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Le Point a enquête sur la menace de l'inflation. L'Obs s'interroge sur la campagne électorale de Valérie Pécresse.
Le Point a enquête sur la menace de l'inflation. L'Obs s'interroge sur la campagne électorale de Valérie Pécresse.
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Revue de presse des hebdos

Les macronistes craignent plus Le Pen que Pécresse, le PS préfère la candidate LR; Taubira Hidalgo, mêmes tyranes vis-à-vis de leur entourage; L’inflation bouleverse la planète; La primaire populaire masque ses racines troubles

Et aussi : L’obsession du pouvoir d’achat.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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« Inflation, la grande menace » à la Une du Point qui parle de « bouleversement mondial ». L’Express se plonge « Dans la tête de Macron ». L’Obs dénonce « Le double jeu de Pécresse » qui oscillerait entre le centre et la droite extrême

Marine Le Pen impressionne les macronistes

« Au gouvernement comme dans la majorité, nombre de macronistes confient ne plus croire que Valérie Pécresse parviendra en finale de la présidentielle » selon Le Point.

« Je pense que le président sera réélu, mais que la vraie menace pour lui, c’est Marine Le Pen. Au second tour, elle peut gagner, le pays peut basculer. (…) Il suffit d’un grain de sable pour qu’elle l’emporte» souffle un poids lourd de l’exécutif.

Le PS préfère Pécresse

Plusieurs caciques du Parti socialiste estiment à haute voix que cela pourrait être dans leur intérêt de voir Valérie Pécresse, devenir la nouvelle présidente de la République. Selon eux l’élection de la candidate LR pourrait réinstaurer un jeu d’opposition classique entre la gauche et la droite, et donc remettre le Parti socialiste en selle…

Taubira contre Hidalgo

L’Obs estime qu’assez proches sur le fond, la maire de Paris et l’ex-garde des Sceaux se livrent un duel à distance. « L’enjeu : sauver une gauche en perdition Des centaines de chaises vides, des mines défaites et des militants qui applaudissent mécaniquement en regardant leurs chaussures. Dix ans après le discours du Bourget qui propulsa François Hollande à l’Elysée, l’ambiance crépusculaire du meeting d’Anne Hidalgo à Aubervilliers, ce samedi 22 janvier, résume mieux que toutes les analyses le moment douloureux que traverse le Parti socialiste. »

« Les deux femmes ne sont pas les meilleures amies du monde. Loin de là. Mais voilà près de vingt ans qu’elles se côtoient sur les mêmes estrades. « Taubira est très individualiste, c’est son fonctionnement, Hidalgo est plus collective mais elle veut tout contrôler », lâche une ex-ministre qui les a pratiquées ».

« Place Vendôme, la Guyanaise se montre tyrannique avec ses collaborateurs. A la mairie de Paris, la fille d’immigrés espagnols pique des colères froides contre qui lui résiste. Sur le fond, elles disent à peu près la même chose. « Christiane incarne mieux que les autres les valeurs de la gauche mais elle a le même projet qu’Anne, à quelques centimes près », observe un dirigeant socialiste ».

Inflation : un bouleversement mondial 

L’emballement des prix est à la Une du Point : « Le gazole à près de 1,70 euro par litre en moyenne à la pompe la semaine dernière ! Même en octobre 2018, quand les Gilets jaunes avaient surgi sur les ronds-points, une telle facture n’avait pas été atteinte. Sur le mois, son prix tournait autour de 1,52 euro par litre en moyenne. »

« Définie par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) comme une augmentation « générale et durable » des prix, est-elle de retour après avoir disparu pendant une décennie ? Pour éteindre l’incendie, l’État a déjà mis sur la table 14 milliards d’euros, selon le chiffre de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Des candidats à la présidentielle réclament d’autres mesures. » 

Dans la zone euro, les prix « ont augmenté, en moyenne, de 5 % sur un an. De quoi rendre fous les Allemands. Le quotidien Bild a d’ailleurs surnommé Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), « Madame Inflation ».

Selon Le Point, Les épargnants, sont les grands perdants de l’inflation « Ceux qui mettent leur argent sur un livret A ou leur compte courant sont les plus impactés par la hausse des prix. En particulier les ménages à petit revenu. »

Olivier Blanchard spécialiste de politique monétaire et professeur au Massachusetts Institute of Technology (États-Unis) se veut rassurant : « Je ne pense cependant pas que nous allons connaître une longue période d’inflation élevée. »

Selon lui, La situation dans la zone euro est différente de celle des Etats-Unis : « La relance budgétaire a été plus limitée, le marché du travail est moins tendu, la pression sur les salaires plus contenue et l’inflation moins forte. La stratégie attentiste de la BCE me paraît raisonnable ». 

Samuel Grzybowski co-fondateur de la primaire populaire

L’Expresse propose un portrait de Samuel Grzybowski, 29 ans, co-fondateur de la primaire populaire avec la militante écologiste Mathilde Imer, En 2009, à 16 ans, il fonde Coexister, qui célèbre le dialogue interreligieux. « Je voulais créer la Croix-Rouge des religions », déroule ce catholique pratiquant.

Il défend l'idée d'un « racisme systémique » qui toucherait les musulmans : « Certains de ceux qui m'ont attaqué disent que le combat prioritaire, c'est la lutte contre l'islamisme. Je ne suis pas d'accord. C'est la lutte contre les discriminations. »

« Son association Coexister est surtout critiquée pour ses liens avec des courants intégristes de l'islam, ces financements d'un think tank de l'Arabie saoudite ou ces interventions que Samuel multiplie auprès d'organisations parfois proches des Frères musulmans. En novembre 2015, après les attentats, il initie la tribune « Nous sommes unis », en compagnie du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), dissous en 2020 pour son « action de propagande islamiste », et différents militants de la mouvance » ajoute l’Express.

Samuel Grzybowski n'ignore pas les turpitudes du monde religieux, duquel il revendique s'être éloigné : il a témoigné au procès de l'archevêque Luigi Ventura, représentant du Vatican en France jusqu'en 2019, qui lui a touché les fesses. « Je ne me considérais pas comme une victime, mais il fallait que la parole se libère », nous dit-il.

L’obsession du pouvoir d’achat

Le Point, sous la plume de Pierre-Antoine Delhommais constate  que « Les Français placent plus que jamais le pouvoir d’achat au premier rang de leurs préoccupations, tout en étant convaincus dans leur grande majorité que celui-ci a baissé depuis l’élection d’Emmanuel Macron, alors que les mesures les plus fiables indiquent au contraire qu’il a augmenté. »

« Ce ressenti aussi négatif, et qui ne date pas d’aujourd’hui, de l’évolution du niveau de vie constitue une énigme pour les économistes. Comme l’est cette autre singularité nationale relevée par Yann Algan, Elizabeth Beasley et Claudia Senik dans leur essai Les Français, le bonheur et l’argent : la France est le pays d’Europe où le pouvoir d’achat revêt le plus d’importance pour les citoyens, celui aussi où l’argent contribue plus que partout ailleurs au bonheur individuel, celui où la corrélation entre le niveau de revenu et la satisfaction dans la vie est la plus forte. »

« Il existe bien à l’évidence une mystérieuse obsession française pour le pouvoir d’achat, et les gouvernements entretiennent depuis des décennies cette névrose collective en se sentant dans l’obligation de jouer les pompiers de service à chaque choc économique et social, de soutenir artificiellement le niveau de vie par le biais d’aides financières diverses et variées censées être transitoires, mais dont la plupart perdurent. »

Les contradictions de Pécresse

Selon l’Obs, pour rallier les Français tentés par le vote Zemmour ou Le Pen, la candidate LR durcit le ton sur l’immigration et la sécurité jusqu’à s’inspirer des propositions de l’extrême droite. Mais elle espère aussi convaincre les électeurs centristes acquis à Macron. Parviendra-t-elle à surmonter ses contradictions pour défier le président sortant au second tour?

« Quel est le vrai visage de Valérie Pécresse ? Et comment interpréter ses incessants changements de pied ? Elle a successivement été cette juppéiste qui plaidait, avant la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, pour la nomination du centriste François Bayrou à Matignon. Puis la mère de famille traditionnelle qui a défilé contre le mariage homosexuel aux côtés de La Manif pour tous en 2013. Enfin, la féministe qui a balancé en direct sur BFMTV ses quatre vérités au journaliste Jean-Jacques Bourdin, accusé de harcèlement sexuel : « Si ces accusations sont avérées, elles sont graves et doivent être condamnées. » Mais se disait heureuse, en 2013, du non-lieu obtenu par Georges Tron, l’ancien maire de Draveil, finalement condamné pour viols. »

« En 2019, elle a fustigé le parti « cadenassé » de Laurent Wauquiez et démissionné avec fracas des Républicains, confiant alors à sa camarade de promotion à l’ENA Francine Bavay : « Je n’en peux plus de ce parti de réacs. » Et la voilà qui propose désormais de revenir, pour une durée provisoire, sur l’automaticité de certaines prestations sociales pour les étrangers. Une mesure proche de celle promue de longue date par le Rassemblement national… » souligne l’Obs.

Macron débattra-t-il sur les plateaux télévisés ?

Emmanuel Macron participera -t-il ou pas aux débats télévisés pour la présidentielle demande l’Obs ? « La question divise le camp macroniste. Aucun président sortant ne s’est plié à un tel exercice, mais Emmanuel Macron ne serait pas réticent à descendre dans l’arène télévisuelle, une fois sa candidature déclarée. Pour preuve, au QG de La République en Marche !, on est déjà en relation intensive avec les différentes chaînes pour connaître en détail l’organisation de chacun des nombreux débats proposés. »

Le mari de Pécresse

Valérie Pécresse ne s’en cache pas : le 24 avril, si elle remporte la course à l’Elysée, sa « première pensée » sera pour « lui » selon l’Obs

« Lui, c’est Jérôme, son mari, le père de leurs trois enfants, appelé, en cas de victoire, à devenir le tout « premier monsieur » de l’histoire de la République. Dès le début de sa campagne, sur le divan cathodique d’« Une ambition intime », l’émission de Karine Le Marchand programmée sur M6, la candidate LR a salué son abnégation : « C’est un immense sacrifice qu’il fait en me laissant relever le défi de la présidentielle. » Depuis, le discret Jérôme Pécresse, jusqu’ici demeuré dans l’ombre, se plie aux règles du storytelling. On le voit interviewé à la télé ou en photo dans « Paris Match », visage poupin, petites lunettes rondes, air de premier communiant, jouant au Trivial Pursuit en famille ou pédalant dans la campagne corrézienne aux côtés de « Valérie ».

Dans la tête de Macron

L’Express s’intéresse à ce qui se passe dans la tête du président de la République, pari difficile, l’article est court, on y apprend peu de choses.

« Les conseils de ministres raccourcissent, pas de temps à perdre, les weekends sont préservés, destinés à lui laisser le temps de la réflexion et de la prise de hauteur « J'ai besoin de limer ma cervelle », dit-il. Rares, très rares sont ceux qui savent ce qu'il a en tête concède l’Express.

« Un ministre souligne à sa manière le plus grand danger : « l'arrogance ». L'humilité n'a jamais été le point fort d'Emmanuel Macron, un visiteur récent en a été frappé : « Il est l'astre de Saint-Simon. Tout dépend de lui. Le reste politique, administration ou société n'est pas important. Il n'est pas devant le réel, il est couché dessus, rêvant. Il vit au milieu d'une cour extatique, il a déjà gagné l'élection. S'il la perdait, cela voudrait simplement dire que l'Occident est mort. »

Contacts entre Pécresse et Ménard ?

Certains membres de l’entourage de Valérie Pécresse ont des contacts désormais réguliers, et discrets, avec Robert Ménard, le maire de Béziers, et son épouse Emmanuelle, députée apparentée RN. Selon l’Obs.

L’intermédiaire entre la candidate de LR et le couple qui prêche pour une union des droites n’est autre qu’Eric Ciotti. « Valérie, contrairement à Marine Le Pen, ne confond pas campagne de premier et de second tour, explique un dirigeant LR. Si des personnalités comme Ménard remarquent que les idées d’Eric Ciotti sont bel et bien reprises par notre championne, ils sont les bienvenus. »

Le coordinateur de la campagne de Macron

Qui connaît Grégoire Potton demande l’Obs ? Ce trentenaire discret qui tient à le rester, après plusieurs années de cabinet ministériel et un (bref ) passage par la direction générale du Red Star Football Club est pourtant aujourd’hui l’une des pièces maîtresses, si ce n’est essentielles, du dispositif d’Emmanuel Macron. C’est à ce moine soldat de la macronie, loué pour ses talents d’organisateur et déjà à la manœuvre il y a cinq ans, que le chef de l’Etat a confié la délicate mission de « coordonner » sa campagne présidentielle. Quand ses rivaux préfèrent confier ce rôle à des élus, Emmanuel Macron fait donc, lui, le choix de s’appuyer sur un « opérationnel ». Sans aucun poids politique.

Macron et la faiblesse de l’opposition

« La faiblesse de l'opposition, c'est ce qui fait d'Emmanuel Macron un président extrêmement contesté et en même temps presque invulnérable. » déclare le philosophe Marcel Gauchet à l’Express.

« Pour reprendre l'exemple de la politique sanitaire : on peut lui reprocher d'avoir préféré l'habileté au courage, mais ses opposants sont pires et ne donnent pas l'impression qu'ils auraient fait preuve de plus d'autorité ! L'opposition proteste contre la parole en l'occurrence, la petite phrase mais ne va pas au fond du sujet. Il est facile pour Emmanuel Macron de mettre au jour leur impuissance : de véritables opposants prendraient à bras-le-corps les problèmes avec lesquels le président louvoie. Mais ils sont encore plus louvoyeurs que lui... ».

Etranger

Etats-Unis : la guerre des livres dans les bibliothèques

Aux Etats-Unis, dans des bibliothèques, des conservateurs demandent et obtiennent parfois le retrait de livres dont le contenu leur paraît contestable raconte l’Express.

Au Texas, un élu républicain a envoyé une liste de 850 titres aux bibliothèques en leur demandant d'identifier, sur les rayonnages, ceux dont le contenu pourrait créer chez les élèves « un sentiment de gêne, de culpabilité ou d'angoisse » dû à leur race ou à leur sexe. Parmi les ouvrages sulfureux, Les Confessions de Nat Turner de William Styron, l'histoire d'une révolte d'esclaves (…) Partout aux Etats-Unis, les appels à la purge de romans qui dénoncent les faits de racisme et défendent la cause LGBTQ se multiplient. Il y a une « hausse sans précédent » des tentatives de censure, affirme Deborah Caldwell-Stone, responsable de l'Association des bibliothèques américaines. Rien que de septembre à novembre, elle a enregistré 330 réclamations, soit davantage que les 156 recensées en 2020.

Les républicains ne s'intéressent pas au débat pédagogique. Leur offensive vise à mobiliser la base au moyen d'une guerre culturelle. Glenn Youngkin, élu récemment gouverneur de Virginie, en avait fait le thème central de sa campagne, avec un spot télé dans lequel une mère d'élève critiquait le contenu très « cru » de Beloved de Toni Morrison sur l'esclavage, que son fils étudiait en terminale. »

« Face au mouvement national de censure lancé par les conservateurs, certains contre-attaquent. Au Texas, des bibliothécaires bombardent les élus de tweets et de lettres. En Pennsylvanie, des lycéens rendus furieux par la censure dans leur établissement ont manifesté et créé un « club des livres bannis ». Ils ont finalement eu gain de cause, comme au Kansas et en Virginie, où le district a remis les titres en circulation. Ces polémiques ont au moins un effet positif : elles font lire ! Après la campagne du gouverneur Youngkin, les ventes de Beloved se sont envolées.

La laïcité au Québec

Adoptée par le Québec en 2019 et inspirée du modèle français, une loi sur la laïcité fait polémique explique l’Express. : « En décembre, Fatemeh Anvari, institutrice dans un établissement anglophone de Chelsea, une localité à l'ouest de la Belle Province, est suspendue par sa hiérarchie. Motif ? La maîtresse d'école a fait cours vêtue d'un hidjab (voile qui ne recouvre que les cheveux). Or, depuis bientôt trois ans, ce « signe religieux extérieur » est interdit aux fonctionnaires provinciaux en « situation d'autorité » (policiers, juges, enseignants, etc.). »

« La presse s'empare de l'affaire et, très vite, tout le Canada est en ébullition. D'un océan à l'autre, politiciens, journalistes et associations des provinces anglophones dénoncent la loi québécoise « raciste et islamophobe ». L'incident révèle le gouffre béant entre deux visions au sein d'un même pays : l'une, celle des francophones, « prône le respect des principes laïques, notamment la séparation de l'Etat et des religions » ; l'autre, celle des anglophones, est « multiculturaliste » et autorise chacun à vivre selon les us et coutumes religieux de sa communauté d'origine. D'emblée, la nouvelle législation suscite un concert de protestations »

La polémique pourrait remonter jusqu’à la Cour suprême…

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