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©François NASCIMBENI / AFP

Médiologie amusante

Primaire ligue : rions de bon coeur avec la ligue du LOL

L’affaire de la ligue du LOL, ce club de jeunes gens brillants qui déclamait du #MeToo dans les bons journaux de jour mais semait la terreur sexiste sur Twitter de nuit, c’est Émile Louis qui jouerait les doubles maléfiques d’Édouard Louis. Ça ne donne plus très envie de lire les Inrocks ou Libé dans un bus scolaire.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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L’histoire de la ligue du LOL est tellement microcosmique qu’elle en deviendrait presque microscopique mais, comme on l’explique aux romanciers en herbe dans les ateliers d’écriture, c’est en allant du particulier vers le général qu’on touche à l’universel (enfin, moi je leur dis ça mais je raconte souvent n'importe quoi).

Ici, le particulier, c’est comment une petite clique de journalistes et de communicants parmi les plus progressistes de la place de Paris s’est organisée pour harceler sur Twitter, Facebook, par téléphone et IRL, des années durant, en toute impunité, toute une tripotée de femmes, d’homosexuels, de juifs ou de juste trop grosses dont la tronche ne leur revenait pas ou dont ils étaient jaloux...

Et le général, c’est comment des pharisiens passant leur temps à exciper de leurs vertus en public dans la journée torturent des petites filles handicapées dans leur cave dès la nuit tombée (c’est juste une image bien sûr, même si, au rythme auquel de nouvelles turpitudes sont exhumées depuis huit jours, on ne serait pas étonné d’apprendre un truc dans ce genre).

Vous voyez bien qu’on s’en approche, de l’universel.

Mais plus que de petits Harvey Weinstein, dont la beauferie semble avoir toujours été assumée, voire de mini Dieudonné, dont le sarcasme discriminatoire est même le fonds de commerce, nos loleurs en réunion tiendraient plutôt du Denis Baupin mettant du rouge à lèvres ou du Tariq Ramadan lapidant la femme adultère. Du directeur de conscience vaticanesque donnant des leçons de bonne conduite à la terre entière et ne loupant jamais un combat d’avant-garde...

Un peu comme si l’on découvrait désormais une ligue du LOL de sociologues bourdieusiens tous passés par l’EHESS, où les Pinçon-Charlot harcèleraient des chômeurs en fin de droit et des sociologues analytiques. Avouez qu’on trouverait ça plutôt MDR.

Pour autant, au-delà de la meute d'ambitieux doublement connectés confondant bêtise crasse et wittiness brillante et considérant qu’après trois lignes d’excuses ultra-formatées, il est déjà temps de leur lâcher les Stan Smith pour qu’ils puissent se remettre à rédiger des sermons en écriture inclusive, ce sont leurs parrains professionnels qu'on aimerait entendre s'expliquer. Ces vieux routiers qui savaient mais ne disaient rien, ou qui faisaient semblant de ne pas savoir, ou qui, pourquoi pas, trouvaient toutes ces saloperies si délicieusement bon enfant.

Oh, pas parce que l'on serait méchant nous aussi (si on l'était, on aurait on aurait monté notre propre ligue), mais vraiment, franchement, sincèrement par désir de comprendre. Et aussi parce qu'on aimerait éviter de monter dans bus au volant duquel Emile Louis aurait discrètement remplacé Edouard Louis. Un accident est si vite arrivé.

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