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La France terre d'émigration des Juifs, Tsahal en retard d'une guerre, les Chrétiens d'Orient persécutés, le mystère Borloo et des crashs aériens qui font peur
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Revue de presse des hebdos

La France terre d'émigration des Juifs, Tsahal en retard d'une guerre, les Chrétiens d'Orient persécutés, le mystère Borloo et des crashs aériens qui font peur

Il y a du rêve dans vos hebdos : "l'Express" qui tente de les analyser et de vous faire rêver avec "le Point" des plus maisons du Pays Basque ou des Alpilles,"le Nouvel Observateur" qui analyse la "Génération Selfie" et le nouveau narcissisme. Eté oblige, les sagas y sont présentes, et l'anniversaire de la Grande Guerre occupe une grande place . Mais l'actu, elle n'est pas souriante du tout, entre la guerre qui fait rage à Gaza, la persécution des Chrétiens d'Irak et les crashs aériens.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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C'est L'Express qui pose la question: "Tsahal n'a-t-elle pas été , cette fois en retard d'une guerre" ? Car "la résistance de l'organisation palestinienne au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007 a, de son propre aveu, surpris l'armée israélienne. Le news cite le porte parole de l'armée israélienne : "la différence avec les deux conflits précédent, c'est que le Hamas a su mettre le temps à profit pour édifier un réseau d'infrastructures souterrain très élaboré, un véritable labyrinthe , une ville sous la ville".

 

Ces tunnels n'ont plus grand chose à voir avec ceux de la première génération, fragiles galerie utilisées pour livrer produits et armes de contrebande en provenance d'Egypte, dont le nouveau pouvoir militaire au Caire, a, selon toute apparence, méthodiquement ordonné la destruction... Les nouvelles infrastructures ont une vocation offensive... Creusés de 10 à 20 mètres sous terre, parfois trente mètres, sur quelques kilomètres, bétonnés sur une hauteur moyenne de 1,70 mètre pour une largeur de 80 cm... Ils devaient faciliter des infiltrations de commandos en Israël. En les détruisant à l'explosif,Tsahal a beau jeu d'assurer qu'elle prévient ainsi de futures terroristes... D'autres tunnels, sous la ville de Gaza, situés à dessein sous des habitations, des mosquées et des hôpitaux, afin soit d dissuader l'ennemi de frapper, soit d'utiliser pour la propagande les éventuels dommages collatéraux, serviraient de centres d'opération et de stockage des armes ou de rampes de lancement de roquettes..."

 

Le Point est sur la même ligne et parle de "tunnels qui débouchent directement à 'intérieur du territoire israélien et permettent à de petits groupes d'y mener des attaques. Le concept n'est pas inédit : c'est l'un de ces souterrains qui avaient permis au Hamas d'enlever le soldat Shalit il y a huit ans. Mais depuis, l'organisation palestinienne a multiplié les ouvrages de ce type, développement que les renseignements militaires israéliens ont visiblement sous estimé. Détruire ces axes d'incursion constitue un impératif pour Jérusalem.Mais cela risque de prendre du temps et de couter encore bien des vies".

 

"L'Express" note que "sur le front de la guerre psychologique, le Hamas marque clairement des points. Il y a quatre à cinq ans leurs missiles ne pouvaient frapper que les villes voisines d'Ashkelon et d'Ashdod", rappelle Dominique Thomas , chercheur à l'Institut d'Etudes de l'Islam et des sociétés du monde musulman. Désormais ils arrivent jusqu'à Haifa et Jérusalem et sont porteurs de charges explosives plus lourdes. Avoir perturbé momentanément le trafic de l'aéroport international Ben Gourian est un symbole puissant... Le Hamas est conscient de la limite opérationnelle de ses roquettes mais il réussit à désorganiser la normalité d'Israel, et ce , à un prix dérisoire. Alors que chaque tir d'interception du "Dome de Fer "-495 à la date du 28 juillet, coutent quelques dizaines de milliers de dollars, les roquettes palestiniennes fabriquées sur place on un prix bien inférieur. C'est la stratégie du plus faible dans la guerre asymétrique". Un tube sur lequel on soude quatre ou cinq ailettes, un explosif, et voilà une roquette primaire pour moins de 1000dollars qui peut rejoindre un stock, parfois entreposé dans des écoles ...D'autres, comme celle qui a été envoyée sur Haifa le 8 juillet, sont plus élaborées....Ces derniers mois , des essais de tir à longue distance dans le Sinaï   auraient alerté les services israéliens sur les ambitions renouvelées des ingénieurs artificiers de Gaza. Et peut être  précipité l'opération..."précise l'Express .

Alors que le conflit de Gaza tend à "s'importer" en France, Le Nouvel Obs s'intéresse à ces juifs qui choisissent de quitter la France" . Le mag a suivi une famille des Côtes d'Armor qui a fait ses valises. Pourquoi partent-ils ? " J'ai pris la décision de partir au moment des attentats de Toulouse commis par Mohamed Merah. Ca a été le déclencheur .La suite a confirmé la nécessité de quitter ce pays où les juifs se font attaquer .On nous parle de la guerre en Israël. Nous, on va vers la vie", explique l'un d'eux. Un autre : "A mon travail je ne disais pas que j'étais juif. Mais quand es collègues l'ont su , ils se sont moqués de moi et m'ont parlé avec l'accent du Sentier". Pour Natan Sharansky, le président de l'Agence Juive, "c'est le sentiment d'insécurité et ce nouvel antisémitisme qu'on appelle antisionisme qui participe à cette montée"...."quand des rabbins et des enseignants commencent à dire aux enfants de ne pas sortir avec une kippa dans la rue, l'heure est grave. C'est un signe d'alarme pour les Juifs et pour toute la civilisation européenne "...Et d'ajouter " l'alya des Français est un miracle. Elle amène de nouveaux diplomés qui répondent aux besoins de notre société...L'Obs précise qu' "avec 5000 départs prévus pour 2014, la France représente même, pour la première fois, le plus grand vivier de candidats à l'émigration en Israël, devant la Russie ou les Etats-Unis, où la communauté juive est pourtant dix fois plus importante".  Le politologue  Denis Charbit, professeur à l'Université ouverte d'Israël, parle de " a fin d'un rêve d'intégration républicaine ... Depuis 2000  et la seconde intifada, les juifs de la communauté organisée se sentent en porte-à-faux avec l'opinion française sur la question israélo-palestinienne..... C'est une sort de patriotisme ombrageux , un peu excessif, qui se reporte sur Israel et qui aboutit à ce paradoxe: certains se sentent plus en sécurité dans un pays en guerre qu'en France où ils pensent que les autorités n'ont plus la capacité de les protéger.ils se sentent pris en tenaille entre un FN qui grimpe, une extrême-gauche contestatrice d'Israel et une minorité de musulmans antijuifs".

Les Chrétiens d'Orient, eux "ont été les premières victimes des révolutions arabes" écrit Le Point. Les Chrétiens d'Irak, victimes de persécutions , eux fuient leur pays "Sous la pression islamiste 300.000 à 400.000 ont pris le chemin de l'exil -ils étaient un million à vivre en Irak en 2003...Certains en viendraient même à regretter-sur ce point seulement-le laïc Saddam Hussein qui avait pris à ses cotés le Chrétien Tarek Aziz et les ménageait". Le mag s'interroge à propos de nos politiques :" où sont les grandes consciences si promptes d'ordinaire à s'indigner ? La France, qui entretient avec ces chrétiens des liens vieux de cinq siècles, peut-elle se contenter de l'accueil humanitaire des réfugiés ? Et de citer Mgr Grégoire Pierre Melki, exarque patriarcal de Jérusalem et de Terre Sainte : "le silence nous fait mal" !

Des crashs

L'avion a beau être le moyen de transport le plus sûr du monde, ce que raconte l'Express à propos des crashs aériens n'est pas fait pour nous rassurer. Alors que depuis hier on s'interroge à mi voix sur le manque d'expérience des pilotes du vol AH 5017, qui n'auraient pas su gérer l'orage, le mag qui précise qu'en matière de sureté chaque état est souverain s'interroge sur les garanties de sécurité offertes aux passagers en général. Avec ce premier constat : "à force de gérer des ordinateurs de bord, les pilotes manquent de pratique." "Il faut absolument maintenir la capacité des pilotes à reprendre la main" , explique Gilles Laurent, le patron de la sécurité des vols d'Air France, qui pointe un autre problème : "paradoxalement la baisse du nombre d'accidents prive l'industrie aéronautique d'enseignements précieux pour renforcer la sécurité." Un comble !  

Toutefois "les zones traditionnellement critiques pour leurs phénomènes météorologiques extrêmes sont bien connues des professionnels, notamment le front intertropical qui sévit en Afrique, tout comme au dessus de l'Atlantique au niveau de l'équateur ; les cumulonimbus y sont redoutables : ils peuvent exploser sur plusieurs milliers de pieds en vertical en quelques secondes alors que l'image radar semblait anodine" confie un pilote chevronné et là c'est la "lessiveuse".  Chaque jour de nombreux vols changent de plan de vol avant le décollage pour éviter de telles zones orageuses. Quand ils les rencontrent en cours de croisière, il leur faut changer de cap; à condition d'avoir les moyens de le faire : "cela suppose un support logistique au sol pour aider l'équipage à estimer le carburant nécessaire et à analyser les conditions météo à venir".

Le  mag souligne aussi  les pratiques pas tout à fait orthodoxes des compagnies aériennes : "une compagnie qui planifie un maximum de rotations par jour et ne prévoit que trente minutes au sol entre chaque vol. La pression sur les pilotes maximale : si un équipage estime être trop court pour son atterrissage, il sait que remettre les gaz lui fera perde une demi heure et que cela peut compromettre le dernier vol de la journée, qu'il devra se justifier ". Autre pratique qui peut donner des sueurs froides aux passagers : l'affrètement, très répandu pour les charters mais pas impossible pour des vols régulier comme en témoigne le cas du vol Ouagadougou-Alger du 24 juillet. Ainsi avec un billet acheté sur Air Algérie, les passagers ont découvert à l'embarquement qu'ils voleraient sur SWIFTAIR... Une compagne agréée et controlée par les autorités du pays, mais exploitant des appareils d'ancienne génération comme le Boeing 727 ou le MD -83, entré en service en 1985." Et ceci n'est pas interdit !

Coucou, le revoilà ? ou coucou tout court ?

Jean-Louis Borloo a-t-il définitivement tourné la page de la politique ? "Le Nouvel Obs" s'interroge. "Aucun doute : Jean Louis Borloo va mieux. Six mois après une pneumonie aiguë doublée d'une septicémie qui l'ont conduit à renoncer à tous ses mandats, ses amis centristes dessinent à l'unisson le portrait d'un homme serein, soulagé d'être titré d'affaire." Des nouvelles rassurantes qui alimentent les spéculations sur sa volonté de retrouver un rôle en politique. "Un moyen de rester dans la vie publique sans le dire", commente un pilier de l'UDI, convaincu que Borloo mijote son retour en coulisses. Lui dément en bloc :"Je suis parti sur autre chose, j'ai voulu une coupure franche. J'aurais pu abandonner mes présidences et rester parlementaire, personne ne l'aurait accusé d'abus de bien social". Oui mais, poursuit le mag, "En l'espace d'un mois, l'ancien ministre a pourtant déjeuné avec Ségolène Royal, Chantal Jouano, André Santini et Hervé Marseille. Il est même allé à l'Elysée à l'époque où il jouait le demi-mourant", glisse un pilier du centre. Ses contacts avec un autre retraité de la politique hyperactif, un certain Nicolas Sarkozy, son voisin du 16e arrondissement, achèvent de convaincre les adeptes de la théorie du retour". Mais "de l'avis général Jean Louis Borloo a tourné une page ... Aujourd'hui , Borloo est un" sage, une pythie, une sorte d'ancien premier ministre sans l'avoir été, un type créatif, capable d'inventer un statut inédit dans la vie politique". Et pourtant "la France sans Borloo, c'est le Brésil sans Neymar", va jusqu'à oser Laurent Degallaix, ( son successeur à l'Assemblée ). Et Neymar, lui, a bien l'intention de rejouer !

UMP... Et voilà Wauquiez !

Si Nicolas Sarkozy "n'y va pas", il sera sans doute candidat à la présidence de l'UMP. S'il y va, il sera peut-être son numéro deux. Comme il règne une petite acalmie sur le front de l'UMP,  Le Point en profite pour s'intéresser à la génération montante et fait le portrait (sans concession), du député de la Loire, qui serait en train de se rapprocher avec les membres de la Droite Forte pour gagner le Congrès. Wauquiez, très anti-mariage pour tous, couve aussi les anciens de la Manif pour tous . Il est l' ex-dauphin de Jacques Barrot et lui a succédé dans sa circonscription au moment où celui-ci a été nommé commissaire européen. Avec ce dernier, les relations se sont nettement rafraichies depuis que Wauquiez a choisi de se droitiser car, explique-t-il, "si l'UMP devient un centre droit, on finira à 19% derrière le FN... Fillon, Juppé et Raffarin veulent convaincre les électeurs de gauche, car ils jugent que ceux du FN sont perdus pour nous. Je ne suis pas d'accord. Marine Le Pen se nourrit de nos faiblesses. Si à l'UMP nous ne changeons pas de discours, les Français nous changeront". Quant à son ancien mentor, aujourd'hui membre du Conseil Constitutionnel, "il déplore, selon Le Point, que Laurent Wauquiez ait cédé au populisme". Un sage s'amuse: "Quand Barrot s'endort au Conseil Constitutionnel, on lui souffle : Hé, voilà Wauqiez ! Aussitôt il est remonté comme un coucou !"

De l'air ! Débridons le moteur !

C'est ce que réclament tous ceux qui déplorent que la France croule sous les normes et les règlementations. Le Point dresse un catalogue de ces emm... maximum dont souffrent tous ceux qui sont aux prises avec l'administration toute puissante, avec mentions spéciales pour le Code du Travail et la Loi Alur, (que Cécile Duflot a fait voter ) : 177 articles et 208 décrets. Le mag propose "Un voyage dans la France harcelée" et s'en prend de manière générale à  "la toute puissance de l'administration. Sans rendre de comptes, les ministères peuvent mettre leur nez partout". Le chef trois étoiles Guy Savoy explique: "Quand je pense au fonctionnement du système d'apprentissage,j'ai, si j'ose dire, la moutarde qui me monte au nez. Si je veux prendre des apprentis de moins de 18 ans, les interdits sont auxquels je suis soumis sont si nombreux que je me demande si je vais parvenir à leur enseigner quelque chose. C'est tout juste s'ils ont le droit de toucher à un couteau ! " Un peu plus loin, c'est le patron de Bricorama, célèbre pour son combat en faveur de l'ouverture des magasins le dimanche qui s'en prend aux "hauts fonctionnaires qui ne connaissent pas l'entreprise... Dans leur univers l'obligation de résultats ne s'impose pas tous les jours, alors que dans une entreprise oui".

Vous n'avez pas fini d'en entendre parler ...

"Le Point" consacre quelques lignes à la décision de Ségolène Royal d'enterrer le projet d'autoroute A 831 qui devait traverser le Marais Poitevin. Décision qui provoque l'ire des élus de la région et cette réflexion "non sans sexisme", précise le mag du sénateur Bruneau Retailleau : "C'est le fait de la princesse! Mme Royal se prend pour Aliénor d'Aquitaine ! Le Marais poitevin n'est pas son jardin!". Sur ce, comme écrirait Barbara, bonne lecture !

 

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