"Bourlinguer", de Blaise Cendrars : un grand acteur au service d'un grand texte | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Culture
"Bourlinguer" de Blaise Cendrars. Mise en scène Darius Peyamiras, avec Jean-Quentin Châtelain.
"Bourlinguer" de Blaise Cendrars. Mise en scène Darius Peyamiras, avec Jean-Quentin Châtelain.
©

Atlanti-culture

"Bourlinguer", de Blaise Cendrars : un grand acteur au service d'un grand texte

Jean-Quentin Châtelain est formidable dans l'adaptation pour la scène d'un texte tragique et étincelant de Blaise Cendrars, "Bourlinguer".

Catherine Bonte de Cuniac pour Culture-Tops

Catherine Bonte de Cuniac pour Culture-Tops

Catherine Bonte de Cuniac est chroniqueuse pour le site Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

Voir la bio »

L’auteur

Blaise Cendrars, de son vrai nom Frederic Louis Sauser, écrivain et poète d’origine Suisse, né en 1887, fut un itinérant, comme son père : une enfance à Naples, puis il est envoyé en Russie, il part pour New-York, s’engage dans la Légion Etrangère durant la guerre de 14/18. Naturalisé français, il repart au Brésil, pour revenir à Paris et se fixer à Aix-en-Provence. Sa vie mouvementée sera en quelque sorte le ferment de son oeuvre littéraire. C’est un découvreur, un voyeur qui se laisse "imprimer", et peint avec ses mots. Son pseudonyme, Blaise Cendrars, fait allusion aux braises et aux cendres permettant la renaissance cyclique du phénix. Ses oeuvres les plus connues : L’or, la Main coupée, L’Homme foudroyé, Bourlinguer, Le Lotissement du Ciel. En 2013, ses ouvrages autobiographiques ont été éditées dans la bibliothèque de la Pléiade.

Thème

Bourlinguer est un recueil de onze récits, écrit à l’âge de 61 ans. Chacun d'entre eux porte le nom d’un port : Venise, Naples, La Corogne, Bordeaux, Brest, Toulon, Anvers, Gênes, Rotterdam, Hambourg, Paris Port-de-mer. "Gênes", où Cendrars propose un récit mythique de son enfance Napolitaine, marque le sommet du recueil. "Il entreprend un voyage dans le temps, jusque dans le jardin de son enfance, le paradis des amours enfantines. Un voyage intérieur à la recherche du sens de la vie.. "

C’est celui-ci que Darius Peyamiras met parfaitement et sobrement en scène, servi par une formidable interprétation de Jean Quentin Châtelain.

Les points forts

- Jean Quentin Châtelain est un interprète hors norme, rompu à l’art des monologues, exercice périlleux, acrobatique comme il se plait à dire. C’est un jeu complètement intériorisé, qui vous aspire. Vous vous trouvez captif de cette voix rocailleuse, éructant, vociférant, crachant ou modulant ce texte magnifique. La mise en scène épurée de Darius Peymiras met en valeur avec sobriété et force la communion totale de l’acteur avec ce texte qu’il a fait sien. Silhouette sculpturale, massive, ancrée au centre d’un cercle, pieds nus, les yeux aux ciels, Jean Quentin est habité : il vit ce texte, il le fait sien, il est sous hypnose, comme en communication directe avec ce voyage dans le passé qu’il nous lance à la figure. Images, révoltes, odeur, traumatisme mais aussi poésie infinie. Il en fait un texte euphorique.

- Ce lieu insolite qu’est le Théatre du Grand Parquet, entouré des bruits de la ville, donne encore plus de force et de modernité à ce texte qui attaque les promoteurs, les chasseurs, le nucléaire mais qui fait aussi l’apologie de la beauté de la nature, évoque merveilleusement la rade de Naples et la violence du Vésuve. L’éveil des sentiments, les premiers émois et les premières douleurs. C’est tragique et étincelant.

- Cette écriture inventive, musicale, éclatante, "écrite en spirale" qui envoute et impressionne, est renforcée par la diction de Jean Quentin qui ne vous laisse aucun répit, vous êtes en apnée. transporté dans le jardin du tombeau de Virgile, enivré par les odeurs évoquées, charmé, révolté…C’est étincelant et tragique.

Points faibles

Sans relâche, Châtelain nous tient, on est subjugué. On aurait peut être aimé un moment de répit pour reprendre haleine, mais ce n’est pas le sujet, nous devons être « Bourlinguer ».

En deux mots...

Un texte flamboyant, terriblement imagé, d’une poésie et d’une intensité bouleversante servi par un comédien formidable, un Vésuve à lui tout seul !

Une phrase

Qui seront trois :

- « C’est peut être de la pure poésie que de se laisser imprimer.»

- « Le comble, je suis devenu écrivain, car écrire c’est peut être abdiquer. » *

- « les escargots …. comme des pénitents, chaque bestiole dans sa cagoule et chacun portant en guise de cierge allumé ses yeux montés sur tentacules et qui se télescopent si drôlement et sont tactiles. »

Recommandation

En prioritéEn priorité

Tweet Culture-Tops

Chatelain, Cendrars : un grand acteur auservice d'un grand texte.

Suivre @culturetops sur Twitter

Infos et réservation :

"Bourlinguer" de Blaise Cendrars. Mise en scène Darius Peyamiras, avec Jean-Quentin Châtelain.

Au théâtre du Grand Parquet, 35, rue d’Aubervilliers, 75018 Paris.

Réservation : www.legrandparquet.net ou [email protected] ou 01 40 05 01 50.

ATTENTION : dernière représentation dimanche 31 mai.

POUR DECOUVRIR CULTURE-TOPS, CLIQUEZ ICI : des dizaines et des dizaines de critiques sur chaque secteur de l'actualité culturelle

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !