"Caro / Jeunet" - Quand l'expo elle-même est une création : un régal | Atlantico.fr
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"Caro / Jeunet" - Quand l'expo elle-même est une création : un régal
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"Caro / Jeunet" - Quand l'expo elle-même est une création : un régal

Philippe Jousserand pour Culture-Tops

Philippe Jousserand pour Culture-Tops

Est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.
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EXPOSITION

Caro/Jeunet

INFOS & RÉSERVATIONS

La Halle Saint Pierre

2, rue Ronsard

75018 Paris

Tél. : 01 42 58 72 89

Lundi au vendredi de 11h à 18h

Samedi de 11h à 19h / dimanche de 12h à 18h

Jusqu’au 31 juillet 2018

http://www.hallesaintpierre.org

RECOMMANDATION

         EN PRIORITE

THÈME                         

La Halle Saint Pierre, centre culturel de l’art brut et de l’art singulier, située à Paris, au pied de la butte Montmartre, consacre une exposition au cinéma inventif et novateur de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet.

POINTS FORTS

1) Loin, très loin d’un cinéma standardisé, les deux réalisateurs souvent associés, Caro et Jeunet, attachent une importance prépondérante au visuel. Dans leurs films, ils aiment inventer des univers complets et cohérents. Ils se focalisent sur des objets banals, que nous utilisons tous, et en inventent d’autres de toutes pièces. Avec gourmandise, ils filment des acteurs qui ont une gueule : Jean-Claude Dreyfus, Dominique Pinon (un fidèle), Daniel Emilfork… Et même Audrey Tautou (« Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain », "Un long dimanche de fiançailles") entre dans cette catégorie avec son visage au modelé délicat, comme dessiné par Walt Disney. Leur consacrer une exposition (une initiative de Martine Lusardy, la directrice du lieu) est donc à la fois une évidence et d’une belle audace.

2) Dans une ambiance assez sombre, propice au rêve et à la magie, la surface d’exposition forme un grand cercle découpé en autant de quartiers que de films. La déambulation est facile et la visite particulièrement fluide.

3) Quelle richesse ! Quelle variété dans les objets exposés ! Des claps, des affiches, des études et des maquettes de décors, des extraits de story-board, des photos de tournage, des costumes et des croquis, des accessoires, beaucoup d’accessoires (ici le nain de jardin le plus célèbre au monde, celui d’Amélie Poulain, là l’enseigne de « Delicatessen », un petit cochon de profil, ici encore le cerveau maintenu en activité dans un aquarium extrait de « La Cité des enfants perdus », plus loin l’Alien de l’opus 4 de la franchise…).

Deux yeux n’y suffisant pas, le mieux est de prendre son temps. Même des Emboîtements de Charles Matton, ces constructions miniatures de lieux, que collectionne amoureusement  Jean-Pierre Jeunet, sont présentés.

4) À côté de tous ces objets (pour certains exposés sans vitrine), des écrans vidéo diffusent des extraits des films où ils apparaissent. Ainsi, comme dans « La Rose pourpre du Caire » de Woody Allen, la fiction semble sortir de l’écran et s’incarner devant le visiteur. Fascinant. Dans une petite salle à part sont aussi projetés des extraits du making of de ces films. Très instructif.

5) S’il reste quelques forces aux visiteurs, ils peuvent aller voir ensuite dans cette même Halle Saint Pierre une autre exposition, intitulée « Turbulences dans les Balkans ». Mais tous auront plaisir, en sortant, à pousser à quelques centaines de mètres, jusqu’au square Louise-Michel, où fut tournée une scène-clé du « Fabuleux Destin d’Amélie Poulain » réunissant Audrey Tautou et Mathieu Kassovitz. Encore une image forte de cinéma, mais cette fois hors les murs !

POINTS FAIBLES

Est-ce un jeu ? Il faut souvent chercher les cartels, ces petits écriteaux où sont légendés les objets exposés, et quand on les trouve, encore faut-il s’accroupir ou se tordre la tête pour les lire. Des efforts désagréables.

EN DEUX MOTS

À la fois cabinet de curiosités merveilleux et grenier fantastique, la luxuriante exposition « Caro/Jeunet » réunit des objets emblématiques de leur œuvre et donne l’envie furieuse de se précipiter pour revoir en DVD tous leurs films, si personnels, si riches en images inoubliables.

UN EXTRAIT

Jean-Pierre Jeunet : « Souvent les expos de cinéma présentent surtout de l’écrit… La nôtre est entièrement visuelle. »

LES AUTEURS

Marc Caro commence comme auteur de bandes dessinées et comme musicien électronique. Il réalise des courts-métrages, des clips, des documentaires et le film « Dante 01 » avec Lambert Wilson, en 2008. Il signe des affiches, des musiques et des décors pour les chorégraphes Régine Chopinot et Philippe Decouflé. Il est aussi directeur artistique de nombreux films.

Autodidacte, Jean-Pierre Jeunet est réalisateur et scénariste. Il pratique un cinéma d’auteur dont la particularité est de rallier tous les publics. On lui doit « Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain », « Un long dimanche de fiançailles », « Alien, la résurrection », « Micmacs à tire-larigot » et « L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet ».

Ensemble, ils ont cosigné des courts-métrages, « L’Evasion », « Le Bunker de la dernière rafale »…; des clips, « La Fille aux bas nylon » pour Julien Clerc, « Zoolook » pour Jean-Michel Jarre; et deux films très importants, « Delicatessen » et « La Cité des enfants perdus ».

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