La merveilleuse histoire d'un panneau arraché par l'ouragan Sandy | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Insolite
La merveilleuse histoire d'un panneau arraché par l'ouragan Sandy
©JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L'Odyssée

La merveilleuse histoire d'un panneau arraché par l'ouragan Sandy

C'est presque une histoire de bouteille à la mer. Et un excellent cours d'océanographie.

Tout commence en 2012 à Brielle, une petite commune du New Jersey située à une cinquantaine de kilomètres au sud de New York. Cette année-là, un violent ouragan tropical est remonté bien plus haut qu'habituellement lors du mois d'octobre et est allé ébranler la Grande Pomme, provoquant de très importants dégâts. Inondations et destructions, principalement. Et, à Brielle, un panneau d'agence immobilière a été arraché.

Ce petit panneau était pourtant solidement planté sur "Promenade de la Crête aux Cèdres" (Cedarcrest Drive) devant une petite lagune nommée la "rivière de Debbie" (Debbie's Creek). Romantique, n'est-ce pas ? Mais la tempête vint tout gâcher et balaya la jolie retraite du petit panneau d'agence. Le panneau fut emporté par les vents. Et ce qui n'aurait pas du être oublié, fut perdu.

Et ce jusqu'au 14 mai 2018. Mais pas dans le New Jersey. Sur nos côtes françaises, s'il vous plait. A 5785 km de la ville de Brielle, sur la Plage du Pin sec, pas très loin de Bordeaux, un homme se baladant sur la plage tombe sur le panneau, lessivé par les flots. Sur celui-ci, il arrive à lire le nom de l'agence et le numéro de téléphone de celle-ci. Curieux, celui-ci fait des recherches et envoie un mail à l'agence du New Jersey. Celle-ci reçoit donc un drôle de message qui lui demande si elle reconnait son panneau. Le manager, qui prend d'abord l'affaire pour une mauvaise blague, finit par faire des recherches et se rend compte qu'il a en effet perdu un panneau lors de la tempête Sandy. 5 ans et demi après, le panneau est réapparu.

La belle histoire aurait pu s'arrêter là, mais elle a intéressé une océanographe américaine qui a utilisé le temps de navigation pour vérifier ses simulateurs de courants marins dans l'Atlantique. Résultat : il est logique que le panneau ait pris autant de temps à rejoindre nos côtes. Pris dans le courant, il a dans un premier temps été envoyé au Nord de l'Europe, puis a longé la France et l'Espagne… avant de revenir sur ses pas le long des côtes américaines. Puis de retraverser une fois encore l'Atlantique, cette fois-ci pour terminer son voyage sur les plages de Guyenne. 

On sait donc qu'il faut à peu près 3,3 ans pour faire le grand tour complet du courant, et qu'en 5 ans et demi, notre panneau a clairement vu du pays !

Lu sur le New York Times

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !