"Jamais je ne changerai, même si les portes du Paradis s’ouvrent en grand devant moi..." : Carl Panzram, l’un des plus terrifiants (et méconnus) serial killers | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Faits divers
"Jamais je ne changerai, même si les portes du Paradis s’ouvrent en grand devant moi..." : Carl Panzram, l’un des plus terrifiants (et méconnus) serial killers
©Flickr / Megan Tedrow

Bonnes feuilles

"Jamais je ne changerai, même si les portes du Paradis s’ouvrent en grand devant moi..." : Carl Panzram, l’un des plus terrifiants (et méconnus) serial killers

"Moi, serial killer" réunit pour la première fois en un volume des confessions, des textes autobiographiques, des nouvelles, des dessins, des peintures, inédits ou rares, de tueurs en série, de meurtriers de masse et autres criminels, qu’ils soient français ou étrangers. Ces récits sont rassemblés, traduits, préfacés et commentés par Stéphane Bourgoin. Extrait de "Moi, serial killer", de Stéphane Bourgoin aux éditions Grasset (1/2).

Stéphane Bourgoin

Stéphane Bourgoin

Stéphane Bourgoin est un écrivain spécialisé dans la criminologie et l'étude des tueurs en série. 

Voir la bio »

« Jamais je ne changerai, même si les portes du Paradis s’ouvrent en grand devant moi et qu’on m’offre un million de dollars. Je n’ai aucune envie de faire le bien ou d’être bon. » Ces phrases résument à merveille l’existence de Carl Panzram, l’un des plus terrifiants serial killers et l’un des plus méconnus, même si James Woods l’incarne au cinéma dans Killer : A Journal of Murder (1995), un film médiocre de Tim Metcalfe, sans oublier le docu-drama de John Borowski Carl Panzram : The Spirit of Hatred and Vengeance (2011).

Il est aussi le premier tueur en série à avoir écrit son autobiographie dans le couloir de la mort entre 1929 et 1930. Elle sera publiée en 1970, encadrée par des textes de Thomas E.  Gaddis et James O. Long, qui supervisent l’incarcération de Panzram à la prison de Leavenworth. Le nom du tueur en série ne figure même pas comme « coauteur » lors de la publication de l’ouvrage par The MacMillan Company. Voici comment le condamné # 31614 se présente dans le prologue de ses mémoires : « J’ai commencé à faire de la taule à l’âge de 11 ans, et je n’ai pratiquement plus fait que ça pendant le reste de mon existence. Je ne suis jamais resté très longtemps en liberté.

« Ce que vous avez fait et que vous m’avez infligé, vous le faites aussi subir aux autres. Ce que je vous ai fait, d’autres le font aussi. C’est un cercle sans fin.

« J’ai agi comme on m’a appris à le faire. Je ne suis pas différent des autres. Vous m’avez enseigné les ficelles de l’existence, et j’ai suivi vos préceptes. Si vous continuez à le faire, il vous faudra en payer le prix, et ce prix est très coûteux. Vous perdrez tout, même votre vie.

« Maintenant, vous qui ne connaissez ni moi ni mes désirs, vous décidez sans me consulter d’aucune manière ; vous remettez en cause le jugement d’une Cour légalement constituée et la légitime condamnation qui m’a été infligée. Pour vous remercier de tous vos efforts, je n’ai qu’un unique souhait, c’est que vous ayez tous un seul cou sur lequel je pourrais poser mes mains.

« Je n’ai aucune envie de changer. Mon seul désir est de réformer ceux qui tentent de me changer. Et je crois que l’unique manière de réformer des personnes, c’est de les tuer.

« À n’importe quel moment, je peux être transféré vers un autre pénitencier, un asile psychiatrique ou un couloir de la mort, et ça m’est complètement égal. Ils ne me garderont pas longtemps car aucun pouvoir sur cette terre ne pourra me garder vivant et emprisonné pour une longue période encore. J’ai juste envie de finir mes mémoires pour donner ma vision des choses, même s’il ne s’agit que d’un seul lecteur. Mais un seul homme ou des millions, peu importe à mes yeux. Quand j’aurai fini, eh bien, ce sera la fin et rien d’autre n’importe à mes yeux.

« Durant mon existence, j’ai tué vingt et une personnes, j’ai commis des milliers de cambriolages, vols ou actes de pyromanie, et j’ai aussi sodomisé plus d’un millier d’hommes. Et je n’en ai pas le moindre remords. Je n’ai pas de conscience et ça ne me trouble pas le moins du monde. Je ne crois pas en l’humanité, ni à Dieu ou au Diable. Je hais viscéralement cette putain de race humaine, y compris moi-même. « Si vous prenez la peine d’examiner en détail tous mes crimes, vous vous rendrez compte que j’ai toujours suivi un seul et unique précepte dans l’existence. De m’attaquer aux plus faibles, aux plus vulnérables et à ceux qui n’étaient pas sur leurs gardes. « C’est ce qu’on m’a appris : la puissance fait Loi. Carl Panzram Matricule 31614 ».

Extrait de "Moi, serial killer", de Stéphane Bourgoin aux éditions Grasset

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !