Quand les palmiers prennent leur temps et quand les agents secrets s’offrent des vibrations fortes : c’est l’actualité des montres à la veille des vacances | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Style de vie
Un des « torcedores » de la manufacture Carlos Fuente, que certains considèrent comme le château-d’yquem des Caraïbes…
Un des « torcedores » de la manufacture Carlos Fuente, que certains considèrent comme le château-d’yquem des Caraïbes…
©DR

Atlantic-tac

Quand les palmiers prennent leur temps et quand les agents secrets s’offrent des vibrations fortes : c’est l’actualité des montres à la veille des vacances

Mais aussi l’élégance d’une couronne qui se déporte dans le carré, les temps d’une mer jamais trop calme, la vallée tropicale d’une horlogerie cigarière et les gommes à effacer les minutes…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

Voir la bio »

HUBLOT : Des cigares roulés comme des montres suisses…

On peut voir dans le cigare un « vice » haïssable et bannissable des médias : c’est la loi (socialiste) française, qui assimile tout discours à ce sujet à une infraction au « sanitairement correct » du moralisme ambiant. On peut aussi considérer le cigare comme un trésor « culturel » légué par les anciens peuples des Caraïbes, qui en fumaient des siècles avant que Christophe Colomb ne se mêle de les évangéliser. En République dominicaine, le cigare est même une sorte de « trésor national », dont le plus précieux joyau serait le Château de la Fuente, vaste demeure coloniale dont Carlos Fuente, héritier d’une famille de cigariers cubains et dominicain d’adoption, a fait la manufacture qui produit les « Opus X », considérés comme les meilleurs cigares du monde (titre disputé par trois ou quatre maisons). Vitoles exceptionnelles, aussi précieux que coûteux, mais comparables en tous points à un grand premier cru de Bordeaux, ces « Opus X » fêtent cette année leur vingtième anniversaire. Dans les vallées tropicales des domaines Fuente, maison centenaire, on crée des cigares avec le même naturel qu’on assemble des montres dans les vallées horlogères suisses. La tentation était grande de créer une montre capable de rendre compte de la « folie » Fuente : mission confiée à la maison Hublot, revenue depuis une quinzaine d’années sur le devant de la scène. La nouvelle Classic Fusion Fuente 20e Anniversaire témoigne d’une certaine effervescence caraïbe, tant dans ses couleurs de violent coucher de soleil sous le tropique du Cancer que dans la profusion de ses ciselures baroques. Si on est effectivement très loin du style minimaliste scandinave cher aux apôtres du néo-vintage, les aficionados de Don Fuente ne s’y sont pas trompés : les trois séries limitées sont déjà pré-vendues à des amateurs latinos plus impatients de porter cette montre exubérante que de fumer les « Opus X » qui doivent mûrir pendant un minimum de deux ans avant d’être dégustés…

MICHEL HERBELIN : L’élégance française en version originale…

Franchement, pour moins de 300 euros, cette montre Ve Avenue a une classe incroyable et elle témoigne superbement de l’actuelle vitalité de l’horlogerie française. On aime le côté carré de son caractère, intelligemment adouci par les arrondis de son boîtier ajouré. On aime aussi sa couronne de remontage déportée à midi (c’est la touche vintage en version originale). On aime également son cadran aux grands chiffres pleins de personnalité. On aime enfin ses bracelets de couleur, tendres ou classiques selon l’humeur du moment. Une telle élégance à un tel prix : les montres françaises ne se cachent plus pour grandir…

LORD HENRY : À l’ombre des palmiers du grand chic cannois…

Il n’y a pas que Paris dans la vie des montres : c’est à Cannes, à l’ombre des palmiers de la Croisette, que la toute jeune marque indépendante Lord Henry a décidé de témoigner de sa défense et illustration du style « Riviera » et de l’art de vivre azuréen. La première série, qui était plutôt un galop d’essai lancé de façon confidentielle par un passionné, était plutôt réussie. On pourra bientôt tester l’attractivité de ce storytelling sur le réseau de financement Kickstarter : autour des 200 euros pour une montre aussi sympathiquement assemblée dans le sud de la France, on n’a guère de doutes sur la réussite de la souscription. Lord Henry – un nom qui rend hommage au lord anglais qui avait « découvert » les beautés cachées du petit port de pêcheurs de Cannes, dans les années 1830 – avait été, en 2016, la première marque à oser le bracelet en « Perlon », un nylon tressé devenu depuis ultra-chic et d’autant plus agréable à porter qu’il est très aéré et qu’il existe dans une infinité de couleurs. L’avantage de la souscription de ce mois de juillet : le prix proposé sera bien inférieur au prix public des séries ultérieures. Le vrai chic français, c’est aussi l’art du beau geste face à la mer la plus bleue du monde…

TAG HEUER : Le cas du K qui se met à vibrer à heures fixes…

Si vous ne connaissez pas Kingsman, c’est que vous n’allez pas souvent au cinéma ou que vous avez plus de trente ans : le premier ado venu vous en dira plus sur ce film d’espionnage réalisé par Matthew Vaughn et sorti en 2015, dont la suite, Kingsman : The Golden Circle, est annoncée pour la fin de l’année. C’est du grand cinéma d’aventures, une sorte de bande dessinée sur grand écran, pleine d’humour, d’ironie, d’excès et de virtuosité dans la mise en scène, sans une seconde pour souffler entre deux scènes d’action bourrées gavées d’effets spéciaux. Vivant une vie pas très ordinaire, les agents très spéciaux, mais très britishement élégants, de Kingsman ne pouvaient pas avoir la montre de Monsieur-Tout-le-Monde : pour leur prochaine apparition à l’écran, ils ont donc choisi la nouvelle ConnectedModular 45 de TAG Heuer, la montre connectée de luxe par excellence. On ne compte plus les apparitions de cette montre dans les scènes du film, y compris sous l’eau, ce qui est inhabituel pour une montre en quête de connexions. Sur le cadran [pardon, l’écran tactile] de cette série limitée, qui ne sera vendue un mois avant son lancement officiel que sur le site de e-commerce Mr Porter, on pourra lire le mot « Kingsman », avec une aiguille des secondes en forme de K qui rappellera l’emblème de la série. Raffinement de la nouvelle électronique horlogère : tous les jours, à 10:10, la montre se mettra à vibrer et ce logo en forme de K apparaîtra sur le cadran (ci-dessous). C’est peut-être un détail pour vous, mais, pour les amateurs kingsmanophiles, ça veut dire beaucoup…

 

SNSM : Les temps de la mer…

Pour son cinquantième anniversaire, la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), institution privée d’intérêt public connue et respectée par tous les plaisanciers français, s’offre une montre inspirée par les anciens chronomètres de marine. La montre est proposée en souscription à 7 200 euros, somme qui tient compte, évidemment, de la valeur d’une vraie montre de haute horlogerie superbement dessinée et fabriquée en France (aux standards suisses les plus exigeants) par des artisans renommés, mais aussi de la volonté d’aider la SNSM dans ses missions – « pour que l’eau salée n’ait plus jamais le goût des larmes ». Il n’y aura que cinquante pièces dans cette série de montres « solidaires » : pour une fois, ce qualificatif ne sera pas galvaudé par facilité médiatique ou par conformisme idéologique…

 

 

Lien : https://montre.snsm.org/montre-snsm/montre-snsm.php

ROGER DUBUIS : Des gommes à dégommer les secondes…

Les horlogers suisses sont quand même très forts : non contents de transformer l’or du temps en devises fortes, ils en arrivent aussi à transformer en or la simple gomme des pneus de récupération. Manufacture d’avant-garde dans la haute horlogerie, la maison Roger Dubuis a noué un partenariat inattendu avec les pneus Pirelli, ce qui lui permet de nous proposer une Excalibur Spider Pirelli architecturée comme une station spatiale, « squelettée » comme si sa vie en dépendait, colorée comme des pneus de compétition (sur les circuits de course, on identifie la composition des pneus à leur code couleur) et taillée dans des matériaux innovants (le titane du boîtier, le revêtement des arc-boutants du mouvement, jusqu’au bracelet incrusté de caoutchouc récupéré sur des pneus Pirelli qui ont gagné des courses célèbres). Le tout très cher, très technique et très précieux comme il se doit. Maintenant, la clé de l’énigme : que va faire une marque de grand luxe horloger avec un fabricant de pneus ? C’est un secret à ne pas répéter : grâce à ce partenariat avec Pirelli, Roger Dubuis s’offre un accès privilégié à tous les paddocks de toutes les plus célèbres courses automobiles du monde – là où les plus grandes marques doivent payer des fortunes pour s’imposer. Comme quoi on peut trouver d’excellentes clés en gomme ! L’art de se faufiler est un talent : les Suisses savent aussi transformer en or les bonnes intuitions stratégiques…

 

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !