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Petit détour par la chemiserie Courtot, rue de Rennes à Paris.
Petit détour par la chemiserie Courtot, rue de Rennes à Paris.
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Atlantico chic

Loin de l'agitation médiatique soudaine autour du "Made in France", certaines petites maisons discrètes continuent, souvent de génération en génération, à fabriquer des superbes chemises sur mesures…

Hugo Jacomet

Hugo Jacomet

Fondateur et éditeur de "Parisian Gentleman", Hugo Jacomet est une plume reconnue dans le domaine du style masculin.

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Gentlemen,

lorsque j’ai découvert la chemiserie Courtot, rue de Rennes à Paris, je venais tout juste de démarrer Parisian Gentleman et j’étais à la recherche d’une chemiserie traditionnelle sur mesures à Paris proposant de beaux produits à des tarifs abordables.

En effet, bien qu’étant un fervent admirateur de la maison Charvet qui constitue, selon moi, l’Everest de la chemise sur-mesure dans le monde, je n’avais guère les moyens de m’offrir une quantité suffisante de chemises issues de la PlaceVendôme pour couvrir mes (gros) besoins en la matière. C’est donc presque par défaut que j’ai, pour la première fois, poussé la porte de chez Courtot, fermement déterminé à quitter les contrées du prêt-à-porter, mais pas à n’importe quel prix…

J’utilise à dessein la formule « chez » Courtot.

En effet, à une époque où toutes les entreprises du secteur du luxe masculin deviennent, comme par magie, des « maisons » – même quand il s’agit d’entreprises récentes tout ce qu’il y a de plus industrielles et délocalisées – il existe à Paris des ateliers et des boutiques qui répondent  en tous points à l’idée que je me fais d’une maison, au sens quasi littéral : un lieu dans lequel on sent immédiatement que l’on est chez quelqu’un et pas dans des locaux, si beaux et patinés soient-ils, d’une maison de luxe mettant soigneusement en scène son histoire et ses valeurs.

Ainsi à Paris va t’on , dans le désordre, chez les Aubercy , chez les De Luca, chez les Cifonelli ou chez les Grimbert. Des maisons au sens littéral. Des lieux habités par des familles, souvent avec plusieurs générations, où l’on aime à se rendre pour s’habiller ou se chausser (ou bavarder) en toute tranquillité, loin de l’agitation frénétique des grands magasins et des boutiques multi-marques.

Depuis maintenant plusieurs années, j’aime moi aussi beaucoup me rendre, à l’instar de nombreux lecteurs de PG, chez Cydonia Courtot, fils d’Edouard Courtot, une petite maison parisienne qui continue, en toute discrétion, à fabriquer de belles chemises sur mesures à des tarifs raisonnables permettant à de nombreux gentlemen d’accéder aux joies du sur-mesure en toute sérénité et sans (trop) se préoccuper des sommes engagées.

Je possède à titre personnel une vingtaine de chemises sur mesures de chez Courtot, ce qui représente environ un tiers de ma garde robe en la matière, mais sans doute beaucoup plus en termes de jours de port par an. Ces chemises font en effet partie du noyau dur de ma collection, aux cotés des formidables chemises (en PAP) de chez Marc Guyot et, bien sûr, des quelques rares chemises Charvet présentes dans mon dressing.

Courtot, c’est une petite boutique discrète, nichée entre une agence de voyage et un bureau de tabac de quartier, au 113 rue de Rennes à Paris et dont la façade n’attire tellement pas l’oeil, que j’ai bien du passer devant au bas mot plusieurs centaines de fois sans la remarquer…

Cette chemiserie, dont la poignée de la porte d’entrée marche une fois sur deux, qui n’a pas de site web et qui ne prend toujours pas les cartes de crédit, est devenue, au fil des ans, l’un des rendez-vous préférés d’un grand nombre de parisiens qui apprécient, au delà des produits, le charme désuet de l’endroit, la simplicité de l’accueil, et la qualité de l’écoute de l’affable maitre des lieux.

Vous l’aurez compris, chez Courtot, c’est « sans façons » comme dirait mon père. Le choix de tissus est excellent (sans être pléthorique), les modèles de cols et de poignets proposés couvrent la grande majorité des morphologies et des goûts, et les options de finition sont, évidemment, quasi illimitées.

Mais le plus important c’est que chez Courtot vous pourrez vraiment, après sans doute quelques premières chemises pour vous « faire la main », profiter à plein du bain de jouvence que représente le sur-mesure en chemiserie et commencer à tenter des modèles plus originaux, plus personnels et évidemment introuvables en prêt-à-porter.

La chemise sur-mesure constitue d’ailleurs un excellent terrain d’entrainement pour tous les aspirants au sur mesure, car elle permet de commencer à prendre la main sur son propre style sans se ruiner et en travaillant sur un élément de style fondamental (la chemise) beaucoup plus facile à comprendre (et à financer) que le costume en Grande Mesure .

En effet, là où parfois vous pourrez manquer de mots face à un maître tailleur vous demandant d’exprimer le costume que vous avez en tête, surtout lors de vos premiers pas dans le domaine, la chemise est un terrain de jeu beaucoup plus accessible puisqu’il s’agira d’agir, au début, sur deux éléments principaux : le col et les poignets. Evidemment, plus vous progresserez avec l’aide de votre chemisier, plus vous affinerez vos choix en termes de coupe, d’encolure, de gorge et de finitions. Mais démarrer le sur-mesure avec la chemise vous permettra de très vite prendre du plaisir, ce qui, il n’est pas inutile de le rappeler, reste le but premier de toute l'opération.

En ce qui me concerne, c’est d’ailleurs grâce à Cydonia Courtot que j’ai fait mes premières tentatives dans le domaine et que j’ai commencé à prendre beaucoup de plaisir en réalisant des chemises de plus en plus personnelles. Le modèle dont vous pouvez voir une image ci-dessous allait d’ailleurs devenir rapidement ma chemise préférée dont je possède à ce jour cinq exemplaires en cinq motifs et  couleurs différents.

Il s’agit d’une chemise à petit col anglais dit « tab collar », qui propose une petite languette qui relie les deux parties du col et se boutonne sous la cravate.

Avec des tarifs raisonnables (pour de la chemiserie traditionnelle sur mesures s'entend), situés aux alentours de 250 euros (en fonction du tissu et des finitions, avec ou sans broderie), la chemiserie Courtot constitue, avec deux ou trois autres établissements à Paris et quelques autres en province, une adresse que tout gentleman élégant devrait considérer.

Les + : un excellent rapport qualité-prix et, au passage, la disponibilité des mouchoirs Simonnot Godard.

Les – : des délais assez longs et assez fluctuants (même si cela fait partie, à mon sens, du charme de l’expérience du sur mesure).

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