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Première mondiale à La Rochelle : 
des cybercars dans la ville
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La minute "Tech"

Première mondiale à La Rochelle : des cybercars dans la ville

A partir du 12 mai et jusqu’aux vacances d’été, la ville de La Rochelle va tester un nouveau moyen de locomotion : les cybercars, minibus électriques sans conducteurs.

Nathalie Joannes

Nathalie Joannes

Nathalie Joannès, 45 ans, formatrice en Informatique Pédagogique à l’Education Nationale : création de sites et blogs sous différentes plates formes ;  recherche de ressources libres autour de l’éducation ;  formation auprès de public d’adultes sur des logiciels, sites ;  élaboration de projets pédagogiques. Passionnée par la veille, les réseaux sociaux, les usages du web.

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Des véhicules de ce type sont déjà utilisés dans l’aéroport de Londres. Mais on ne les a jamais encore fait circuler en ville. Au  dernier Salon de Genève et au Salon Innorobo de Lyon, la société INDUCT a présenté sa navette électrique autonome CYBERGO, d’une capacité de huit passagers et appelée à compléter les transports en commun traditionnels.  Dans un contexte de crise énergétique et dans la perspective d’un renchérissement inévitable du coût des énergies fossiles, ces technologies stimulent les activités industrielles porteuses d’avenir.  C’est en cela que l’expérience grandeur nature qui clôt le programme City Mobil à La Rochelle sera intéressante à observer.

Eviter voitures, cyclistes et piétons

Les cybercars sont alimentés par  l’électricité. Dans un premier temps, ils ne seront utilisés que sur un trajet de huit cent mètres scindé en cinq stations le long de l’Avenue des Amériques. Lles « cybus », comme on les surnomme, traverseront des rues empruntées par des automobiles avec en plus, évidemment, l’impérieuse obligation d’éviter piétons et bicyclettes. Or, il n’y a pas de conducteurs. Il n’y en a pas non plus dans les rames de la ligne 14 à Paris mais dans les tunnels souterrains du métropolitain, les trajectoires sont dégagées.

A l’air libre et avec des obstacles aux comportements imprévisibles, la sécurité est confiée à un dispositif qui comprend des capteurs « intelligents », des télémètres, des caméras laser et un GPS de haute technologie conçu par l’INRIA et Yamaha. L’expression « avancer à l’aveugle » vient à l’esprit avec des caméras comme « bâtons de cécité »,  mais ce n’est pas tout à fait exact dans la mesure où la cartographie du parcours a été intégrée dans le système informatique de pilotage. Ce système comporte des logiciels sophistiqués comme aides à la décision en temps (quasi) réel. La vitesse est limitée à 10 km/h. Une triangulation réalisée par les capteurs vidéo, le scanner au laser et le GPS analyse les aléas de la circulation sur un angle de 180° et sur une distance de 100 mètres et transmets les données aux logiciels..Ce qui, selon un rapide calcul mental, autorise une anticipation de 36 secondes pendant lesquelles les obstacles peuvent être évalués et évités. L’autonomie de ces prototypes est pour l’instant de 40km sans recharge de batterie.

Cinq personnes pourront prendre place dans chaque cybercar, qui pourra également accueillir une poussette ou un fauteuil roulant. Denis Leroy, en charge des transports de la communauté d’agglomération rochelaise, précise que ce bus sera plus proche d’un taxi fonctionnant à l’électricité que d’un minibus. Un peu dans le style des cabines ovoïdes de remontées mécaniques aux abords des pistes de ski. Il y en aura trois dans le quartier des Minimes à La Rochelle et leur accès sera gratuit tous les après-midi et tous les jours de la semaine.

Le prix de l’attractivité

D’autres expériences ont commencé ou sont sur le point de débuter en Espagne, à Abou Dhabi et au Canada. Celle de La Rochelle, « première » européenne en milieu urbain ouvert, coûtera 500 000 euros. Elle est financée par l’Union européenne, l’Etat français, la région Poitou Charente et les industriels engagés dans la Recherche et Développement de « routes intelligentes».

 Le coût d’un véhicule étant de 150 000 euros (Le Monde, 4 février 2011) la question qui se pose est celle du retour sur un tel investissement.  Réduire le niveau de la pollution est le principal objectif de ce projet dans le cadre du développement durable. Par ailleurs, La Rochelle, ville très touristique, souhaite que ses habitants aient de bonnes raisons de laisser leurs voitures particulières au garage ou sur des parkings de dissuasion. Quiconque a visité cette cité a forcément été sensible aux encombrements et au bruit. Les  rues pleines de charme avec leurs arcades mériteraient  plus de respect et d’incitations aux promenades sereines.

Un autre retour sur investissement se profile, c’est l’attractivité. Une ville, c’est une marque. Elle rayonne ou s’éteint. Celles  qui  privilégient la qualité de la vie et l’innovation séduisent, non seulement les entreprises et leurs cadres supérieurs, mais aussi les créateurs. Grenoble dans les années soixante, Toulouse vingt ans plus tard ont été des cités attirantes. Après l’échec de Parthenay comme petite ville « la plus branchée de France » et après le succès de Laval et de Valenciennes dans les technologies d’imageries numériques, La Rochelle - qui a déjà été pionnière dans les pratiques écologiques sous l’égide de son ancien maire Michel Crépeau– pourrait  avec ses cybus,  inaugurer un nouvel essor des villes moyennes qui se veulent très différentes de Paris ainsi que de ses métropoles rivales.

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