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Un habit de diamants sertis comme des cristaux de neige pour une montre totalement ouverte à la lumière…
Un habit de diamants sertis comme des cristaux de neige pour une montre totalement ouverte à la lumière…
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Atlantic-Tac

Quand les cornes du taureau font de l’astronomie et quand deux coeurs résonnent : c’est l’actualité des montres à la veille de l’hiver

Mais aussi l’homme d’exception caché derrière une couronne d’exception, la montre préférée du Seigneur Vador, la lumière givrée d’un défi genré et la pièce de monnaie qu’on ne pourra pas oublier dans sa poche…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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CORUM : Neige, lumière et transparence du temps qui passe…

Une montre Golden Bridge pour monsieur, une Miss Golden Bridge pour madame : à part les bobos parisiens et quelques universitaires californiens acharnés à traquer les « genres », personne sur cette planète ne saurait s’offusquer d’un tel cliché, qui fonctionne parfaitement sur les larges masses des amateurs asiatiques, américains et européens, Russie incluse. Corum sait habiller son offre de diamants, qui couvrent d’un précieux « serti neige » – façon givre – le métal non moins précieux de la célèbre montre Golden Bridge, facilement reconnaissable à son mouvement « baguette » à l’architecture unique au monde (tous les composants sont alignés sur une seule « poutre » centrale). Chaque diamant est posé sans plan préconçu, de façon presque aléatoire, pour reproduire l’effet poudré des cristaux de givre. Neige de centaines de diamants, mais aussi lumière et transparence, puisque le boîtier est ajouré pour mieux profiter du mouvement, dans toutes ses dimensions : ne serait-ce pas la montre idéale de l’hiver qui commence la semaine prochaine ?

ARMIN STROM : Deux coeurs à l’unisson…

Non pas un, mais deux mouvements de haute horlogerie, juxtaposés mais synchronisés par leurs oscillateurs couplés : cette GMT Résonance d’Armin Strom ne sera sans doute un best-seller commercial (la montre n’existe de toute façon qu’en huit exemplaires en or blanc et autant en or rose), mais c’est une des montres les plus étonnantes de cette fin d’année. Le boîtier est logiquement ovale, avec deux cadrans capables de donner deux heures totalement différentes (dans deux fuseaux horaires) et deux couronnes de remontage, mais la montre n’a qu’un seul double coeur, dont les battements créent une « résonance » qui finit par aligner le rythme des oscillateurs, les retards ou les irrégularités de l’un compensant les avances ou les erreurs de l’autre. Le tout est mécaniquement très subtil, parfaitement original et esthétiquement fascinant : on peut voir à l’oeil nu les deux mouvements finir par s’accorder à l’unisson, selon un très vieux principe physique déjà repéré et étudié par Christian Huygens au XVIIe siècle. On préfère ne pas vous dire le prix, des gilets jaunes pourraient mal le prendre…

ZENITH : Aux heures les plus sombres de l’année…

Manufacture suisse de haute culture horlogère, la maison Zenith s’offre un petit frisson contemporain avec cette Defy Classic restylée en céramique noire, avec un cadran taillé en étoile noire et un mouvement automatique « squeletté » et noirci pour une vision futuriste des temps sombres qui nous attendent quand viennent les nuits les plus longues de l’année. Même les aiguilles sont noircies, de même que les index, mais avec un revêtement en SuperLumiNova qui émet une singulière lumière verte en ambiance nocturne. Le caoutchouc du bracelet sculpté en « clou de Paris » est évidemment noir. Plus minimaliste et plus sobrement dépouillé, avec de subtiles alternances de surfaces polies et satinées, tu meurs ! Si le Seigneur Vador avait besoin d’une montre pour ses prochaines aventures, c’est sûrement chez Zenith qu’il enverrait une escouade de Shadow troopers de sa garde personnelle pour la récupérer…

HANS WILSDORF : L’homme d’exception derrière l’exception Rolex

La fameuse couronne cachait une personnalité exceptionnelle, celle du fondateur de la marque, pionnier de la montre-bracelet étanche et automatique, pionnier aussi du marketing horloger fondé sur le témoignage de personnalités hors du commun et attesté par des exploits sportifs sans précédents, pionnier enfin de la plus haute qualité « industrielle » pour créer les… meilleures montres du monde – ce qui n’est pas loin d’être vrai. Derrière la légende Rolex, la philosophie et les convictions opiniâtres d’un homme qui aura su donner au XXe siècle le goût des belles montres. Cette vidéo très bien réalisée (malheureusement en version anglaise, mais on peut activer les sous-titres) lui rend un hommage mérité et, pour une fois, pas trop… bullshité – tant qu’à parler anglais, ne nous gênons pas !

BOUCHERON : Une pièce de « monnaie » qu’on ne rend pas…

Dans la poche, cette « pièce » d’or frappée par la Monnaie de Paris sera un peu lourde : un bon kilo de bon or français, estampillé par la République, en hommage au savoir-faire de la maison de haute joaillerie Boucheron. La forme octogonale rappelle la forme de la place Vendôme, écrin architectural où Boucheron a niché son hôtel particulier. S’il ne pousse pas sur la fameuse colonne Vendôme, gravée sur une des faces de cette « médaille » de 89 mm x 95 mm, le lierre – plante fétiche de Boucheron – n’en prolifère pas moins sur cette « pièce » dont la valeur faciale – 5 000 euros – n’a qu’un lointain rapport avec son prix public (130 000 euros). On trouve d’ailleurs une feuille de lierre sertie de 31 diamants au revers de cette « pièce », dont la Monnaie de Paris ne frappera que onze exemplaires. Hormis cette « monnaie » d’exception, une édition de vraies « monnaies » Boucheron, plus accessibles et plus classiques, ciselées en or ou en argent, vient d’être lancée pour les économiquement plus faibles...

ARTS DU TEMPS : 30 000 ans avant Rolex…

Le rapport des hommes au temps échappe au temps, mais pas à l’histoire : ce souci de se repérer dans le temps remonte sans doute très loin dans notre mémoire et l’histoire des objets du temps ne se limite pas forcément aux objets techniques ou artistiques qui permettent de l’évaluer. La communauté scientifique se convertit progressivement à l’idée que certaines grottes peintes, ornées ou gravées par nos ancêtres du Paléolithique pourraient être, à leur manière, des… objets du temps utilisés à leur époque pour comprendre et anticiper les mouvements des constellations dans le ciel, donc le rythme des jours et des saisons tout au long de l’année (Business Montres du 9 décembre dernier). Selon ces « paléoastronomes » [une discipline encore hétérodoxe, mais de moins en moins réfutable], les peintures d’une grotte comme Lascaux pourraient constituer une sorte de « planétarium » souterrain, les grands animaux représentés figurant des allégories de constellations dans le ciel (comme le fameux taureau de Lascaux, ci-dessous) : il est tout aussi probable que certaines de ces oeuvres rupestres rendent compte d’événements cosmiques parfaitement notés et compris par nos ancêtres, par exemple des impacts météoritiques, aussi bien que des phénomènes astronomiques complexes comme la précession des équinoxes, jusqu’ici attribuée au Grec Hipparque, mais repérable sans forcer l’interprétation dans certaines représentations zoo-cosmologiques antérieures de plusieurs millénaires. Cette interprétation ouvre des horizons vertigineux aux historiens du temps : non seulement le savoir représenté dans les peintures rupestres supposé une fantastique accumulation de connaissances sur plusieurs dizaines de milliers d’années [on en retrouve les échos dans les premiers édifices religieux connus de l’humanité, à l’aube du Néolithique européen], mais également une transmission de ce savoir sur près de quarante millénaires. La fameuse « machine d’Anticythère » ne serait plus, ici, que la mise en équation et la traduction mécanique de ce savoir. Nous regarderons désormais avec d’autres yeux le ciel nocturne du prochain solstice d’hiver, que nos ancêtres paléolithiques guettaient probablement avec plus d’intelligence que nous…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture. 

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