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Ce sera la plus colossale des mécaniques horlogères, histoire de rappeler aux fantômes du KGB, qui logeait juste en face, que le temps efface impitoyablement les traces des pires tyrannies…
Ce sera la plus colossale des  mécaniques horlogères, histoire de rappeler aux fantômes du KGB, qui logeait juste en face, que le temps efface impitoyablement les traces des pires tyrannies…
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Quand les services secrets russes sont défiés par une pendule géante et quand une grande blonde se mêle de freiner un tourbillon de haute horlogerie : c’est l’actualité des montres

Et aussi l’initiation mécanique en peignoir de bain (à deux), l’horloge qui se nourrit de l’air du temps et le chronographe des papas sans peur et sans reproche…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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RUSSIE : Face aux services secrets russes, le plus grand mécanisme horloger du monde…

Sur la place Loubianka (Moscou), dans l’immeuble Art Deco du nouveau grand magasin Detski Mir, en face du bâtiment en briques jaunes qui abrite les services secrets russes (l’actuel FSB, ex-KGB), la manufacture Raketa achève de construire ce qui semble être la plus grande mécanique horlogère du monde – rappelons aux grincheux que l’horloge de la Makkah Clock Royal Tower de La Mecque (40 m de diamètre) n’est pas mécanique ! Riche d’une tradition horlogère qui remonte à Pierre le Grand et à la fondation de Saint-Pétersbourg, voici trois siècles, la maison Raketa est la seule survivante des grandes manufactures de montres de l’Union soviétique. Son horloge sera 100 % mécanique, avec un mécanique de 7,5 m de large et de 13 mètres de haut, pour un poids total de 5 tonnes. Inutile de souligner la performance technique que représente ce saut de l’infiniment petit d’un mouvement de montre vers l’infiniment pesant de cette horlogerie monumentale, qui va entrer dans l’histoire des objets du temps…

MORITZ-GROSSMANN : La précision absolue ne tient qu’à un cheveu (blond)…

Laissez pérorer les WIS (« Watch Idiot Savant » : ceux qui savent tout sur les montres sans rien comprendre), qui ne jurent que par A. Lange & Söhne dès qu’on leur parle d’horlogerie allemande, et intéressez-vous à la manufacture Moritz-Grossmann, située elle aussi à Glashütte (le berceau saxon de la haute horlogerie germanique, non loin de Dresde). Pour les vrais initiés, c’est la marque qui a le vent en poupe : ils se méfient de la surdistribution internationale d’une maison comme A. Lange & Söhne, de moins en moins exclusive et de plus en plus décalée dans le rapport qualité-prix de montres dépourvues d’âme autant que de charme. Moritz-Grossmann, du nom d’un célèbre horloger local, maintient la tradition saxonne des ateliers spécialisés dans la création de montres relativement austères, mais d’une précision rigoureuse, avec des finitions superlatives. Les mouvements (fabrication maison) de la marque ne se flattent pas de quelques secondes de précision par jour, mais d’améliorations techniques qui se s’éprouvent en dixièmes de seconde ! Un exemple : pour mettre une montre à l’heure exacte, on cale ses aiguilles – heures et minutes, ça va de soi, mais surtout secondes – sur le top horaire d’un observatoire officiel. Les Allemands sont friands, sinon maniaques, de cette hyper-précision : leurs montres permettent de bloquer le balancier (ce qui fait battre le « tic-tac » au cœur de la montre), mais il y a toujours un infime décalage, un temps d’inertie, pour relancer les oscillations mécaniques du balancier. Moritz-Grossmann élimine ce défaut en freinant le balancier jusqu’à son arrêt complet, en douceur, grâce à une minuscule « brosse » en cheveux – matériau humain qui possède à la fois la souplesse et la rigidité nécessaire pour bloquer sans à-coup mécanique le balancier. Il ne reste plus qu’à régler l’aiguille des secondes et à laisser repartir l’ensemble au quatrième top. C’est une belle blonde, Christine Hutter, la CEO de Moritz-Grossmann, qui a offert quelques cheveux pour réaliser les « brosses » de ce tourbillon régulateur Benu, qui devient ainsi la première montre kératostoppé ! On parle de régulateur quand la lecture de l’heure (à droite), des minutes (à gauche) et des secondes (au centre) est séparée pour un réglage optimal de la précision : admirez, au passage, comment le décompte des secondes entre 25 et 35 a été déporté au centre de la montre, puisqu’il n’était plus lisible autour du cadran… 

OSSAU WATCH : La conversion horlogère des vallées pyrénéennes…

Loin des paysages alpins de la Suisse, quelques courageux petits horlogers indépendants tentent d’imposer leur différence. Au débouché des vallées pyrénéennes, face au Pic du Midi d’Ossau, dans un désert horloger absolu, l’équipe française d’Ossau Watch table ainsi sur le riche tissu local de la sous-traitance aéronautique pour trouver les fournisseurs capables de donner forme à ses montres. Témoin, cette TCA 14, chronographe automatique tricolorisée par son partenariat avec les hélicoptères Turbomeca. On doit au savoir-faire de ces ateliers Turbomeca la masse oscillante de la montre, qui rappelle la voiture d’un hélicoptère, mais aussi la technique aéronautique d’ionisation au plasma du boîtier en titane. Le profil sur le cadran est celui de la célèbre « dent » du Midi d’Ossau…

ICE-WATCH : Le chrono des papas sans peurs et sans reproches…

L’été sera Ice-Watch ou il ne sera pas. C’est la montre idéale de l’été, avec assez de styles et de déclinaisons pour satisfaire tout le monde. Dans la famille chrono costaud, je voudrais la montre de Papa : ce sera la nouvelle Ice-Chrono Drift, dont les 48 mm exigent des poignets virils, ce que confirme le parti-pris de tout traiter en noir, mais les notes de couleur (beige, bleu, turquoise, orange) ajoutent un sourire, vérifié par les surpiqûres du bracelet en silicone. Pour le reste, on n’échappera pas aux codes de la montre suisse, où chacun pourra reconnaître les détails de ses montres préférées (les aiguilles « Mercedes », les poussoirs vissés du chronographe, les deux compteurs, la lunette graduée, etc.). Sauf que, chez Ice-Watch, chacun peut s’offrir ce frisson horloger à des prix vingt, trente ou quarante fois inférieurs à ceux des grandes marques…

JAEGER-LECOULTRE : Plus écologique que cette mécanique, tu meurs…

Les journées d’août sont chaudes, mais les nuits fraîches et le temps parfois orageux : une aubaine pour cette pendule mécanique Atmos de Jaeger-LeCoultre, qui a la particularité de ne jamais se remonter puisqu’il suffit d’une différence de 1 °C dans la température ambiante ou d’une différence minimale de pression barométrique (3 MM Hg) pour la faire fonctionner pendant deux jours. Autant dire que Jaeger-LeCoultre a mis la main sur un mouvement perpétuel ! Inventée en 1928 par l’ingénieur Jean-Léon Reutter, qui avait conçu ce mouvement basé sur la dilation d’un gaz (le chlorure d’éthyle), cette pendule qui vit de l’« air du temps » s’offre une nouvelle livrée d’or rose, avec un affichage des phases de la lune qui ne se décalera que d’un jour tous les 3 821 ans (122 ans pour les phases de lune classiques). En prime, l’affichage des mois : quand on est la pendule mécanique la plus écologique du monde, on ne perd pas son temps à compter les jours, on ne décompte que les mois !

TOURISME HORLOGER : L’affiche de promotion qui fait rêver…

« Engagez-vous, rengagez-vous », clamaient les affiches de recrutement des temps héroïques. Pour la promotion du tourisme horloger dans la Watch Valley de Neuchâtel (en Suisse, à quelques kilomètres de la frontière française), on emploie les grands moyens, avec un raccourci photographique saisissant : à croire que le maître-horloger est dans la chambre du Beau-Rivage (palace local), avec Madame – lourdement bijoutée – qui patiente en peignoir de bain ! Ça ne se passe quand même pas tout-à-fait comme ça en Suisse… Il faut comprendre que la dame, qui revient du spa, attend que le monsieur – qui a déjà une grosse montre, mais qui a conservé son peignoir – ait terminé les révisions des trois heures de cours d’horlogerie qu’il a pris chez Michaud, temple neuchâtelois de la haute horlogerie. En mode ronchon, on peut se demander si la dame ne s’ennuie pas un peu… Ces « formations » horlogères sont tout de même une bonne idée de week-end pour les amoureux – des montres, de l’atmosphère lénifiante des lacs suisses et de la vie à deux dans les palaces où ne croisent que très peu de Chinois et de Russes. En plus, vous n’allez pas le croire : c’est un loisir culturel relativement accessible…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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