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La maison Saint Honoré a récupéré une poutrelle d’acier de la Tour Eiffel pour y sculpter la plus parisienne des montres de l’horlogerie française.
La maison Saint Honoré a récupéré une poutrelle d’acier de la Tour Eiffel pour y sculpter la plus parisienne des montres de l’horlogerie française.
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Quand la vieille dame perd une poutrelle, quand les secondes se mettent à mourir et quand Christophe Colomb défie la gravité : c’est là qu’on parle de montres…

Mais aussi un mariage entre l’aluminium et le plastique, du jade rouge pour le vieux sage chinois et un raid sur les renards arctiques…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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ZENITH : Une Indienne aux seins nus pour le grand voyageur espagnol…

Il s’en passe des choses, derrière ce cadran qui n’est déjà pas simple. On y repère (cartouche, en haut, à gauche) un compteur décentré pour les heures et les minutes, ainsi qu’un autre pour les secondes et un dernier pour la réserve de marche du mouvement, à 4 h. Dans une bulle, à 6 h, une sorte de gyroscope tourne sur son axe dans toutes les directions pour maintenir l’« organe réglant » de la montre (ce qu fait tic-tac) dans une position optimale, quels que soient les mouvements du poignet : c’est une forme de contrôle des influences de la gravité sur la précision du mouvement ! Au revers de ce gyroscope, un hémisphère terrestre qui rappelle les premières circumnavigations européennes. Dès qu’on retourne la montre (ci-dessous), c’est Disneyland, avec un hommage micro-sculpté à la main, gravé et peint à Christophe Colomb : on reconnaît sa caravelle, son drapeau espagnol, les Indiens qui viennent lui rendre hommage et même un cacatoès qui se déploie sur fond de palmier. Ingéniosité des horlogers et virtuosité des artistes se conjuguent ainsi pour une montre exceptionnelle dans toutes ses dimensions. Un grand voyage dans l’espace et dans le temps…

SAINT HONORÉ : La plus "moléculairement" parisienne des montres françaises…

On connaissait les montres décorées de poussière lunaire ou taillées dans l’acier des tôles du Titanic. Fondée en 1885, la marque française Saint Honoré a sensiblement l’âge du premier brevet déposé par Gustave Eiffel pour ce qui deviendra la Tour Eiffel (achevée en 1889). Il était tentant pour Saint-Honoré de s’approprier cette légende parisienne, qui est à la fois le plus célèbre monument de la capitale et le monument payant le plus visité dans le monde (environ 250 millions d’entrées depuis sa création). C’est aussi un des plus photographiés du monde. Une vraie poutrelle d’acier de cette Tour Eiffel (200 kg) a donc été récupérée et recyclée pour forger la « lunette » de la montre. Cet acier a été sculpté dans le style de la célèbre architecture métallique, qu’on retrouve aussi sur le cadran et sur la masse oscillante du mouvement automatique (Swiss Made) de cette montre « Tour Eiffel », dont il ne sera réalisé que 1 885 exemplaires. Impossible de trouver une montre plus parisienne, donc plus française : il faudrait que l’Elysée renoue avec l’ancienne tradition des cadeaux horlogers faits aux invités de la République.

SWATCH : Des couleurs de saison "fusionnellement" vôtres…

Cette nouvelle collection Irony Xlite porte bien son nom : ces Swatch ultralégères combinent ironiquement le plastique coloré qui est le patrimoine de la marque et l’aluminium ultraléger des nouvelles technologies. Deux matériaux futuristes, dont la fusion dans une montre crée une certaine bonne humeur au poignet : le temps y présent sans imposer ni sa pompe, ni ses codes. Swatch, c’est plus que jamais l’air du temps et les énergies positives de l’époque…

THE CHINESE TIMEKEEPER : Les perles de jade rouge du vieux sage chinois…

On peut tenter de « draguer » les consommateurs chinois en truffant les montres de dragons ou de chèvres (quand c’est le Nouvel an chinois). On peut aussi essayer de respecter leurs codes culturels : c’est ce que propose cette jeune marque créée par un jeune Français de Hong Kong, à l’enseigne du Chinese Timekeeper. L’esprit de la montre est de tradition européenne, mais le style affirme une identité chinoise : le profil du vieux sage gardien du temps qui sert de logo est immédiatement accessible, de même que les aiguilles en frise géométrique, les idéogrammes ou les perles de jade rouge qui ponctuent le cadran. Dans un goût post-industriel bien assumé, le boîtier peut sembler « brutal », mais il ne manque pas d’allure au poignet : sans la moindre mièvrerie, cet énergique jade rouge est même une proposition très appréciée de ces dames pour la Saint-Valentin, qui sera aussi, cette année, le prélude aux fêtes du Nouvel An chinois. 

JAQUET DROZ : Des secondes qui se flattent d’être « mortes »…

Les horlogers suisses sont formidables : ils ne se lassent jamais de réinventer les beaux-arts de la montre. Prenons l’histoire de l’aiguille des secondes. Au XVIIIe siècle, les montres étaient des instruments scientifiques indispensables aux savants, qui avaient besoin d’aiguilles des secondes très précises : il fallait donc que ces aiguilles marquent un imperceptible temps d’arrêt pour « marquer la seconde ». Au XXe siècle, en revanche, les montres mécaniques se flattaient de secondes qui glissaient fluidement autour du cadran : c’était considéré comme plus chic. Les mouvements à quartz sont venus nous restituer une seconde électronique saccadée, signe de modernité vite devenu synonyme de bas de gamme face au défilement linéaire des secondes mécaniques. Sauf que le grand chic, c’est aujourd’hui le retour à la « seconde morte » – celle qui marque un temps d’arrêt – et qui s’inspire de la tradition du XVIIIe siècle : Jaquet Droz en a fait une spécialité, d’autant plus spectaculaire que sa « Grande Seconde » cantonne les heures et les minutes, ainsi que la date, sur des compteurs secondaires. Mécaniquement, c’est très pointu : il est toujours plus compliqué de faire simple ! Esthétiquement, c’est très réussi. On retrouve sur ce cadran l’esprit des plus belles montres de poche de l’âge d’or de l’horlogerie européenne…

FENDI : L’hommage d’un renard arctique aux plus belles femmes du monde…

Mais oui, c’est une montre. Toute en courbes, comme la créature qu’elle habillera, cette Fendi My Way se pare de diamants (jusqu’à 667, pour un peu plus de 3 carats en version large) et s’enveloppe de fourrure (amovible) pour attirer tous les regards – bleu tendre, vertkiwi, orange vif ou jaune fascinant, au choix. Quelques renards arctiques et quelques renards argentés sont morts au champ d’honneur de la mode pour rendre cet hommage pilo-chromatique à l’éternelle féminité. Comme on peut aussi choisir des bracelets en peau de serpent élaphe dans des couleurs assorties, on en déduira que Fendi a une conscience environnementale assez élastique, mais un sens très aigu de la séduction au poignet…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : http://www.businessmontres.com

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