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Maintenir un patient éveillé, c'est avant tout permettre à une équipe de vérifier avec le patient lui-même si l'opération ne va pas le priver de parole, de la capacité de calcul ou de fonctions vitales.
Maintenir un patient éveillé, c'est avant tout permettre à une équipe de vérifier avec le patient lui-même si l'opération ne va pas le priver de parole, de la capacité de calcul ou de fonctions vitales.
©Reuters

Revue de blogs

Seriez-vous prêts à vous laisser hypnotiser en bloc opératoire ?

On connaissait les cabinets de sevrage tabagique par hypnose. Aujourd'hui, on peut trouver sur des sites hospitaliers des consultations spécialisées en hypnose qui ciblent aussi la gestion du poids, la douleur chronique, le stress, les phobies, la médecine du sport, la gériatrie, voire la chirurgie...

Claire Ulrich

Claire Ulrich

Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et partagent la chose humaine pour s'apercevoir qu'ils ne sont pas si différents et qu'il y a donc un moyen de s'entendre.

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Photo APHP.

Au théâtre de l'Odéon à Paris se sont tenues ce week-end de nouvelles journées consacrées à la e-santé et à la santé du futur : S3OdeonLes Apple watch, les capteurs-santé portés à même le corps, le test du diabète par smartphone sont une chose : mais la tendance est aussi et beaucoup à une approche "durable" du patient et des traitements, et parmi les nouvelles vedettes, voici l'hypnose. Elle provoque encore le recul et la moue de scepticisme que l'on réservait à la méditation voici quelques années mais la croissance des blogs et propositions marque aussi un signal faible d'une pratique en voie d'augmentation.

On connaissait les cabinets de sevrage tabagique par hypnose. Aujourd'hui, on peut trouver sur des sites hospitaliers des consultations spécialisées qui ciblent aussi la gestion du poids, la douleur chronique, le stress, les phobies, la médecine du sport, la gériatrie, voire la phobie du dentiste, pour laquelle des formations sont maintenant proposées aux professionnels pour approcher certains patients "intouchables". Certains établissements laissent entrer l'hypnose dans les blocs opératoires et les salles de réveil, pour alléger voire éviter les anesthésies : une vidéo de l'anesthésie de cette patiente à l'hôpital de Tours ne laisse aucun doute. La Faculté hypnotise.

Contrepartie de ce succès : une jungle des cabinets d'hypnose et d'annonces de praticiens prolifère maintenant sur le Web, où il est extrêmement difficile de s'informer. La sagesse conseille les sites universitaires et hospitaliers.

Photo Dirk Schaeffer sur Flickr sous licence CC.

Dans les nouvelles pratiques, lourdes, cette fois-ci, qui nous laissent encore bouche bée et que la santé de demain banalisera figurent les opérations "cerveau ouvert, patient éveillé" de certaines tumeurs cérébrales. Le patient est éveillé et converse avec l'équipe. De nombreuses vidéos (pour âmes non sensibles) peuvent être visionnées en ligne sur ce type d'interventions pour lesquelles le Pr. Duffau, au Montpellier, s'est forgé une réputation mondiale. Il est utile de préciser que le cerveau n'étant pas inervé, il ne peut souffrir quand le patient est réveillé pour que l'intervention commence.

Maintenir un patient éveillé, c'est avant tout permettre à une équipe de vérifier avec le patient lui-même si l'opération ne va pas le priver de parole, de la capacité de calcul, de fonctions vitales, par des tests conduits avec un orthophoniste, tout au long de l'intervention.

Et c'est ainsi que l'on peut voir, sur le Web, à travers différentes communications médicales et vidéos de formation, des patients être endormis, puis réveillés. Il peut lui être demandé, selon les compétences qu'il estime très importantes et à préserver dans la mesure du possible, de jouer du violon, de parler une langue étrangère, ou encore de chanter.

Sur le site du journal Midi-libre, une patiente témoigne"Ce sont bien des exploits et heureusement qu'ils sont maintenant médiatisés ! Ceci permet à des patients "lambda" comme moi d'en avoir connaissance et de prendre contact avec son équipe. C'est ainsi que j'ai eu la chance d'être opérée par ce grand chirurgien il y a moins d'un mois, l'opération n'est pas du tout inhumaine (...) ; lorsque l'on se réveille on est concentrés sur les tests à faire pour participer à l'opération et on ne sent absolument rien (et même si on sentait le plus important n'est il pas d'être soigné ?) et on est bien entouré par l'équipe".

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