"Lectures d'été" : "Là où chantent les écrevisses", une enquête policière envoûtante à lire absolument. | Atlantico.fr
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"Lectures d'été" : "Là où chantent les écrevisses", une enquête policière envoûtante à lire absolument.
©Capture d'écran Iceland

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"Lectures d'été" : "Là où chantent les écrevisses", une enquête policière envoûtante à lire absolument.

Retrouvez les "lectures d'été" de Culture-Tops, les meilleures chroniques essais, romans et bandes dessinées des 10 derniers mois. Aujourd'hui, "Là où chantent les écrevisses" de Delia Owens.

Didier Cossart pour Culture Tops

Didier Cossart est chroniqueur pour Culture Tops

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Là où chantent les écrevisses
De Delia Owens
Editions du Seuil traduction de l’anglais (Etats-Unis) de Marc Amfreville 477 p. 21,50 €

Recommandation

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Thème

Cachée dans un marais de Caroline du Nord, vivant dans une cabane délabrée, Kya est une petite fille abandonnée de tous qui survivra grâce à son intelligence et aux ressources naturelles de ce marais qui deviendra sa seule famille. Enfant sauvage, elle évite les habitants de la ville sauf un vieux noir bienveillant et un jeune garçon qui lui apprendra à lire mais qui, lui aussi, l'abandonnera. Grandissant au milieu des oiseaux, elle deviendra belle et mystérieuse, se méfiant de tous les hommes mais pas suffisamment du beau Chase qui la courtisera et que l’on retrouvera mort sur une plage, bizarrement tombé du haut d’une tour de guet. Naturellement les hommes de la ville accuseront Kya, la “fille des marais”, trop solitaire et trop différente pour pouvoir être innocente de ce possible meurtre.

Points forts

L’extrait ci-dessous montre une belle écriture qui berce le lecteur dans une douce mélancolie.

L'exubérance et la richesse de la faune et de la flore dans les marais sont merveilleusement décrites par l’auteur qui met brillamment en scène ses connaissances en zoologie et en biologie pour nous initier aux mystères de la nature, avec des mots et des phrases aussi beaux que la plume du sourcil d’un grand héron bleu, l’un des personnage de ce roman.   

Parallèlement à ce voyage initiatique dans le marais, l’auteur nous tient en haleine en nous contant l'enquête liée à la mort du beau Chase. Elle nous décrit efficacement comment les préjugés de races et de castes peuvent influencer le jugement des hommes, comment un témoignage peut être différemment interprété selon l’état d’esprit des protagonistes. 

Points faibles

Sans doute il y en a quelques uns, mais aucun qui diminue le plaisir et le rythme de la lecture.

En deux mots ...

En plus de l’angoisse liée à l’enquête policière, vous apprendrez que les lucioles peuvent émettre des signaux différents selon qu’elles cherchent à attirer un mâle pour s’accoupler ou un autre insecte pour le dévorer. De même, le chant des crapauds présente une source d’inspiration inégalable sur le comportement humain ou comment un vilain petit crapaud peut tenter sa chance avec une belle crapaudine.

Un extrait

“Kya se leva et alla se promener dans la nuit, sous la lumière opaline d’une lune à son troisième quartier. L’air doux du marais enveloppait ses épaules d’un châle de soie. Les rayons lui montrèrent un chemin inattendu entre les pins, où les ombres se dédoublaient comme les vers d’un poème. Elle marchait telle une somnambule tandis que la lune émergeait nue de l’eau et escaladait les chênes de branche en branche. L’épaisse boue de la lagune était baignée de lumière, et des centaines de lucioles constellaient les bois. Vêtue d’une robe blanche de seconde main à la jupe bouffante, elle agita lentement les bras, et se mit à valser au chant des sauterelles et des grenouilles-léopards.” (p.209)

L'auteur

Delia Owens aura attendu 71 ans, elle est née en 1949 en Georgie aux Etats-Unis, pour écrire ce premier roman, qui a immédiatement connu un énorme succès aux Etats-Unis. Mais comme universitaire spécialisée en zoologie et en botanique  elle n’a sans doute pas attendu si longtemps pour bien savoir écrire sauf que dans ce premier roman elle marie merveilleusement la connaissance scientifique avec l’imagination du romancier.

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