et une reprise de volée de Jean Luc Mélenchon sur sa volonté d'inscrire l'installation de crèches dans les municipalités : " Foutez nous la paix avec vos histoires de religion, 60% des Français n'en ont pas ", cela donne une candidate qui perd de sa superbe et dont les attaques sur le favoritisme dont bénéficierait Emmanuel Macron dans les média, tombent à plat.

La candidate du Front National est d'ailleurs distancée dans les sondages post débat par Jean Luc Mélenchon, toujours un brin professoral, qui creuse son sillon de candidat pour une sixième République (en tête dans le sondage Elabe, et celui d' Opinion Way), Emmanuel Macron, et François Fillon. Le candidat LR , sous le feu de toutes les critiques a perdu son calme légendaire quand Philippe Poutou l'a accusé de se servir dans les caisses publiques :" je vais vous foutre un procès", lui -a-t-il lancé, mais il s'est rattrapé en usant de l'anaphore (-méthode qui produit toujours son petit effet), lorsqu'il a donné sa définition du président exemplaire : un Président exemplaire c'est un Président qui met en oeuvre les engagements pris devant le peuple quelles que soient les difficultés ,un président qui respecte son premier ministre ( aïe ! les souffrances passées subies à Matignon ) et son gouvernement et qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense". François Fillon et Emmanuel Macron étaient tous les deux sous le feu des attaques pour leur volonté de supprimer des postes dans la fonction publique ... L'occasion pour Benoit Hamon de rebondir avec une sortie  manifestement bien préparée :"quand il y a eu la crise financière , ce sont les fonctionnaires qui ont tenu le pays... les services publics sont à l'os" et cette réplique de François Fillon : "la fonction publique ,vous l'aimez tellement que vous  allez provoquer la ruine de notre pays ". Le candidat socialiste s'est également montré offensif à l'égard de Marine Le Pen à propos de la lutte contre l'islamisme " Daech, ça vous arrange et ça vous fait prospérer". Il s'est, contrairement à d'autres occasions gardé d'attaquer Emmanuel Macron. Le candidat d'En Marche avait surtout pour objectif de préserver son capital élevé d'intentions de vote, arrive derrière Jean Luc Mélenchon dans le sondage Elabe sur le candidat le plus convaincant. Il est en tête pour les qualités d'un "bon président". Son problème aujourd'hui est transformer les intentions en votes définitifs. Une attaque comme "vous, vous êtes toujours d'accord avec tout le monde !", lancée par François Asselineau n'atteint pas crédibilité. Le candidat du Frexit suscite une certaine perplexité avec sa lecture d'articles de la constitution ou le brandissement de documents de Bruxelles comme pièces à conviction pour convaincre que la France doit quitter l'Union Européenne. Quant à Jacques Cheminade, candidat " en colère  qui veut retrouver les jours heureux de la Libération", il a davantage meublé qu'argumenté. Nicolas Dupont-Aignan, lui aussi anti-européen qui frôle les 5% d'intentions de vote dans les sondages, il cherche à séduire les électeurs de François Fillon à qui il reproche la signature de traités internationaux et  ceux de Marine Le Pen. Evincé du premier débat entre les "grands candidats", il  est un grand défenseur de l'organisation d'un deuxième grand débat entre tous les candidats le 20 avril prochain sur le service public .Pas sur que sa force de conviction suffise car la proximité de la date du premier tour  et la réticence de ses concurrents risque d'être plus forte que la force de conviction du député maire d'Yerres .

 

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