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Martine Aubry passe devant François Hollande...
Martine Aubry passe devant François Hollande...
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Primaires PS : le coup de tonnerre Aubry

Décryptage de la treizième vague du baromètre Ifop qui nous permet de faire le point sur les primaires socialistes : Martine Aubry passe devant François Hollande.

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier est député de Loir-et-Cher et vice-président délégué des Républicains. Il a été professeur d'histoire-géographie, chef d'entreprise et porte-parole de Nicolas Sarkozy.

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La politique a des airs de Tour de France. Virage à gauche pour les écologistes avec Eva Joly qui s’empare du maillot vert et surprise au Parti socialiste où l’échappé François Hollande est doublé pour la première fois par Martine Aubry qui prend la tête du classement. Mais nous ne sommes sûrement pas au bout de nos surprises et, en sport comme en politique, une victoire d’étape ne fait pas la victoire finale.

Aubry devant Hollande

C’est donc l’enseignement principal à retenir de ce sondage : Martine Aubry passe devant François Hollande. 40% des sympathisants de gauche (la base des votants à la primaire pour ceux qui sont prêts à débourser 1 euro et signer une charte des valeurs de gauche), préféreraient voir désignée la maire de Lille candidate à la présidentielle contre 38% pour le président du Conseil général de la Corrèze. Si Hollande n’est pas distancé et gagne même 1 point depuis la précédente vague (réalisée du 16 au 24 juin dernier), la dynamique est bien du côté d’Aubry puisqu’elle, en gagne 6 dans le même temps… Preuve d’une annonce de candidature réussie ? Pas si sûr si l’on s’attache à regarder de près la méthodologie de l’enquête réalisée en deux vagues : du 30 juin au 1er juillet, puis les 7 et 8 juillet. Et si la première « vague », dans la foulée de l’officialisation de la candidature Aubry, a été marquée par une très forte progression en sa faveur (42 % contre 33 % à Hollande chez les « sympathisants de gauche »), la seconde procède à une certaine correction de tir (41 % pour Hollande contre 39 % à Aubry). Bénéfice d’une forte exposition médiatique ou véritable engouement pour la candidate Aubry ? Il faut attendre la prochaine vague pour connaître la réponse…

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Les autres candidats décrochés

Ce duel ne doit pas éclipser les autres prétendants à l’investiture socialiste : s’ils sont méprisés aujourd’hui, ils seront courtisés demain dans le cadre d’un éventuel second tour. Ségolène Royal reste sur la troisième marche du podium mais perd deux points, à 11%. Suivent, en queue de peloton les « quadras », Manuel Valls et Arnaud Montebourg, respectivement à 5 et 4%.

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Forces et faiblesses du trio de tête

Martine Aubry séduit plus les femmes (43% contre 37% chez les hommes, contrairement à François Hollande, plus fort chez les hommes (42% contre 33% chez les femmes). Martine Aubry trouve des fervents soutiens chez les jeunes de moins de 35 ans (45%) tandis que François Hollande accuse un retard criant chez cette catégorie (29% de soutiens), malgré - ou d’où ? - ses propositions et sa campagne spécifiquement orientées vers les jeunes… Et surtout, fait marquant illustré par le graphique suivant, plus on est jeune, plus on soutient Aubry tandis que plus on est âgé, plus on préfère Hollande.

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Du point de vue des catégories socio-professionnelles, Martine Aubry recrute ses partisans parmi les cadres supérieurs, 42% contre 36 pour Hollande, les classes moyennes, 45% contre 35 pour Hollande, et les employés 43% contre 32 pour Hollande. Les deux anciens Premier secrétaire du PS font quasiment jeu égal chez les ouvriers – 37% pour Martine Aubry et 36% pour François Hollande. Ce dernier trouve des renforts de poids, corrélativement au détail par âge, chez les retraités où il distance nettement sa concurrente (48% de soutiens contre 32 pour Aubry). Quant à Ségolène Royal, elle est davantage soutenue par les femmes, à 14%, les jeunes avec 15% des moins de 35 ans et même 17% chez les 18-24 ans, par les artisans commerçants et bénéficie, fait notable, d’une surcote parmi l’électorat populaire : 13% chez les employés et 17% chez les ouvriers.

Au final, et ce n’est plus une surprise, le match Hollande/Aubry sera serré. Verra-t-on cet été les deux figures de la rue de Solférino s’échanger les deux premières places du podium au gré des vagues des sondages ? La première marche est-elle un réel avantage ou faut-il mieux, au contraire, tenir le rôle du challenger ? Quoiqu’il en soit, le risque reste pour le PS de voir le vainqueur sortir affaibli au terme de cette primaire romanesque avant d’affronter ce qui sera le vrai début de la campagne : la bataille présidentielle.

 

Guillaume Peltier pour La Lettre de l'opinion

Jérôme Fourquet pour l'IFOP

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