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Pendant que les Français bronzent, le gouvernement reste actif.
Pendant que les Français bronzent, le gouvernement reste actif.
©Reuters

Chronique du pot aux roses

Eté meurtrier : comment le gouvernement porte ses mauvais coups à l'ombre des parasols

Cette méthode gouvernementale est symptomatique et exécrable. On profite du mois d'août, à un moment où les corps et les esprits sont ailleurs, pour faire passer les mesures impopulaires.

Google et Yahoo, internet

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.

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1 - L'été en pente dure

Lionel Jospin y avait renoncé et Marisol Touraine avait proclamé que ce serait une entorse aux principes républicains. Mais peu importe puisqu'il faut trouver quelque sous, si possible dans la poche de ceux qui ne votent pas socialiste mais ne sont pas susceptibles de partir avec leur argent à l'étranger. Les cadres ayant famille nombreuse ont le malheur d'être souvent politiquement hostiles à Hollande et d'être scotchés à leurs emplois salariés ou libéraux dans l'hexagone. Ils ont donc été la cible privilégiée du "pouvoir" depuis 2012 via la réduction à deux reprises du quotient familial, la baisse des déductions fiscales pour des prestations à domicile et surtout l'incroyable et massive diminution des allocations dont ils bénéficiaient, rendue effective le 5 août dernier.

Le gouvernement a réussi à faire gober aux médias le terme de "modulation" alors qu'il s'agit bel et bien d'une amputation pure et simple puisque personne ne touchera davantage. Les familles ayant plus de 6000 euros de revenus mensuels sont frappées par une diminution de moitié, aucune ne voit ses allocations augmenter. Quant à celles qui disposent de plus de 9000 euros, le montant de l'aide est divisé par quatre ! Pour un pouvoir qui passe son temps à marcher sur des oeufs et agir en catimini en rabiotant de ci de là, la méthode est d'une brutalité inouïe. Le cumul des mesures fiscales et sociales mentionnées plus haut se monte, pour une famille ayant quatre enfants et 9000 euros de revenus mensuels, à 9500 euros annuels de perte sèche de revenus, près d'un dixième de ses ressources.

Ces familles continuant à cotiser autant qu'auparavant à la sécurité sociale, le régime allocatif par nombre d'enfants se transforme donc en un nouvel impôt redistributif. Tant pis pour les gogos qui ont pu croire au respect à long terme du contrat moral entre l'Etat et les citoyens. Tout cela annonce la mise sous conditions de ressources de toutes les prestations, les socialistes n'ayant à l'esprit que la défense de leurs clientèles électorales. Les familles nombreuses et très nombreuses à faibles revenus étant souvent d'origine immigrée, il n'est pas non plus difficile d'imaginer les conséquences démographiques de cette politique. Elle donnera des arguments à ceux qui voit poindre le "grand remplacement" qu'ils redoutent : moins d'enfants "souchiens", davantage issus de la "diversité".

Par delà le principe, la méthode est symptomatique et exécrable. Le mauvais coup est porté au mois d'août, à un moment où les corps et les esprits sont ailleurs. La prise en compte des revenus déclarés au printemps dernier est un mauvais prétexte, la modification aurait pu prendre effet plus tard. Il s'agit bel et bien de profiter de l'anesthésie estivale de l'opinion.

Il en est de même de l'annonce de l'annulation de la vente des Mistral à la Russie, pays qui n'a certainement pas besoin de ces deux navires pour faire valoir ses arguments sur le dossier ukrainien. Là aussi la torpeur vacancière est bien utile pour éviter que les questions qui fâchent ne soient posées. "Le coût précis de cette annulation sera communiqué à la rentrée" a osé annoncer le gouvernement. C'est l'adaptation au scandale à petite dose. Les mystérieux acquéreurs de substitution mentionnés par le pouvoir ne pourront faire oublier la perte immédiate de huit cents millions d'euros.

Tiens, tiens, c'est précisément le montant des économies, en année pleine, faites sur le dos des cinq cent mille familles touchées par la réforme des allocations.

On apprenait dans la foulée et la même moiteur estivale que le mirifique contrat de 126 avions Rafale, soi disant vendus à l'Inde, passait à la trappe et que le mode de financement des appareils que l'Egypte est censée nous acheter est des plus flous, essentiellement porté par des banques françaises.

N'oublions pas également, dans cette razzia aoûtienne, les multiples augmentations dont se repaissent les monopoles et quasi monopoles dont la France a la grâce de disposer : une hausse de 3,6 % du prix du timbre après 7 % en janvier (!), un alourdissement du prix de l'électricité de 2,5 %, etc.

Une hausse, en tout cas, est significative et résulte de la politique suivie par Mou-Président : celle de 40 % des contribuables les plus riches qui ont décidé de plier bagages et partir vivre à l'étranger, sous des cieux fiscaux moins défavorables.

Français, gare aux aoûtats !

2 - Rebsamen trouve l'asile politique à Dijon !

Cette fuite en dit long sur l'avenir que le futur ex ministre du Travail voit à Hollande et ses sbires. Il retourne se cacher dans son fief dijonnais, espérant le consolider et se mettre à l'abri de la déroute socialiste qui vient. Sur l'almanach Vermot dijonnais est écrit l'étrange et grivoise sentence suivante : si l'inversion de la courbe se fait attendre c'est que le mou tarde.

3 - Mélenchon Plages

Le Parti de Gauche et les abonnés à la défense de la Palestine, qu'on ne voit jamais défiler contre les massacres et exactions quotidiens commis au nom de l'islam dans le monde entier, a décidé de se mobiliser contre la dernière festouille parisienne qui met à l'honneur Tel Aviv, ville tout ce qu'il y a de plus politiquement correct dans le monde rêvé d'Hidalgo et Julliard.

Pour faire bonne mesure et satisfaire les mélenchonnistes, il faudra d'urgence mettre à l'honneur Caracas et la fille Chavez, dont on découvre qu'elle est la femme la plus riche du Venezuela. Ou Brasilia et l'estimé Lula dont les gauchistes firent tant de gorges chaudes en son temps et qui est aujourd'hui rattrapé par mille et un scandales. Tsipras et Athènes leur auraient bien plu, mais c'était avant qu'ils ne s'accordent avec leurs banquiers, plus inquiets qu'ils ne le disaient de la perspective chaotique d'une Grèce se mettant à imprimer des vrais-faux euros.

A lire, du même auteur : "La marche des lemmings… ou la 2e mort de Charlie - Le pouvoir de la manipulation et la manipulation au pouvoir", publié chez Ixelles Editions, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

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