Sarko : "Le nettoyeur" ? Ou celui qui a balayé le passé ? ; "L’affaire Bygmalion" et ses fausses factures : révélations en cascade, mensonges et trahisons ; Julie Gayet : "Un premier rôle", sans être "La Première dame" ? | Atlantico.fr
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Sarko : "Le nettoyeur" ? Ou celui qui a balayé le passé ? ; "L’affaire Bygmalion" et ses fausses factures : révélations en cascade, mensonges et trahisons ; Julie Gayet : "Un premier rôle", sans être "La Première dame" ?
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Revue de presse des hebdos

Sarko : "Le nettoyeur" ? Ou celui qui a balayé le passé ? ; "L’affaire Bygmalion" et ses fausses factures : révélations en cascade, mensonges et trahisons ; Julie Gayet : "Un premier rôle", sans être "La Première dame" ?

Et aussi : L’héroïne : la "cash machine" des terroristes, un enjeu mondial ; "Les salaires des cadres" : moins de cash ! Mais plus de reconnaissance… ; Miroir, joli miroir, « Qui suis-je » ? Un Homo Sapiens, avant tout

Sandra Freeman

Sandra Freeman

Journaliste et productrice, Sandra Freeman a animé des émissions sur France Inter, LCI, TF1, Europe 1, LCP et Public Sénat. Coautrice de L'École vide son sac (Éditions du Moment, 2009), elle est la fondatrice du média internet MatriochK.

 

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Sarko : "Le nettoyeur" ? Ou celui qui a balayé le passé ?

Il nous regarde, yeux dans les yeux, prêt à nous hypnotiser, comme le serpent dans Le livre de la jungle. La photo de Nicolas Sarkozy en Une cette semaine ne peut pas laisser indifférente. D’autant que le titre qui l’accompagne n’est pas plus apaisant : "Le Nettoyeur". Le Point ne laisse plus l’ambiguïté, "fini de jouer au chef de famille", il "entre en campagne", armé de sa "machine de guerre : son parti".

Aurait-il grimpé dans les sondages ? Que nenni. Ce sur quoi s’appuie l’hebdo, c’est sur sa "confiance en lui", en meeting, en réunion, en privé.  Et au journal de le citer, "que personne ne s’illusionne, quand la bataille commencera, vous verrez que je n’ai pas changé !"

Mais est ce vrai ? Rien n’est moins sûr, du moins sur le plan économique, selon Pierre-Antoine Delhomais qui écrit : "Depuis des mois les commentateurs politiques s’interrogent sur le fait de savoir si Monsieur Sarkozy a changé ou pas. En matière économique, il semblerait a priori que oui". Pour preuve, "il avait été élu en 2007 sur le thème de la "rupture", en promettant d'aller chercher « la croissance avec les dents »,  grâce à un « grand choc fiscal »"… A l’époque aussi, il multipliait ses attaques contre la BCE et contre Jean-Claude Trichet.

Le journaliste fait le parallèle : "On ne sent plus aujourd'hui chez Nicolas Sarkozy la même combativité, la même envie de castagne", et d’ailleurs, "il salue la politique très accommodante de la BCE".

Quant au « choc fiscal pour les ménages ? Il serait "relégué au second plan".

Et quid du fameux "travailler plus pour gagner plus", il se serait "transformé en un modeste 'personne ne doit travailler plus pour gagner moins'".

Et sur le plan politique, a-t-il changé ?

Le Point s’interroge sur sa garde rapprochée : "Où sont passés les stratèges et des combattants prêts à tout pour Sarkozy ?". S’il semble rester des "prêts à tout", ce sont peut-être les "stratèges" qui font défauts aujourd’hui. Le magazine souligne l’absence des figures passées comme Henri Guaino : « ne cherchez pas la plume, il n'y en a pas,  (…) Sarkozy n'a pas trouvé de successeur à l'impossible est irremplaçable Henri Guaino ». L’après-Patrick Buisson entraîne aussi un vide : "Depuis que le politologue ultra droitier a été pris en flagrant délit de trahison, analyse l’hebdomadaire, Sarkozy ne laisse plus à personne le soin de mettre à jour son logiciel intellectuel".

Mais à bien lire les papiers du Point, Sarko en « nettoyeur » apparaît moins comme un « dégommeur » surpuissant à la Léon, qu’un ancien président qui a « balayé » le passé. Pour l’instant.

Sarkozy : "menteur" dans l’affaire Bygmalion, selon Jérôme Lavrilleux

"Sarkozy ment" affirme-t-il, "le système des fausses factures résulte d'une stratégie collective mise en œuvre par l'entourage de Nicolas Sarkozy pour gagner à tout prix (…) L’ex-président on avait connaissance".

L’Obs a obtenu cette semaine un entretien "exclusif" avec Jérôme lavrilleux. "L’ex bras-droit de Copé se montre moins bravache" analyse le journal, mais moins abattu aussi : "Il n'est plus un homme à terre. Il s'est relevé. Il affiche même un petit sourire, assure que son mandat de député européen le passionne".

Selon Jérôme Lavrilleux, l’erreur majeure de Nicolas Sarkozy dans cette affaire est "d'avoir pris pour mener sa campagne, des gens qui le traitait en fait comme un Président la République, dont les désirs étaient des ordres".

Et au sujet des 18 millions d’euros de fausses factures qui ont été réglées par l’UMP en 2012 à la société Bygmalion, voici une ébauche de sa vérité : « Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire Bygmalion mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Rien n’a été contrôlé. Il suffit de regarder les comptes du parti en 2012 pour s’en apercevoir. Tout cela figure dans l’instruction. Concernant la ligne budgétaire de la présidentielle, l’UMP avait prévu de dépenser 2,5 millions d’euros cette année-là. Combien ont été finalement payés par l’UMP ? 10 millions, en plus des fausses factures de Bygmalion ».

Et est ce que lui-même s’est enrichi ? Sa réponse est sans détour : « On m’a foutu à poil dans tous les sens on va éplucher, réfléchi, je n’ai rien à cacher. Je ne me fais aucun souci là-dessus. »

Là où il se fait un peu plus de mouron, c’est sur son devenir. Aujourd’hui, Jérôme Lavrilleux déclare avoir parfois peur", citant cet exemple d’un "très très très proche de Nicolas Sarkozy" tentant de "l’intimider"… "Mais il faut être solide, déclare-t-il, car je parle de gens qui ont exercé de très hautes responsabilités".

"L’affaire Bygmalion" : les rouages secrets de la machine à Cash

Le Point aussi a son lot de "Révélations" sur l’affaire Bygmalion, cette semaine. Selon ce qu’avance le journal, "les millions de l’UMP sont passés de mains en mains", et "là où les policiers évoquaient initialement une marge brute de 20 % en moyenne, on parle aujourd’hui du double".

Qui se serait alors enrichi de ces 18 millions d’euros de fausses factures ?

Le magazine rapporte que selon Franck Attal, le Monsieur Événements de Bygmalion, « flambeur à la ville mais discret dans les affaires », « il n’y a jamais eu de détournement d’argent à des fins personnelles. Ce sont les meetings improvisés à la dernière minute et les différentes exigences du candidat (Sarkozy) qui ont fait s’envoler le coût de la campagne ». Et dans cette perspective là, « afin de camoufler cette dérive, l’UMP lui aurait demandé d’émettre pour 18,5 millions d’euros de fausses factures ».

Mais Le Point semble vouloir, au contraire, démontrer qu’il y aurait eu enrichissement personnel : "En 2012, le parti dirigé par Jean-François Copé a déversé plus de 22 millions d'euros sur les comptes de la PME. Un flot d'argent qui a rapporté à Event 4,66 millions d'euros avant impôt. Cette manne directement siphonnée dans les caisses de l'UMP aura permis aux deux cofondateurs de Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alvès de s’octroyer plus de 400 000 euros chacun en 2012, via leurs holdings personnelles. Quant à Franck Attal, il a empoché sitôt la campagne terminée 600 000 € de dividendes, discrètement réinvestis en Israël".

Le magazine fait aussi cas de "certains sous-traitants" pour qui "l’affaire s’est aussi révélée juteuse".

Julie Gayet : "Un premier rôle", sans être "La Première dame" ?

C’est un portrait entre chien et loup. Deux semaines après Grazia, L’Obs met Julie Gayet en lumière et affiche son visage aux airs timides en couverture… tout en redisant qu’elle « refuse de jouer les « femmes de » », « que sa place est celle de comédienne-productrice », et  en rappelant surtout qu’« à l'Élysée, le sujet Gayet est tabou. La fonction présidentielle seule peut être mis en avant ». Il faut dire que : « Déjà mal à l'aise avec le rôle de la première dame, François Hollande a été traumatisé par la séquence politique désastreuse de sa rupture avec Valérie trierweiler ».

De ce fait, « c'est par les grilles du jardin que la jeune femme accède au palais jamais par l'entrée principale. Il n'y a plus de bureau attribué à la compagne du chef de l'État. Et si elle a droit à une protection policière c'est aussi le cas fait ton valoir pour d'autres qui pourrait être des cibles d’attentat » décrit l’hebdomadaire.

On comprend ainsi la discrétion de l’’Elysée. Le journal avoue d’ailleurs avoir sollicité Julie Gayet pour « s’exprimer sur sa place, sur le cinéma et la politique » mais qu’elle « n’a pas souhaité répondre » à la demande.

Mais que veut révéler L’Obs alors ? Que "dans la sphère politico-culturelle, son influence est grandissante".

Le magazine cite en exemple le retour de la publicité à 20h sur France télévision, dont « on croyait à la préférence du Président » jusqu’à ce qu’une « lettre publique de l’ARP dénonce cette option comme une « menace pour la création » ». Parmi les signataires de cette lettre, décrypte l’Obs, il y avait des gens comme Claude Lelouch, Costa-Gavras ou Thomas Langmann, mais aussi en tant que « membre du bureau de l’ARP, Julie Gayet ».

Cette « influence grandissante » porte d’ailleurs un double effet sur sa maison de production « Rouge international », explique son associée de toujours Nadia Turincev : « L'accélération de sa notoriété nous facilite la tâche mais nous la complique aussi beaucoup. Tout le monde nous soupçonne de conflits d’intérêts, de collusion ».

Ainsi, elle « lui fait rencontrer ceux qu'elle connaît », elle a envisagé « de recevoir elle-même à l'Élysée pour faciliter les contacts entre le président et des personnalités de la société civile », « pour mettre fin à ce « Hollande bashing » incessant »… mais « il y a eu quelques déjeuners puis très vite ils ont renoncé. Trop officiel » conclue le journal.

L’influence reste (elle aussi, donc) la plus discrète possible : « Pour ses amis socialistes, Julie est transparente, équilibrée, gaie. Qu’on n’aille pas là leur abîmer. Le président y veille personnellement ».

L’héroïne : la "cash machine" des terroristes, un enjeu mondial

Dans les années 70, blanche ou brune, l’héroïne avait l’image « d’une poudre tueuse de stars », mais aujourd’hui la « brown sugar » chantée par les Stones se dé-marginalise.

L’Express" saupoudre sa Une avec une « Alerte à l’héroïne ». On y apprend que « cette drogue revient en force » et que le phénomène est mondial. « Des États-Unis à la Russie, cette drogue dérivée de l'opium fait des ravages. Comme au temps de la « French Connexion », l’Europe est touchée ».

A Saint Ouen ou à St Denis, à quelques stations de métro de la place de l’Etoile, « tous types de stupéfiants sont en stock ». L’héroïne, « la plus dangereuse, la plus addictive des poudres », arrive en quelques minutes, « moyennant 40 € le gramme ». A Amsterdam ou aux états unis, le gramme peut baisser à 10€. Un gramme, pour comprendre de quoi on parle, « peut faire trois ou quatre doses ». A Abidjan, « une dose d’héro achetée dans un « fumoir » coûte 1000 francs CFA soit 1,50 euros ». Au moyen d’une carte détaillée du monde, « l’Express » suit la poudre à la trace, empruntant les routes de l’ouest, du nord, du sud selon qu’elle soit acheminée en Russie, au moyen orient, en Afrique, en Europe…

Le phénomène est bien mondial et non seulement aux « les autorités crient à l’épidémie » aux Etats-Unis, mais en plus, on touche là à un sujet géopolitique qui dépasse les consommateurs.

Qui inonde le marché mondial ? L’Afghanistan, producteur mondial numéro un, livre « à lui seul, 85 % de la poudre consommée dans le monde ». Aujourd’hui, la production mondiale d’Opium n’a jamais été aussi élevée et les prix s’en ressentent, explique le journal.

Le magazine rappelle par exemple que « la CIA a tenté de faire pourrir les fleurs de pavots grâce à des champignons parasites ». C’était en 2001. Mais ça a abouti à un échec.

Aujourd’hui l’Afghanistan gagne du terrain et les filières mafieuses et terroristes en tirent bénéfice. Selon les informations recueillies par « L’express », « les profits tirés du trafic rapportent chaque année, 3,5 milliards d’euros à l’économie locale, soit d’avantage que le budget de fonctionnement de l’Etat ».

"Les salaires des cadres" : moins de cash ! Mais plus de reconnaissance…

Challenges cette semaine consacre une étude aux salaires des cadres 2016. La tendance est-elle à l’augmentation ? Pas vraiment.

Après avoir interrogé plusieurs spécialistes et analystes de cabinets différents, ce qu’on retient c’est que :

1.     Malgré un environnement économique plus serein, les entreprises continueront à réduire les augmentations de salaires l'année prochaine

2.     La rémunération à la carte continue de se déployer chez les cadres et de se concentrer sur quelques « happy few ».

3.     Pour éviter la frustration de tous les autres, les employeurs inventent d’autres façons de dire « merci »

4.     Les augmentations collectives qui servaient à compenser le renchérissement du coût de la vie sont en voie de disparition

5.     Plus que jamais la tendance est à l'individualisation. Les entreprises renforcent le niveau de sélectivité des bénéficiaires.

Mais il y a deux leviers (non pas d’augmentation) qui pourraient éventuellement tenter de nous rassurer ou nous aider à nous raccrocher à quelque chose :

1.     L’effet mécanique : Comme l’inflation est au plus bas, les salariés vont récupérer mécaniquement du pouvoir d’achat.

2.     La méthode Coué : Les enquêtes montrent que la satisfaction des cadres, quand ils obtiennent une augmentation, ne dure que quelques semaines, alors qu'il se souviennent toute leur vie d’autres formes de preuves de reconnaissance.

Bref, on est loin du "gagner plus", mais "travailler plus" et surtout "mieux", permettrait d’être "mieux considéré". Et ça, il faut croire que ça n’a pas de prix !

Miroir, joli miroir, « Qui suis-je » ? Un Homo Sapiens, avant tout

Mais plutôt que de se poser la question de "combien est-ce que je vaux", il serait bon de s’interroger sur "qui suis-je ?". Télérama, l’aborde à l’occasion de la réouverture du « Musée de l’Homme », qui, après six ans de travaux, « porte un nouveau regard sur notre passé et s’interroge sur l’avenir de l’humanité ».

Voulions raconter un large public comment l’espèce humaine c’est construit et a évolué, interfaces du biologique, du culturelle et du social, en confrontant et découvertes récentes aux pièces phare de nos collections. Explique hier spécialiste de la génétique des populations chargé du commissariat général.

Formidable défi que de raconter la saga l’Homo sapiens, "fait d'un patrimoine génétique (ADN)", homme "auto-proclamé sage" qui, "en 100 000 ans à peine, a envoyé aux oubliettes les autres espèces d'Hommes y compris les costauds Neandertal"… Mais aujourd’hui, cette Homo Sapiens doit continuer de s’adapter, et le message est clair : "Il faudrait rappeler et accepter, bien plus que nous le faisons, que nous sommes des êtres biologiques et que nous n'avons pas forcément vocation à devenir des êtres purement culturels, façonnées par nos modes de vie, notre culture et notre science (…) Nous vivons aujourd’hui sur l’illusion que la science pourra tout résoudre mais l’Homme est pris dans une dynamique d’ensembles vivants que nous ne pouvons pas toujours contrôler et auxquels il faudrait peut-être penser à s’adapter ".

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